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Mamadou Diop Decroix: « Je déplore l’absence de concertation avec le Pds»
   Par LeSenegalais.Net | Lesenegalais.net |  Vendredi 18 janvier, 2013 12:47  | Consulté 4824  fois  | 14 commentaires   Favoris
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Politique | Mots Clés: Diop Decroix, PDS, Aj/Pads, Mali, Géopolitique, Afrique

Le Secrétaire général de And-Jef/Parti africain pour la démocratie et le socialisme (Aj/Pads), Mamadou Diop Decroix, est ceinture noire de karaté et pratique régulièrement du yoga, on tient, désormais, l'explication de son calme légendaire. Mais, le député à l’Assemblée nationale, qui affiche une fausse douceur, sait lâcher des phrases qui font mouche et périclitent la défense des cibles. Et, il ne s'en est pas privé dans cet entretien où il survole l'actualité et lève un coin du voile sur les divergences avec son ami de 30 ans, Landing Savané.

Le ministre des Affaires étrangères a délivré à l’Assemblée nationale un message du chef de l’Etat axé sur l’engagement des troupes sénégalaises au Mali. Est-ce un argumentaire qui vous paraît plausible ?

La situation qui prévaut actuellement au Mali, nous l’avions déjà repérée depuis six mois. Le 13 juillet dernier nous avions fait une déclaration pour déplorer cette situation et appeler à une manifestation de soutien du peuple sénégalais au peuple malien. Lors de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, je suis intervenu à la tribune pour dire qu’il y avait une dimension essentielle qui ne ressortait pas comme il le fallait dans la Déclaration de politique générale : les conflits dans la sous région. J’avais utilisé une image, en disant au Premier ministre  qu’un programme de développement, dans un contexte de conflit de ce type,  c’était vouloir développer une agriculture performante sur des sols salés. Quand vous faites un bref survol géostratégique de la sous-région, vous vous rendrez compte qu’on a des raisons d’être préoccupés. La Mauritanie est en guerre contre Al-Qaïda, le Mali n’en parlons pas.  La Guinée Bissau ne sort toujours pas de l’instabilité, la Guinée Conakry s’est quand même un peu stabilisée.

Peut-on en déduire qu’il y a une convergence de vues sur l’exposé des motifs fait par le ministre des Affaires étrangères ?

Nous sommes en avance sur le gouvernement. Le Président Sall avait dit qu’il n’envisageait pas d’envoyer des soldats au Mali. Il ne faut pas l’oublier non plus. L’argument de Macky était qu’il y’a trop de soldats sénégalais engagés dans les théâtres d’opération. Donc, ce n’était pas possible. Mais nous avions pensé, à l’époque, que la classe politique malienne et l’opinion publique étaient divisées sur la question. Certains pensaient  qu’il fallait aller aux élections, d’autres disaient non, il faut d’abord s’occuper du Nord. Nous avions quand même suggéré de la prudence. On ne pouvait pas intervenir dans un pays sans savoir ce que voulaient ses dirigeants. Maintenant, une fois que les uns et les autres se sont retrouvés autour de la nécessité de se débarrasser des islamistes, les conditions sont réunies pour une intervention. Nous sommes d’accord pour une intervention du Sénégal au Mali. Alors maintenant, est-ce une guerre ou pas ? C’est une querelle sémantique. Et, franchement, les querelles sémantiques ne m’intéressent pas. Il faut soutenir le peuple malien pour bouter dehors les terroristes et les forces de déstabilisation.

Etes-vous, oui ou non, en phase avec le chef de l’Etat ?
Je ne sais pas. En tout cas, sur la question de l’implication, nous sommes d’accord. Maintenant, il est clair qu’en creusant, on pourrait trouver des convergences ou des divergences.

La gravité de la situation vous permet-elle de creuser ?
Non, aujourd’hui, il faut soutenir. Et, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, (Ndlr : il exhibe un document), l’heure n’est plus à l’invective ou à la stigmatisation.

Si on vous suit, l’engagement au Mali est une question d’intérêt national qui nécessite la cohésion de la classe politique sénégalaise

Ah oui, absolument. Tout à l’heure, j’ai parlé de cohésion et d’unité. Et c’est là où j’ai une divergence avec le vocabulaire du pouvoir. Dans le fond, je sais qu’ils pensent comme moi, mais ils ne peuvent pas ou ne veulent pas le dire. Mais, ils ont leur propre raison. On est en guerre. Et, il faut le dire aux Sénégalais. Sinon, demain ou après demain, ils diront qu’ils ont été surpris et que la vérité n’a pas été dite sur cette affaire.

Parce qu’il faut envisager des dommages collatéraux

Mais bien sur. On ne peut pas envoyer 500 soldats, leur dire de participer aux frappes, d’attaquer des ennemis et ne pas s’attendre à des contrecoups. Dans tout combat, quand vous donnez des coups, vous devez vous attendre à en recevoir. Mais, vous savez, ces gens-là utilisent la sémantique du 19ème siècle qui parle de déclaration de guerre. Comme cela est dépassé, il faut avoir une conception de la guerre au 21ème siècle. Si vous n’avez pas une telle conception, vous aurez des problèmes pour gagner. Heureusement que dans cette affaire, les Français qui interviennent savent très bien de quoi je parle. Ils viennent d’Afghanistan. Donc, nous sommes en guerre. Pourquoi la France a mis en place le système Vigipirate rouge ? C’est parce que les terroristes qui sont au Mali ont menacé de porter le combat au cœur de la France. Ils parlent de la France parce que c’est, peut- être, la principale force militaire sur le terrain. Mais, les autres ne doivent pas considérer qu’ils sont écartés.

Mais la position des groupes armés terroristes montre que les niveaux d’implication ne sont pas les mêmes, soit que l’on se situe du côté de la France ou du Sénégal. N’est-ce pas ?  

Justement, c’est ce que je vous dis. C’est cela aussi l’autre grand problème dans cette affaire. 53 ans après les indépendances, nous sommes obligés de laisser la France faire le travail à notre place. C’est honteux pour les pays africains. Nous sommes incapables de prendre en charge notre destin.

Ne pourrait-on pas imputer cet impair à la prise en charge des questions liées au développement, à l’alimentation, à la santé… ?

Si les régimes africains avaient réglé ce problème, on aurait pu dire qu’ils ont mis l’accent sur le social. On comprendrait mieux qu’il puisse avoir des manquements du côté de la défense. Mais, le coté social n’est pas réglé. Donc c’est de l’incurie. Quand le moment de dire la vérité arrive, il faut dire la vérité. Ce qui se passe au Mali est une humiliation pour nous. 53 ans après les indépendances, l’ancienne puissance coloniale est obligée d’aller sur le terrain avec ses hommes. Généralement, l’appui se résume à des bombardements pour détruire les infrastructures de l’adversaire, ses stocks d’armes et ses munitions. Mais, ici, la France est dans les airs. Elle est obligée d’envoyer ses propres soldats sur le terrain, alors que celles de la Cedeao ne sont encore pas là.

Dénoncez-vous, à l’instar des libéraux, le manque de concertation avec les forces sociales et politiques avant d’engager le pays dans une opération qui pourrait être couteuse financièrement et en vies humaines ?

Ce que j’ai dit, je le maintiens. Nous sommes en guerre. Bon, je prie Allah le Tout-Puissant pour que la situation ne se détériore pas. Mais, une guerre on sait quand ça commence, mais jamais quand ça se termine. A la place du Président Macky Sall, en dépit des pouvoirs que la constitution me confère, j’aurai pris une initiative de type inclusif. C'est-à-dire parler avec tous ceux avec lesquels je dois parler. Le fait de dialoguer ne l’empêche pas de faire ce que la constitution lui permet de faire. Cela n’enlève en rien ses prérogatives, mais aura le mérite de donner le sentiment qu’il partage cette aventure avec l’ensemble des Sénégalais. Ceci me paraît fondamental. Ce n’est pas trop tard. Je pense qu’il le fera. Ce n’est parce que quelqu’un est votre adversaire que tout ce qu’il fait n’est pas bon. Si le Président Sall avait fait comme François Hollande, on aurait rien dit. Le Président français avait déclaré, dans un discours, que la France intervenait au Mali. Le Premier ministre Jean Marc Ayrault s’est expliqué devant l’Assemblée nationale. J’aurai souhaité que Abdoul Mbaye en fasse de même. Ce serait formidable que Macky Sall rencontre les leaders politiques.

Le gouvernement semble réfractaire à ce genre d’initiative. Vous avez adressé une question orale au Premier ministre. A la place, on vous a servi un message du chef de l’Etat. Regrettez-vous que votre interpellation n’ait pas servi à grand-chose ? 

Ecoutez, je pense qu’il est fondamental que nous changions notre mentalité. D’abord, c’est essentiel, dans la vie, de respecter l’adversaire. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui étaient dans l’opposition hier. Ceux qui sont dans l’opposition pourraient être au pouvoir demain. Parce que nous sommes tous des Sénégalais. Personne n’a plus de droits que l’autre dans ce pays. Nous avons tous les mêmes droits et les mêmes devoirs. Il faut aussi respecter les institutions. Le Président Macky Sall aurait pu, à l’occasion de la levée du drapeau, faire allusion à la situation au Mali, avant que Mankeur Ndiaye n’aille sur France 24 pour faire une déclaration.

Le Sénégal a démenti, dans un premier temps, l’envoi de troupes au Mali, alors que François Hollande a annoncé à travers les médias l’implication des «Diambars». Que vous inspire un tel cafouillage ? 

C’est la preuve qu’il y a eu beaucoup cacophonie et de tergiversations dans cette affaire.

Ça aurait pu être une stratégie du pouvoir pour ne pas exposer le Sénégal. Est-ce votre avis ?

Mais, on n’était même pas encore engagé. Les 500 soldats ne sont pas, à ma connaissance, encore sur place. La guerre a déjà été déclarée. Cela fait plusieurs jours que des combats sont menés. Donc pourquoi dire on n’est pas parti, si on va partir ? Non ! Ce n’est pas comme cela. Je ne veux pas quand même pas me prononcer sur des choses que j’ignore. Pour faire plus simple, une fois qu’on décide de s’engager il faut prendre les mesures d’accompagnement nécessaires. Bon on est mercredi, (Ndlr : l’entretien  a été réalisé avant-hier), le Président Sall a pris sa décision entre samedi et dimanche, je pense qu’il va probablement parler avec les leaders représentés à l’Assemblée nationale et d’autres.

Quelle suite comptez-vous donner, à moins que vous ne lâchiez prise, à votre question orale ?

Ecoutez, j’avais posé la question orale au Premier ministre pour provoquer une réaction du gouvernement. Parce que je ne comprenais pas l’attitude du gouvernement. Donc, j’ai posé cette question pour provoquer, le gouvernement a réagi. Le Président a adressé un message à l’Assemblée, je m’en contente.

On a remarqué que vous avez toujours les mêmes positions que les libéraux sur plusieurs sujets d’actualité. Est-ce à dire que vous avez du mal à rompre les liens d’un compagnonnage de douze ans ?

Généralement, quand je m’exprime en premier sur une question, le Pds dégage la même position que moi. Il n’y a pas de lien de compagnonnage ou quoi que ce soit. Peut-être que nous sommes dans l’opposition et que nous adoptons des positions un peu plus radicales. Mais, on ne se concerte pas et je le déplore. Car à mon avis, l’opposition doit se concerter. Quand le Pds fait un communiqué, ils ne nous le montrent pas et quand nous publions un communiqué on ne le montre pas au Pds. Donc il n’y a pas un endroit où nous discutons pour harmoniser nos positions.

Allez-vous créer les conditions d’une concertation aux fins d’harmoniser vos positions ?

Oui, mais  pas seulement du Pds parce qu’il y a plusieurs entités. Chaque entité est assez jalouse de son indépendance et de sa souveraineté. Aj/Pads a toujours été indépendante dans ses prises de position. C’est pour cela que le compagnonnage n’était pas trop compliqué. Maintenant dans l’opposition, les gens continuent de se respecter et parfois les positions se recoupent. Mais quand elles ne se recoupent pas, on note puis on avance. Aujourd’hui, notre opinion est que l’opposition doit se retrouver parce qu’au pouvoir vous avez des dizaines de parti qui sont ensemble dans le cadre de Benno Bokk Yaakaar. Même si on sait qu’il y a beaucoup de couacs là-bas, ils sont quand même ensemble.

Du côté de l’opposition, certains sont poursuivis dans le cadre des enquêtes sur l’enrichissement illicite,   d’autres ne le sont pas. C’est comme on évitait tout rapprochement avec les libéraux. Est-ce que vous n’aurez pas de mal à coordonner cette entité ?

Alors, ceux qui raisonnent en ces termes ont tort. Nous parlons de partis politiques. Ce n’est pas parce que des gens sont convoqués qu’on ne va pas s’associer avec le Pds. On doit travailler avec le Pds dans l’opposition. C’est une grave erreur et de la myopie politique que de fonctionner comme cela. Toutes les forces politiques de l’opposition doivent se retrouver et travailler ensemble. Ceci n’a rien à voir avec des individus qui sont convoqués. L’opposition fait son travail, la justice doit faire son travail et le pouvoir doit faire son travail. 

Venons-en au bilan de vos 12 ans de compagnonnage avec le Pds. Avez-vous perdu ou gagné en terme de leadership et de crédibilité ?

Ecoutez, je ne pose pas le problème de cette façon. Je pose le problème du Sénégal. Aj ou Mamadou Diop, je considère qu’on pèse peu lorsqu’il s’agit du Sénégal. Quand nous soutenions Wade, il y a des gens qui racontent beaucoup d’histoires et de contrevérités sur l’histoire récente du Sénégal. Il y en a qui disent qu’ils sont allés prendre Wade par le collet pour lui dire de se présenter, c’est faux. L’un d’entre eux était encore dans le gouvernement de Abdou Diouf en mai 1998 quand Wade a décidé de se présenter en 2000 et il se reconnaitra. Quand on a voté en 1998 aux législatives, c’est nous And/Jëf qui avons analysé les résultats. Le Ps avait plus de 50% et l’opposition plus de 49%. Quand j’ai fait l’analyse des baisses tendancielles des scores du Parti socialiste de 1983 en 1998, j’ai découvert que le Ps perdait entre cinq et sept points à chaque élection. J’ai dis aux camarades que si on travaille ensemble dans l’opposition on pourra l’emporter en 2000. Et nous avons rencontré, sur cette base, avant la proclamation définitive des résultats, Abdoulaye Wade chez lui au Point E. Il y avait, ce jour-là, beaucoup de responsables du Pds, notamment Abdoulaye Faye, Habib Sy et Idrissa Seck qui avait eu une formule dont je me souviendrais toujours : «Ce sont les Mouajirines et les Ansars qui se retrouvent». Nous avions proposé la grande alliance pour l’alternance en 2000. Wade s’en est félicité et a pris l’engagement de se présenter si Dieu lui prête longue vie. C’est le moment de parler, on a trompé les Sénégalais pendant trop longtemps, ce n’est pas juste. Il faut respecter les Sénégalais. Donc, pour nous les intérêts du pays passaient avant tout. Pourtant à cette période précise, le congrès du parti avait décidé d’investir Landing Savané pour l’élection de 2000, mais on a renoncé à cette candidature pour soutenir celle de Wade. Dans ces conditions, vous comprendrez que je ne puisse pas évaluer le compagnonnage avec le Pds. En 2000, si on ne s’était pas engagé comme nous l’avons fait, le Parti socialiste serait encore au pouvoir. Maintenant, une fois que nous avons accédé au pouvoir, le parti n’a pas su profiter de cette posture pour renforcer son unité, sa cohésion et se massifier. Les raisons sont, somme toute, très nombreuses. Avant 2000, je ne regrette pas ce que nous avons fait. Si c’était à refaire, on le refera. Une fois au pouvoir, nous avons perdu des plumes dans l’opération. Le parti s’est fissuré et chacun est allé de son côté.

Etait-ce de l’inconséquence politique ?

Ce n’était pas très compréhensible. Si vous dites qu’on a bien travaillé en tant que gouvernement et que celui qui a mis en place ce gouvernement est candidat, la logique voudrait que les gens votent pour lui. Si vous dites que le gouvernement a mal travaillé et vous êtes dans ce gouvernement avec Wade, ils ne voteront pas pour toi. Ils vont voter pour l’opposition.

Pourquoi avez-vous préféré rompre un compagnonnage de trente ans pour rejoindre Abdoulaye Wade ?

Je n’ai jamais rompu un quelconque compagnonnage de ma vie. Lorsque le président Abdoulaye Wade a remercié mon grand frère Landing Savane en 2009, je suis allé le voir le soir même pour présenter ma démission en lui expliquant que je ne pouvais plus rester dans le gouvernement. Nous avons intégré ce gouvernement dans le cadre du parti. Par conséquent, je me devais d’être cohérent. Cette question, il faut la poser à mon grand frère. Car c’est lui qui a décidé d’exclure Mamadou Diop et le parti a refusé.

Avez-vous eu un engagement différent du sien ?

Ce que j’ai eu comme résultat pour lui, lui même ne l’a pas eu pour sa propre personne en tant que candidat. Tout en étant opposé à la candidature, j’ai eu de meilleurs résultats que lui. De 2007 en 2009, on a continué à travailler. Dans un parti démocratique, les gens peuvent avoir des points de vue différents.


Ce fut quand même la première divergence profonde étalée sur la place publique, n’est ce pas ?

En ce moment, il le fallait parce que notre philosophie était de tout  gérer en interne. Personne n’a jamais su quelles étaient mes vraies positions par rapport à celles exprimée par l’ancien Secrétaire général y compris dans le parti. Quand je ne suis pas d’accord, je vais le voir et on en parle. Mais je ne vais pas venir dans une Assemblée et exposer nos divergences.  Je ne l’ai jamais fait. Mais à partir du moment où on décide de se présenter à une élection, ce qui est une affaire assez sérieuse, j’en ai quand même déduit qu’on ne pouvait pas continuer à fonctionner de cette façon du point de vue éthique et moral. C’était plus décent de se démarquer et j’ai fait savoir au parti que j’exprimerai désormais publiquement mes points de vue dans les instances. Ce que je ne faisais pas avant.

Quels sont les véritables motifs qui vous ont poussé à tourner la page Landing Savané ?

Mais, posez-lui la question. Il faut poser la question à celui qui a décidé de convoquer le congrès, on a découvert par la suite qu’il ne voulait plus aller au congrès. Il convoque le Bureau politique après s’être réuni la veille avec des gens pour dire qu’il va exclure le Secrétaire général adjoint. Le parti a refusé, c’est cela qui s’est passé. Vous étiez là non. Ma réponse est que cette question doit être posée à celui qui a pris la décision de se séparer de son compagnon. Qu’est-ce qui s’est passé ? On s’est réuni le 7 février 2009 en Bureau politique. L’ancien Secrétaire général a dit qu’il ne pouvait plus travailler avec son adjoint. En venant à ce Bureau politique, j’ai amené avec moi  le numéro du journal L’As qui annonçait mon exclusion avant la lettre. La question à vider, ce n’était plus le congrès ou la préparation des élections locales, c’était mon exclusion. Les gens ont discuté de dix heures jusqu’à dix sept heures. L’écrasante majorité a dit que je ne pouvais pas être exclu. Il y avait 43 présents. Comment 43 personnes peuvent décider du sort d’un responsable élu par 1500 délégués ? Et puis nos textes disent qu’on ne peut pas exclure quelqu’un sans l’avoir, au préalable, averti, blâmé ou sanctionné. Ils ont décidé de procéder à un vote, mais beaucoup d’entre eux ont estimé que le vote n’avait pas de sens et que les statuts ne le prévoyaient pas. On s’est finalement résolu à voter. Au même moment, les radios ont annoncé l’exclusion de Mamadou Diop Decroix. Dès que le communiqué est passé, les fédérations ont commencé à réagir. Les gens ont tenu des Assemblées générales et remis tous les documents signés aux préfets, 38 fédérations sur 45 au Sénégal se sont prononcées contre cette décision. Donc, le parti a refusé mon exclusion. C’est ce qui s’est passé. Il n’y a pas deux AJ, il n’y a qu’un  seul parti. Quand les 38 fédérations se sont réunies en présence d’huissiers et qu’on a remis tous les documents au ministre de l’Intérieur, il ne pouvait rien faire d’autre que d’accepter la tenue du congrès. Notre parti n’est la propriété de personne. On a organisé le congrès dans les formes requises avec l’autorisation du ministère de l’Intérieur. C’est à  partir de ce moment que j’ai adressé une lettre à Landing, en tant que Secrétaire général, pour qu’on fasse la passation de service. Il a pris cette lettre pour aller au tribunal et m’accuser de faux, usage de faux et usurpation de fonction. Il a été débouté en première instance et en appel, en plus d’avoir été condamné à ses dépends. Il lui restait la Cour suprême, il ne l’a pas saisi dans les délais jusqu’à être forclos. Donc, le dossier est classé.

Ne vous arrive-t-il pas, parfois, de regretter cette rupture ?

Mais, bien sûr. Pas parfois, mais toujours. Mais, je n’en suis pas le responsable. Avant la rupture, beaucoup d’actes ont été posés, mais personne ne m’a jamais entendu parler.

L’histoire des 30 millions, l’avez toujours en travers de la gorge ?

Non, bien sur que non ! Tout cela est du passé. Mamoudou Ibra Kane l’a interpelé sur la question et il a dit qu’on ne peut, en aucun cas, me mêler à ces histoires.

En un moment donné, les gens ont pensé que c’est Wade qui vous a poussé à l’affronter. Etait-ce lui qui tirait les ficelles ?

D’abord, c’est faux. Les gens sont méchants. Wade n’osait même pas. Avec Wade, je n’ai jamais dit du mal de Landing. Je ne lui parlais que de choses qu’il devait faire pour lui. C’est Landing qui a dit à Wade qu’on ne mangeait plus autour du même bol et c’est Landing lui-même qui me l’a raconté. La seule fois ou Wade a abordé cette question, c’était pour tenter de nous rapprocher.

A l’époque, des responsables de Aj ont reproché à Landing ses faibles scores aux élections. Aujourd’hui, on semble reporter les mêmes accusations sur vous. Que vous inspirent ces défections en série ?

Alors je ne parle pas de cela. La politique n’est pas du travail forcé. Ils ont pensé que le moment est venu de partir, ils sont partis. Et la vie continue.

Que reste-t-il de Aj/Pads ?

Cela aussi,  ce n’est pas utile d’en parler. On va vers des joutes électorales. On saura ce que représente Aj.

Mais, qui avez-vous comme responsables de grande envergure ?

Je ne réponds pas à ces questions. En citant des noms, on peut en oublier. Je préfère passer.

Comment envisagez-vous votre avenir politique ?

Je ne réponds pas à cette question. Vous savez, nous sommes sur le terrain et nous travaillons. Chacun sait qui est qui.
 Vous avez engrangé 0,8% des suffrages aux législatives. N’est-ce pas un faible score ?

Je suis très fier de mon score. Parce que je n’ai pas de milliards et je suis parti tout seul. Il y a des gens qui sont partis avec 60 partis politiques et qui ont des milliards. Il y a des gens qui, comme moi, sont allés aux élections avec des coalitions de dix partis politiques et qui ont eu un député. Je suis allé tout seul. C’est mon train qui m’a conduit à la gare et non le wagon d’autrui.

Le Pays au Quotidien

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C vrai on January 18, 2013 (12:55 PM) 0 FansN°:1
Celui la doit mettre une croix sur par dessus sa gueule puante.
Abou on January 18, 2013 (13:07 PM) 0 FansN°:2
avec cet interview decroix cloture une bonne semaine de communication ponctuee par la convocation de l assemblee nationale pour entendre le gouvernement sur le mali.bravo et bonne continuation
Dx on January 18, 2013 (21:48 PM)0 FansN°: 2357055
Tu t'es mis la croix dessus tout, espèce de traitre
Tu (nous) t'emmerdes en parlant de PDS
connard au visage de ….
Deroin78 on January 18, 2013 (13:08 PM) 0 FansN°:3
Decroix tu as trahi tous tes amis: Amadou TOP, Landing SAVANA, Angélique, Bassirou SARR etc..........
Do nitou dara
@deroin78 on January 18, 2013 (13:31 PM)0 FansN°: 2356210
Deroin toi je te connais pas mais tu es un menteur parce que ya qqs jours j'ai vu Decroix et Amadou Top ensemble avec leurs épouses à la Fac de médecine à une soutenance de thèse. Arrêtez de médire. Que Dieu te sauve.
Galass Ndiaye  on January 18, 2013 (13:25 PM) 0 FansN°:4
Félicitations honorable député. Avec vous c'est la rupture. Homme d'Etat accompli vous êtes. Votre regard sur les problèmes est convaincant. Vous devriez le plus souvent intervenir dans les débats pour éclairer nos lanternes.
Loli on January 18, 2013 (14:22 PM) 0 FansN°:5
decroix arret de te ridiculiser . tu n'arrive même pas à la chevire de savané. tu dois te regarder dans la glace avant de raconter des bétises sur les autre. mais là on te comprend la défaite de Wade ta rendu fou.
Abdou Diakhoumpa  on January 18, 2013 (14:46 PM) 0 FansN°:6
Ceux qui ont des convergences de vues sur la trame de fond de ce conflit au Mali à savoir l'incurie des élites politiques Africaines qui ont eu la charge des diriger nos Etats devraient se concerter au plus vite pour voir comment restaurer la viabilité et la dignité de l'Afrique et de la sous-région. Avant Hier en Côte d'Ivoire, c'était la France qui arrêtait l'avancée des Guillaume Soro sur Abdijan pour sauver Gbagbo qui aviat été proclamé vainqueur suite à des Elections qualifiées de calamiteuses. Hier C t encore la France qui a enlevé Gbagbo lorsque celui-ci a voulu rester en place malgré les résultats qui le donnaient perdant. Aujourd'hui, c'est la France qui assume le sauvetage du Mali. jusqu'à quand cela va - t - il durer ? C aux patriotes africains d'y apporter la réponse.
@Diakhoumpa  on January 18, 2013 (14:54 PM) 0 FansN°:7
Je m'accorde entièrement avec toi Diakhoumpa. C'est un aspect essentiel dans cet interview de Decroix. A mon avis cet aspect devrait véritablement retenir l'attention des africains que nous sommes.
Le peuple on January 18, 2013 (15:13 PM) 0 FansN°:8
c'est un grand tocard ce monsieur la!!!!!!!!!!!!!!!!
Apr on January 18, 2013 (15:16 PM) 0 FansN°:9
les gars donc decroix avait raison sur nous, l assemblee a ete finalement convoquer pour rectifier, il faut s en feliciter et feliciter aussi le depute decroix.il est bon de penser à un seminaire de mise à niveau pour les deputes de la majorite.
Passant on January 18, 2013 (16:13 PM) 0 FansN°:10
c'est pour la première fois que j'entends decroix parler ainsi de landing, je ne l'ai jamais vu entrer dans les détails mais on en avait besoin aussi, maintenant j'ai compris beaucoup de choses
Fasco mbarodi on January 18, 2013 (21:38 PM) 0 FansN°:11
je sais à qui decroix fait allusion parce que j’entendais souvent abdoulaye bathily dire que c'est lui qui était parti en France prendre Wade pour qu'il se présente en 2000 pour nous édifiier une bonne fois pour toute, je pense que ceux Decroix a cité doivent nous éclairer la lenterne :bravo:  :bravo:  :bravo:  :bravo:  :bravo:  :bravo:  :bravo:  :bravo:  :bravo:  :bravo: 

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