Manifestations au Caire pour le deuxième anniversaire de la "révolution"

  • Par : 7sur7.be | Le 25 janvier, 2013 à 14:01:20 | Lu 4136 fois | 1 Commentaires
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Manifestations au Caire pour le deuxième anniversaire de la "révolution"



Des milliers de manifestants protestaient vendredi place Tahrir au Caire contre le président islamiste Mohamed Morsi et pour réclamer une "nouvelle révolution", à l'occasion du deuxième anniversaire du soulèvement populaire qui renversa Hosni Moubarak. "Ca va être une grosse journée (...) parce que les Egyptiens en ont marre", prédit un manifestant, Mohammed Abdallah, en référence à la profonde crise politique et économique que traverse le pays. Dans une rue menant à l'emblématique place Tahrir, de jeunes Egyptiens lançaient des pierres vers un mur de blocs de béton renforcé par les forces de l'ordre la veille. La police répondait sporadiquement par des tirs de gaz lacrymogène, selon un journaliste de l'AFP. Des échauffourées entre policiers et manifestants se sont aussi produites à Alexandrie (nord), selon des témoins. Des heurts avaient déjà opposé jeudi au Caire la police à des manifestants qui tentaient de démanteler ce mur pour pouvoir circuler librement dans le centre-ville. Une vingtaine de personnes avaient été blessées, selon une source médicale. "A bas le pouvoir du Guide" des Frères musulmans, dont est issu le président Morsi, scandaient vendredi les manifestants. "Je suis ici pour exiger la liberté et la justice. L'Egypte a besoin d'une nouvelle révolution pour les jeunes et pour une vraie démocratie", affirmait Chawki Ahmed, 65 ans. L'opposition, composée de mouvements en majorité de gauche et libéraux et qui affiche une unité encore précaire, a appelé à défiler à travers le pays contre le président Morsi et les Frères musulmans, en reprenant les mêmes mots d'ordre qu'il y a deux ans: "Pain, liberté, justice sociale". "Sortons vers les places pour finaliser les objectifs de la révolution", a appelé sur Twitter Mohamed ElBaradei, l'une des figures de proue de l'opposition laïque. Les forces de l'ordre ont prévu de renforcer leur présence, selon une source de sécurité. Jeudi soir, M. Morsi a appelé ses compatriotes à célébrer "de manière pacifique et civilisée" le deuxième anniversaire de la révolte qui avait débuté le 25 janvier 2011. Face à ses adversaires, M. Morsi se prévaut d'être depuis juin dernier le premier président civil et démocratiquement élu du pays, et a promis de gouverner "pour tous les Egyptiens". L'opposition l'accuse en revanche de reproduire un système autoritaire et socialement injuste, et de privilégier l'idéologie islamiste sur l'intérêt général. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a de son côté demandé aux Egyptiens de s'en tenir aux "principes universels du dialogue pacifique et de la non violence". Les Frères musulmans n'ont pas officiellement appelé à manifester vendredi. Pour marquer l'anniversaire, ils ont lancé une initiative intitulée "Ensemble nous construisons l'Egypte", consistant en une série d'actions sociales et caritatives. Le climat est alourdi par l'annonce attendue samedi du verdict dans le procès des responsables présumés de la mort de 74 personnes à l'issue d'un match de football à Port-Saïd (nord-est) en février 2012. Les "Ultras" du club cairote d'al-Ahly, qui assurent compter la grande majorité des victimes, menacent de manifestations violentes et d'une "nouvelle révolution" s'ils n'obtiennent pas justice. Outre la crise politique, l'Egypte affronte une grave crise économique, avec l'effondrement des investissements étrangers, la chute du tourisme et un déficit budgétaire en hausse notamment. Hosni Moubarak, 84 ans dont 30 au pouvoir, malade et condamné à la prison à perpétuité, attend quant à lui un nouveau jugement dans l'indifférence d'une grande partie de la population, pour qui il appartient déjà au passé.

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Saada En Janvier, 2013 (19:10 PM) 0 FansN°: 1
Le nombre exact des membres de la famille Al Saoud n'est pas connu. Secret d'Etat... Evaluée à environ sept mille, dont quatre mille mâles, la famille royale est très prolifique (à titre d'exemple, le roi Abd el Aziz a eu trente-six fils, le roi Saoud, cent deux enfants) et revêt maintenant la forme d'une véritable classe sociale. Classe de privilégiés, bien sûr, dont la puissance financière est considérable et le train de vie en général ostentatoire. Les princes se sont imposés dans tous les secteurs de la vie du pays, ils sont partout. « Houm ahl e bit », ils sont les maîtres de la maison, comme on le dit dans le petit peuple. A titre de comparaison, la famille royale omanaise compte, outre le sultan Qabous, à peine vingt-cinq princes qui mènent une existence discrète et sans histoires.



Les membres de la famille royale saoudienne émargent tous à une liste civile dont le montant est soigneusement gardé secret. On peut tenir pour acquis qu'un jeune prince de rang moyen perçoit une indemnité mensuelle de base de 100 000 francs. Celle-ci sera augmentée avec l'âge et les charges de famille. Quand il se marie, il bénéficie d'un prêt sans intérêt pour construire sa résidence, mais cette libéralité ne peut être accordée qu'une fois. Les princesses perçoivent les mêmes avantages. Il arrive que ces princes et princesses écrivent au roi pour solliciter une aide financière exceptionnelle. Il est rare que leur requête soit rejetée, en particulier en période de ramadan, pendant laquelle le Coran recommande d'être généreux.



Pour mieux fixer les idées, un prince de moyen lignage ayant la quarantaine peut avoir une demeure à Riyad, une autre à Djedda, un « camp » (groupe de tentes ou de caravanes, en général dotées de tout le confort) dans le Nadjd, un plateau désertique où il viendra passer ses week-ends d'hiver, un appartement à Paris ou à Londres et un pied-à-terre en Espagne. Il a un parc automobile d'une dizaine de voitures avec, pour son usage personnel, l'incontournable Mercedes 300 ou 600 ou la prestigieuse BMW 735 et au moins une, voire deux 4x4 Toyota ou Nissan, ainsi qu'un van GMC Suburban ou autre véhicule de ce type pour transporter les enfants et les nannies philippines... Sa voiture personnelle a généralement une plaque spéciale, ornée de l'emblème saoudien : un palmier au milieu de deux sabres croisés. A Paris, il descend plutôt au George-V, pour être plus près des Champs-Elysées, et déjeune au Fouquet's - le rendez-vous des Saoudiens en goguette, notamment pendant l'été. A Cannes, il prend une suite au Noga-Hilton, où l'ambiance est plus moyen-orientale.



Le roi Abd el Aziz avait demandé aux princes de rester à l'écart des affaires : « Ne rivalisez pas avec les marchands sur leur terrain ; sinon, ils deviendront vos rivaux sur le terrain politique. » Le moins que l'on puisse dire est que le message n'a pas été entendu.



Depuis la mort du roi Fayçal, qui fut le dernier obstacle à cette ruée vers les affaires, presque tous les princes, grands et petits, se sont lancés dans des activités commerciales. Les sociétés de contracting ou de trading leur appartenant en nom propre ou par l'intermédiaire d'un « faux nez » se sont multipliées. L'exemple venant d'en haut, cette boulimie commerciale s'est accrue après l'avènement du roi Fahd, dont le goût pour le business est connu.



Cette occupation peut être lucrative, et comporte peu de risques. Le prince ne fait qu'apporter son nom et son réseau familial de relations. Il met rarement de l'argent au pot : les fonds nécessaires sont en général empruntés aux banques locales à des taux bonifiés. Pour le quotidien et l'essentiel du travail, il dispose en général d'un ou de plusieurs Libanais, Syriens ou Egyptiens. Quand il a plus de moyens, le prince a un ou deux assistants américains ou, plus souvent, anglais, qui sont certainement les Occidentaux les moins chers sur le marché saoudien et les plus disposés à venir travailler dans ce pays. Récemment, un entrepreneur saoudien qui avait publié une offre d'emploi dans un journal londonien eut la surprise de recevoir plus d'un millier de réponses. Le mauvais état du marché du travail en Grande-Bretagne n'explique pas tout... La magie du désert n'est pas morte de l'autre côté du Channel.



Beaucoup de princes possèdent des fiefs qui leur ont été attribués ou qu'ils se sont taillés sur mesure. Ainsi, l'un des fils du roi a un droit de regard sur tout ce qui touche aux installations sportives, que ce soit pour leur construction ou pour leur entretien. Dans ce pays où l'on a vu large en matière de sport, la rente doit être confortable. Un autre fils du souverain possède la société qui a le monopole des contrôles techniques auxquels sont astreints, de façon périodique, les véhicules à moteur. Eu égard au nombre de voitures et de camions qui roulent en Arabie, les revenus ne devraient pas, là non plus, être à dédaigner.



Certains princes sont encore moins regardants sur les moyens d'enrichissement. Des bruits persistants associent des émirs à la contrebande d'alcool. Eux seuls en effet ont - avec les diplomates - la possibilité d'importer des conteneurs sans s'exposer aux tracasseries de la douane. Comme dans tous les pays de prohibition, le commerce des vins et liqueurs est ici florissant et profitable. Une bouteille d'un litre de Johnnie Walker Black Label vaut au marché noir jusqu'à 1 000 riyals (1 600 francs) pendant les fêtes de fin d'année, 500 environ en temps normal... Certains émirs sont-ils associés à l'importation de drogue, comme on le murmure ? Il n'y a jamais eu de preuve. Remarquons cependant que, là aussi, la tentation doit être forte lorsque l'on est quasiment assuré de ne pas être fouillé à l'entrée sur le territoire.



Au chapitre des petits trafics, il faut relever celui des permis de résidence, auquel les moins nantis des Al Saoud se livrent, sans scrupule apparemment : un permis pour deux ans vaut environ 4 500 riyals (7 200 F), et il n'est pas rare qu'un prince ait un fonds de 400 clients, pakistanais, indiens ou autres. Ce créneau fructueux est également exploité par beaucoup de « petits » Saoudiens pour améliorer leurs fins de mois. Il va sans dire que ces importations de main-d'oeuvre, qui s'organisent au gré des besoins des princes, accroissent de façon anarchique le nombre des expatriés et aggravent la situation d'un marché du travail déjà saturé.



Mais il y a belle lurette que les grands princes ne se satisfont plus de ces petits profits. Plus on grimpe dans la hiérarchie familiale, plus la familiarité avec l'argent augmente en même temps que les besoins financiers... La famille Al Saoud aime l'argent au point d'être cupide.



Mais elle peut aussi s'enorgueillir de brillantes réussites, telle celle du petit-fils d'Abd el-Aziz, le prince Al Walid ben Tallal, dont la grand-mère était circassienne et la mère fille de l'ancien président libanais Riad Solh. Ce prince est déjà, à moins de 40 ans, milliardaire en dollars. En 1991, sa participation au capital de Citicorps Bank monte à 10 %, en y injectant d'un coup 500 millions de dollars. Il possède 10 % des prestigieux magasins new-yorkais Sacks et est l'actionnaire majoritaire de la chaîne hôtelière américaine de luxe Fairmont. Ce prince a également beaucoup investi en Arabie, surtout dans la distribution (supermarché Zazizia, bien connu des habitants de Riyad, et chaîne Panda), ainsi que dans le secteur bancaire (il est le principal actionnaire de la United Saudi Commercial Bank). L'homme appartient au monde de la finance internationale et à la race des managers. Actif et travailleur, il est sans doute un des rares businessmen de la famille, un de ceux qui ne se contentent pas de toucher des commissions ou d'être des « partenaires dormants », attendant de percevoir leur jackpot annuel. Audacieux, il vient de se faire connaître en France en rachetant environ 20 % des actions d'Euro Disneyland, pourtant en situation financière difficile. Il s'est enfin porté candidat, en association avec la société Accor, au rachat de la chaîne hôtelière Méridien.



Il faut également citer la réussite du prince Mohammed Ben Fahd, fils du roi, qui est à la tête d'un des groupes les plus importants du pays, la société Al Bilad. Nommé, il y a deux ans, gouverneur de la province orientale, le prince a dû mettre un bémol à ses activités commerciales. La réussite du prince Fahd Ben Abdallah Ben Abderahman à la tête de l'énorme société Maouared est aussi impressionnante.



Mais cela n'est rien, comparé à la fortune du roi Fahd, estimée à un moment par Fortune Magazine à plus de 20 milliards de dollars. Le roi possède, en Arabie, douze palais, dont l'extraordinaire Al Yamamah de Riyad. Il s'est fait construire, depuis la guerre du Golfe, un bunker NBC (protection contre les armes nucléaires, bactériologiques et chimiques) de plus de 14 000 m2, dont 7 000 m2 habitables, qui comporte, outre une partie réservée au prince héritier, tous les éléments constitutifs des palais saoudiens : majlis pour les audiences, enfilades de bureaux et de salons, appartements royaux et toutes sortes d'équipements, dont une salle de chirurgie équipée pour opérer à coeur ouvert, ainsi qu'une cage de Faraday de 600 m2. Le roi s'y est réfugié, en janvier 1992, pendant quelques jours, après que le président Bush eut expédié une dizaine de missiles Tomahawk sur les environs de Bagdad, pour contraindre Saddam Hussein à se montrer plus coopératif avec l'Onu. Sans doute le souverain, qui a gardé un mauvais souvenir des SCUD lancés contre son pays pendant la guerre du Golfe, voulait-il se mettre à l'abri d'une éventuelle riposte irakienne. Son séjour a été d'autant plus discret que personne d'autre n'était aussi bien protégé.



Un autre bunker de ce genre est en construction sous le palais royal de Djedda. Mais, faute de crédits, les travaux semblent arrêtés. Le besoin, à vrai dire, ne s'en fait pas sentir. Le roi est en effet hors de portée des missiles irakiens (s'il en reste) ou iraniens. Peut-être songe-t-il à une action ennemie soudanaise, ou yéménite...



Le souverain possède également plusieurs yachts, dont l'un est estimé à 100 millions de dollars. Amoureux du spectacle de la mer beaucoup plus que des sports liés à celle-ci, le roi a aménagé une île pour lui et sa famille à une cinquantaine de kilomètres au nord de Djedda... C'est là qu'il passe ses week-ends d'été lorsqu'il séjourne dans la province occidentale. Il a, d'autre part, une villa près de Cannes, une autre, de 3 hectares, à Genève, un domaine de 33 hectares sur les bords du lac Léman, pour l'aménagement duquel il est en conflit avec les riverains, un palais à Marbella et une propriété dans les Yvelines qui fut un temps sous les feux de l'actualité lorsqu'on parla à son sujet de la construction d'une bretelle d'accès privée à l'autoroute de l'Ouest.



Devant la tempête soulevée par cette affaire dans l'opinion française, le roi, qui n'aime guère ce type de publicité, a abandonné prudemment le projet. Apparemment sans douleur excessive, car il n'a jamais visité cette propriété et ne la visitera probablement jamais, vu son âge et son état de santé. D'ailleurs, la proximité de l'aérodrome de Saint-Cyr-l'Ecole rend cette demeure peu habitable pour un souverain qui ne badine ni avec son intimité ni avec la sécurité. On peut se demander, à l'énoncé de tous ces inconvénients, si l'achat de cette demeure était bien utile, et s'il n'a pas été surtout une bonne affaire pour l'inévitable courtier libano-syrien.



Enfin, pour clore brillamment cette liste immobilière, qui n'est évidemment pas exhaustive, rappelons que le souverain s'est fait bâtir à Djedda une île artificielle reliée à la terre par une autoroute privée et plantée d'essences rares. Sur cette presqu'île, il a édifié un somptueux palais et un port pour son yacht. C'est dans ce décor, à la confection duquel les meilleurs architectes intérieurs français et italiens ont apporté leurs talents, que le roi vit les trois quarts de l'année. Le résultat de ces concours européens n'est pas toujours du meilleur goût. Il plaît en tout cas au maître de céans, qui consacre une bonne partie de son temps à la décoration de ses palais et de leurs jardins...



Khaled Ben Sultan, le fils aîné du sultan, fut, pendant la guerre du Golfe, commandant en chef des troupes arabes et islamiques. Ses talents de stratège furent à l'époque contestés, notamment par le général Norman Schwarzkopf, qui n'en dit pas que du bien dans ses Mémoires. Mais il était aussi - et peut-être surtout - chargé du gîte et du couvert de plus de 600 000 soldats. Dans ce domaine, il se révéla excellent organisateur, ainsi qu'homme d'affaires avisé. Il fit tellement danser l'anse du panier et gagna tellement d'argent (3 milliards de dollars, dit-on) qu'il fut limogé quelques mois après la libération du Koweït sous la pression des religieux.



L'homme a sans doute souffert de cette disgrâce qu'à vrai dire il ne méritait pas plus que d'autres. Mais il est vrai qu'il avait eu aussi tendance à se prendre pour le « Père la Victoire », ce qui, aux yeux du roi Fahd, était certainement encore moins pardonnable. En attendant son retour aux affaires - après la mort du roi ? -, il gère, entre Londres et Riyad, sa colossale fortune, à laquelle il a ajouté récemment le journal libanais Al Hayat. Dans l'exercice de ce dernier hobby, le prince s'est jusqu'à présent montré plus libéral et respectueux de l'éthique journalistique que prévu. Ce respect de l'opinion des autres est suffisamment rare ici pour ne pas le passer sous silence.



Le prince Bandar Ben Sultan, actuel ambassadeur aux Etats-Unis, est une des figures les plus médiatiques de la famille. Fils du ministre de la Défense et d'une esclave noire, il vécut une jeunesse difficile. L'islam ne reconnaît pas la notion d'enfant bâtard, mais n'exige pas pour autant que le père traite tous ses rejetons de la même façon. Le jeune Bandar fut ainsi délaissé par son père au point que le roi Fayçal s'en émut et fit des remontrances à son ministre de la Défense. Celui-ci adopta dès lors une attitude plus paternelle. Le jeune prince a puisé dans les difficultés de son enfance une motivation que ses autres frères n'ont pas. Il fit de brillantes études : élève du Royal Air Force College britannique, il a terminé sa formation d'officier de l'armée de l'air en suivant les cours de différentes écoles américaines. Membre de la mission militaire saoudienne aux Etats-Unis, il a été ensuite attaché militaire à Washington et enfin ambassadeur au même poste...



Le prince Bandar Ben Sultan entretient depuis longtemps d'excellents rapports avec tous les poids lourds de l'industrie américaine et en particulier avec les grandes sociétés d'armement. Une grande partie des contrats militaires signés par l'Arabie pendant et après la guerre du Golfe sont passés par lui. L'habileté du prince semble également avoir été utilisée par les Britanniques pour vendre leurs Tornado. Tout cela s'est fait en parfaite coordination avec l'entourage du souverain.



Il va sans dire que ce remarquable numéro de connivence profite à tous les intervenants. Faut-il dès lors s'étonner que l'homme soit actuellement cité par la presse américaine comme l'un des plus riches du monde ? Le prince, qui attend depuis longtemps le portefeuille des Affaires étrangères, aurait pu avoir un avenir ministériel. Son enrichissement, aussi rapide que suspect, qui a provoqué l'ire des milieux religieux, le lui a jusqu'à présent interdit.



Au sommet de la pyramide familiale se tient le prince Sultan. Ministre de la Défense, il gère depuis trente ans la partie la plus grasse du budget saoudien, qui a représenté, au cours des dernières années, 30 % du PIB (la France, à titre de comparaison, y consacre 4 % de son PIB). Il s'est réservé la gestion des contrats d'armement, ce qui, pour beaucoup d'observateurs, n'est évidemment pas innocent. De ce promontoire stratégique, il veille aux affaires, les siennes d'abord, bien entendu.



La cour royale est un autre centre de brassage des affaires. Elle est même devenue, ces dernières années, le passage obligé pour les plus gros contrats. Les frères Al Ibrahim, dont la soeur, Umm Azouz, est la troisième femme du roi et la mère du prince Abd el-Aziz, le fils chéri du roi, s'y sont acquis, sous le regard bienveillant du souverain, une réputation de requins de la finance. En association avec le petit prince et l'ambassadeur à Washington, le prince Bandar Ben Sultan, ils furent à l'origine du fabuleux contrat Al Yamamah, signé à la barbe des Français, en 1985.



En effet, la Grande-Bretagne réussit à vendre à l'époque, dans le cadre d'un barter (accord de troc) pétrolier, 72 avions Tornado, 30 avions d'entraînement Hawk ainsi que trois chasseurs de mines pour la somme rondelette de 87 milliards de francs. Les Français, qui proposaient le Mirage 2000 et qui avaient pour eux l'avis favorable du comité technique de l'armée de l'air, mais pas les bons agents, perdirent là un marché capital. Les taux de commission crevèrent à cette occasion les plafonds, et atteignirent, dit-on, 40 %. Bien que le Tornado ait généré des frais de maintenance exorbitants - il faut le concours de 23 techniciens au sol pour une heure de vol de Tornado, contre 3 pour le Mirage 2000 -, le royaume a acheté, en 1993, 48 nouveaux appareils pour 26 milliards de francs. Les intermédiaires étaient les mêmes...



Depuis 1985, aucun contrat important, civil ou militaire, n'a été signé dans le royaume sans que, à des degrés divers, l'entourage royal ait été impliqué. Les derniers en date - conclus avec Boeing et Mc Donnell - Douglas pour la fourniture d'avions civils, et, plus récemment, avec AT&T pour la mise en place d'un million et demi de lignes téléphoniques - ont montré la toute-puissance du clan des Al Ibrahim, ainsi que l'émergence du prince Abd el Aziz. Ce jeune homme de 23 ans, après avoir fait fortune par l'entremise de ses oncles et en liaison avec le prince Bandar Ben Sultan, n'hésite plus à prendre des affaires en direct. Les sociétés américaines et britanniques ont depuis belle lurette découvert le filon, et l'exploitent sans vergogne. Accrochées à des réseaux qui ont depuis longtemps disjoncté, les firmes françaises hésitent à franchir le pas. Leurs résultats s'en ressentent.

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