Ce
problème de l’enseignement sous l’époque coloniale me tarraude
encore les méninges. Par l’inqualifiable assentiment ou
ignorance de mes instituteurs d’antan, ma raison a du mal
a du mal à pardonner les omissions, falsications dont ma
frêle tête d’ancien colonisé a été farcie. Si l’enseignement
du calcul, des sciences dites naturelles s’opéra de façon
académiquement neutre, il en fut autrement des autres disciplines.
Considérons
la géographie… On savait tout des Alpes, du Jura, des Pyrénées.
On était si familier des côtes bretonnes ou normandes qu’on
s’y voyait déjà.
En
ces temps là, le Sine le Saloum n’étaient que d’ingnifiants
« bras de mer », le Fleuve Sénégal une ridicule prétention
fluviale qu’on pataugerait à gué, comme ume mare aux canards,
s’il n’était infesté de crocodiles. Bref… Vive la Loire,
le Rhin, la Garonne !
Le
plus croustillant c’étaient nos leçons d’histoire. Passe
encore que Béhanzin, Samory, El Hadj Omar fussent dépeints
comme des roitelets de campagne, pillards et sanginaires
–l’Histoire étant presque toujours partisane- mais que,
sans rire, on m’ait fait réciter des stupidités du genre
: « nos ancêtres les Gaulois avaient des yeux bleus et des
cheveux blonds… » Il y a encore de quoi se taper les fesses
par terre. Bien vrai, personne n’avait compris… Personne
vous dis-je ! Sauf peut-être le Gavroche de nous qui inventa
ce fameux couplet longtemps considéré comme la ballade du
cancre:
«
Gai, gai l’écolier
C’est demain les vacances
Gai, gai l’écolier
C’est demain qu’ tu partiras
Cassons la gueule du maître
Et celle du directeur…
Passons par la fenêtre Allon nous amuser ! »
Comme
quoi les cancres sont toujours en avance sur leur temps
et je me repents de l’avoir été qu’en Arithmétique.