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La décision d'organiser un référendum n'est pas prise, dit Macron

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La décision d'organiser un référendum n'est pas prise, dit Macron

La décision d’organiser un référendum pour sortir de la crise des “Gilets jaunes” n’est pas prise, a dit lundi Emmanuel Macron aux présidents des groupes La République en marche (LaRem) et Les Républicains à l’Assemblée nationale reçus à l’Elysée. Le chef de l’Etat, qui se rend en soirée en banlieue dans le cadre du grand débat national, a entamé des consultations politiques en recevant les chefs des deux groupes de députés les plus importants et les poursuivra toute la semaine avec notamment Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Marine Le Pen (Rassemblement national) mercredi.

“Chacun a conscience qu’avec ce grand débat national, notre pays vit un moment démocratique assez rare et la façon dont nous allons tirer les enseignements de ce grand débat est une question cruciale qui justifie que le chef de l’Etat consulte”, a dit Gilles Le Gendre, le président du groupe LaRem, à la presse à l’issue de son entretien. Deux mois après l’éclosion des “Gilets jaunes”, un mouvement hétéroclite qui réclame plus de justice sociale et de démocratie participative, l’exécutif réfléchit à une sortie de crise qui lui permettrait de reprendre définitivement la main.

Après avoir annoncé des mesures en faveur du pouvoir d’achat chiffrées à 10 milliards d’euros début décembre, le chef de l’Etat a lancé le 15 janvier d’un “grand débat national” autour de quatre thèmes (fiscalité, transition écologique, organisation de l’Etat et démocratie et citoyenneté). A l’issue de cette concertation, il pourrait opter pour l’organisation d’un référendum à multiples questions qui pourrait se tenir, selon le Journal du Dimanche, le jour des élections européennes, le 26 mai prochain. 

“DÉCISION ABSOLUMENT PAS PRISE”

Le choix de cette date est loin de faire l’unanimité au sein de la majorité, le délégué général de LaRem Stanislas Guerini et le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian notamment ayant exprimé des réserves ce lundi. Interrogé dimanche sur cette perspective - qui avait été évoquée pour la première fois par Emmanuel Macron en juillet 2017 lors de son discours au Congrès, bien avant la crise des “Gilets jaunes”-, l’Elysée a fait savoir que “tout était sur la table”.

“Toutes les questions sont évoquées, le référendum est une option parmi d’autres”, a abondé Gilles Le Gendre. “La question du référendum est une question secondaire, la vraie question c’est (...) comment faisons-nous pour que les Français soient associés d’une manière beaucoup plus étroite aux décisions et aux réformes qui les concernent. C’est ça le point clef”. “Aujourd’hui la décision du référendum n’est absolument pas prise”, a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron “a dit que c’était une piste qui existait mais que son choix n’était pas fait”, a rapporté de son côté le chef de file des députés Les Républicains (LR) Christian Jacob, également reçu lundi matin à l’Elysée. “Je ne suis pas convaincu que la réponse à cette crise soit par voie référendaire, mais c’est son choix, ce sera à lui de le dire ou pas”, a-t-il ajouté.

“La crise c’est une crise sur le pouvoir d’achat donc il faut répondre sur le pouvoir d’achat”. “En tout cas le référendum ne peut être pas être utilisé comme une manoeuvre politicienne visant à étouffer le débat européen parce que nous avons besoin d’un débat européen”, a-t-il ajouté. Reste à savoir si le recours au référendum à choix multiples - préféré à un référendum à question unique qui risquerait de se transformer en vote plébiscite ou sanction de l’exécutif - suffira à répondre aux attentes des manifestants qui réclament eux des référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Parallèlement à cette semaine de consultations, le chef de l’Etat poursuit également ses débats-marathons. Après l’Eure, le Lot, la Drôme et les élus d’Outre-mer à l’Elysée vendredi, il est attendu à 17h ce lundi à Courcouronnes (Essonne) pour un échange avec 300 élus et représentants d’associations d’Ile-de-France, avant une rencontre en Saône-et-Loire jeudi avec des jeunes, grands absents avec la banlieue du “grand débat”.

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse


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