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Politique

5 ans de Macky Sall : Des chantiers, 16.814 milliards de dépenses, une pluie de critiques !

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5 ans de Macky Sall : Des chantiers, 16.814 milliards de dépenses, une pluie de critiques !

Il y a 5 ans, jour pour jour, le chef de l’Etat Macky Sall s’installait à la tête de la République du Sénégal. En effet, 12 années après la première alternance démocratique, les sénégalais ont retiré leur confiance à Me Wade et l’ont placé en Macky Sall. Et pour lui donner les moyens d’atténuer leurs souffrances et améliorer leurs conditions de vie, les contribuables mettent chaque année à contribution leurs impôts, qui permettent de financer le budget national. Ainsi, de 2012 à 2017, que de milliards ont été votés par l’Assemblée nationale et exécutés par le régime au pouvoir.

En 2012, 2299,286 milliards de budget furent dépensés. En 2013, 2531,116 milliards de Cfa. En 2014, le régime actuel a dépensé 2732,02 milliards puis 2869,032 milliards de Cfa en 2015. Et en 2016, le budget franchira la barre des 3000 milliards, gonflant à 3022,390 milliards de Cfa avant de trôner à 3360 milliards en 2017! Au total, de 2012 à 2017, ce sont 16.814 milliards de francs Cfa que le régime a dépensés. La croissance monte d’année en année, des programmes infrastructurels et sociaux ambitieux sont lancés par le régime, les délestages vaincus, certaines infrastructures déjà réceptionnées.

Mais, ces 16.814 milliards ont-ils été bien dépensés par le chef de l’Etat et son équipe, au regard des crises scolaires et universitaires encore récurrentes, de la cherté du coût de la vie, du taux de chômage encore élevé, de la prise en charge sanitaire encore problématique, etc. L’exécution de ces budgets a-t-il eu un impact significatif sur l’économie et la vie des sénégalais ? Seneweb a donné la parole aux spécialistes de l’économie.

Pr Abdoul Aziz Ndiaye (Université Gaston Berger) : «Côté croissance, nous sommes en retard»

Le Pr. Abdoul Aziz Ndiaye est Economiste. Maître de conférences, agrégé à l’Ufr des Sciences Economiques et de Gestion de l’Université Gaston Berger de Saint Louis, il magnifie les efforts consentis par l’Etat ayant fait repartir la croissance. Cependant, il n’est pas dithyrambique sur les résultats obtenus au bout de 5 ans. «Si on se réfère à l’instrument de politique qu’est le budget, nous pouvons dire que des efforts ont été faits. Depuis 2012, le taux de croissance connait une bonne phase, même s’il y a une petite baisse en 2013. L’an dernier, on a eu 6.7%, même s’il faut s’en inquiéter un peu. Car, au vu de la croissance de la zone Uemoa, qui est de 7.2%, on peut dire que le Sénégal est un peu en retard par rapport à un certain nombre de pays», signale-t-il. Et pour tendre vers l’émergence, notre pays doit hâter le pas sur cet aspect.

La croissance n’est pas inclusive

Et ce que regrette le Pr Ndiaye, c’est que la croissance actuelle n’est pas inclusive. Car, elle est portée par un secteur qui n’emploie pas beaucoup de sénégalais. «C’est une  croissance qui est portée par le secteur tertiaire, qui emploie une grande partie de la population», diagnostique le spécialiste. Pis, les entreprises qui y génèrent la richesse sont, pour la plupart, des filiales de sociétés étrangères. Donc, qui exportent  leurs bénéfices ailleurs. C’est pourquoi, le Pr Ndiaye encourage l’Etat, qui essaie de restructurer l’économie en faisant de l’Agriculture le moteur de la croissance. Ce, afin que la richesse puisse être créée par le plus grand nombre de sénégalais qui se partageront ainsi les richesses générées. Mais, l’économiste souligne que l’Etat devra aussi travailler efficacement dans la recherche de débouchés et amener les sénégalais à consommer local pour absorber les productions de riz notamment.

«Taux de chômage toujours élevé»

Côté réduction du chômage, le problème demeure encore épineux. Au vu des dernières statistiques, même les demandeurs disposant de diplômes universitaires peinent aujourd’hui à trouver un emploi. «Notre taux de chômage reste toujours élevé avec 13.4%, si on se réfère à la dernière enquête de l’Ansd. Il faut s’en inquiéter, parce que l’Etat met souvent le focus sur les universités alors que même ceux qui ont bac+2 ont souvent beaucoup de problèmes pour accéder au monde de l’emploi avec 22.4% de taux de chômage chez eux», regrette l’économiste.

Dr Elhadj Mounirou Ndiaye (Université de Thiès): «Un bilan en demi-teinte»

Pour le Dr Elhadj Mounirou Ndiaye, lui aussi Economiste, Enseignant chercheur à l’Ufr Sciences économiques et sociales à l’Université de Thiès, le bilan de ces années du régime actuel, est en demi-teinte. «Nous avons un bilan en demi-teinte, même si le côté non positif l’emporte sur l’action positive du gouvernement. Parce qu’il y a beaucoup d’inepties qui ont été constatées depuis 5 ans», regrette l’économiste. En effet, il explique que l’une des causes de cette situation réside dans les arbitrages opérés par le pouvoir actuel: «Il y a des résultats. Mais il y avait un arbitrage à faire, qui aurait pu permettre d’avoir des résultats beaucoup plus reluisants en 2017», estime-t-il.

De mauvais arbitrages

Par exemple, développe le Dr en économie industrielle, «il y a eu l’engagement d’un Train Express à 568 milliards, l’autoroute à péage ila Touba à 400 milliards, Il y a également d’autres actions». Des projets qui ne sont pas mauvais estime-t-il. Mais, souligne l’économiste, «avec 568 milliards, n’était-ce pas mieux de réhabiliter le secteur ferroviaire en permettant de rallier Ziguinchor facilement avec le problème du Bac, relier Tamba etc. Est-ce que si on avait réhabilité le chemin de fer, qui permettrait de transporter les marchandises lourdes, cela n’empêcherait pas les camions d’engorger et de détériorer les routes ? Ce sont ces arbitrages dont il s’agit», insiste Elhadj Mounirou.

«La croissance dans la poche des multinationales»

Quant aux budgets exécutés et leur impact sur l’économie, le Dr Elhadj Mounirou Ndiaye déclare: «Certes, il y a des résultats qui puissent faire dire que Macky Sall a fait de belles choses, mais cette masse colossale d’argent utilisé depuis 5 ans a un impact molle par rapport à la croissance économique. Parce que si vous prenez 6.7% de croissance sur un Pib de 9000 milliards, c’est environ 600 milliards qui s’ajoutent en nominal sur la richesse du pays. Mais de ces 600 milliards, si vous enlevez les 200 milliards de bénéfices de Sonatel, vous enlevez l’argent encaissé par Eiffage, les bénéfices de Oil Libya, des ciments du Sahel etc., donc la croissance reste dans la poche des multinationales et des investisseurs»,

Professeur Maissa Babou: «On ne sent pas un dynamisme économique conséquent»

Maissa Babou, lui aussi économiste, a jeté un regard sur les 5 années de gestion du régime actuel. Et son constant n’est pas des plus reluisants. «Le rôle que doit jouer un budget c’est d’enclencher un développement économique et social. Au regard des 5 dernière années, si on regarde l’espace économique, à la fois le "Yoonu Yokkute" et le Pse, on ne nous parle que d’autosuffisance alimentaire, du Pracas, du Pudc. Au-delà de l’autoroute à péage qui a été amélioré, on n’a pas de  grandeur économique significative », diagnostique-t-il. «Sur le plan éducatif et de la santé, on n’a pas  d’universités nouvelles. Des lycées nouveaux il n’y en a pas beaucoup. Il manque terriblement d’établissement au niveau supérieur. Les étudiants sont mêmes dans le virtuel. Côté santé, n’en parlons pas. Parce que quand on ne peut pas avoir une machine de 3 milliards, on ne peut pas réclamer un hôpital de 100 milliards», regrette M. Maissa Babou.

Absence de subventions sur l’eau et l’électricité,

L’économiste regrette les investissements de prestige tels le Centre de conférence Abdou Diouf, ila Touba, le Train Express, la cité de l’émergence, qui font gonfler la dette publique. «Ce sont des investissements de prestige qui n’ont pas d’impacts directs dans la vie des sénégalais(…). Au-delà de quelques machines qui ont été achetées pour booster le secteur, franchement on ne sent pas un dynamisme économique conséquent par rapport à un budget aussi gros», indique Maissa Babou, qui regrette «l’absence de subventions sur l’eau et l’électricité », afin de soulager le sénégalais sur qui  «une fiscalité assez forte qui s’abat».

«Se soigner, aller à l’école, se nourrir, les problèmes du Sénégalais… »

A cela, il ajoute la création de nouvelles institutions comme le Hcct (Haut conseil des collectivités territoriales) qu’il assimile à du gaspillage, alors que les besoins des sénégalais attendent : «On n’a pas de vision. On fait du saupoudrage, on fait de la politique, on ne regarde pas ce qui est important. Se soigner, aller à l’école, se nourrir. Ce sont là les problèmes du Sénégalais. Pendant ce temps, il y a 16.814 milliards en l’air. C’est un fourre-tout qui n’est pas bien organisé, pas bien pensé. Le gaspillage, les espaces politiques qui se créent comme le Hcct qui nous bouffent les budgets avec des salaires colossaux, des indemnités incroyables, des politiciens qui s’enrichissent sur le dos d’autres sénégalais qui sont très pauvres », s’indigne l’économiste.

Youssouf SANE


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2 Commentaires

  1. Auteur

    Anonyme

    En Mars, 2017 (09:03 AM)
    bilaye Ablaye Wade amoul morome...
  2. Auteur

    Anonyme

    En Mars, 2017 (15:03 PM)
    félicitations président macky pour le travail que tu a fait durant les 5 ans

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