Le NY Times ausculte le mariage non monogame

  • Source: : Nouvelobs.com | Le 16 mai, 2017 à 17:05:40 | Lu 2707 fois | 4 Commentaires
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Le NY Times ausculte le mariage non monogame

Trouver quelqu’un, un appartement, faire des enfants : la plupart des gens font tout ça dans un grand élan d’optimisme. Mais une fois les grandes ambiances gestatives et immobilières derrière, le couple-famille contemple la longue route sans projet spécial qu'il reste à faire.

La libido s'agite comme une mouche dans une pièce fermée. Dans le meilleur des cas, elle se pose sur des cours d'accordéon et dans le pire, sur un nouvel objet amoureux. Alors on s’arrange comment ?

Dans une grande enquête/grand format, le New York Times a suivi 25 couples qui pratiquent le mariage ouvert ou libre.

C'est passionnant de pouvoir accéder, avec autant de détails, au quotidien de ceux qui veulent à la fois la base de repli, la rencontre amoureuse et l'absence de culpabilité.

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La journaliste Susan Dominus décrit la satisfaction intellectuelle de ces couples, les règles qu'il faut mettre en place (préservatif obligatoire ?), la douleur dans les situations de déséquilibre (il a une histoire, pas moi), le gros travail sur la jalousie que cela implique.

On voit bien, en lisant l'article, comment le couple initial est à la fois brutalisé et sublimé. Susan Dominus raconte aussi toute l’histoire de Daniel et Elizabeth.

L'amour est additionnel

Daniel a près de 40 ans et il est un peu penaud quand il parle pour la première fois à sa femme du polyamour.

Il trouve que la sexualité de leur couple est défaillante. Le sexe n’intéresse plus trop Elizabeth, lui continue d’adorer ça -- la journaliste précise ici que la courbe du désir chez les femmes en couple chute plus vite que celle des hommes.

"Il a fallu des dizaines d’années aux chercheurs pour considérer le fait que la prétendue faible libido des femmes était peut-être un symptôme de la monogamie."

Poussé par l'appétit sexuel, Daniel demande à sa femme :

"Tu n’as pas envie de ressentir l’énergie de l'amour qui commence ? Nous qui avons deux enfants, nous savons que l’amour est quelque chose qui n’est pas fini, qu’il est additionnel."

Ouais non, Elizabeth ne veut pas en entendre parler.

"C'est ce que je fais"

Dix ans passent et en août 2013, au moment où elle découvre qu’elle souffre de la maladie de Parkinson, Elizabeth se met à passer du temps avec Joseph, un "gars simple", atteint lui aussi, qu’elle a rencontré dans une cérémonie de levée de fonds pour la maladie.

"Ils partagent quelque chose de très profond", écrit la journaliste.

Au bout d'un moment, la relation bascule. Pour la première fois depuis 24 ans, Elizabeth embrasse un autre homme que son mari. Sans trop s'embarrasser d'ailleurs. Ne lui a-t-il pas lui-même proposé, il y a quelques années, un arrangement ouvert ? Pourquoi se gêner du coup ?

En fait, Elizabeth a un besoin vital de cette relation : c'est un plaisir qu'elle ne peut pas se refuser sous peine de tomber dans un état sombre. Elle oppose à son mari une fin de non-recevoir.

"C’est ce que je suis en train de faire et je ne peux pas faire autrement donc il faut que tu le supportes."

C'est en mars 2016, alors que le couple commence à contempler l’idée d’un divorce, qu'Elizabeth prend finalement peur. Elle se met à faire à nouveau attention à ce que pense Daniel. Ils parlent des heures, la nuit.

Et ils décident ensemble de se lancer dans un couple libre (avec des règles assez flexibles : Elizabeth a le droit d'envoyer des SMS à Joseph dans la voiture quand Daniel conduit).

Parmi les 25 couples suivis, la journaliste note que dans une grande majorité, ce sont les femmes qui étaient à l’initiative de l’ouverture du mariage.

Le goût des autres

Pour le New York Times, la sexologue Tammy Nelson explique que les valeurs sur lesquelles se fondent les couples libres sont l’honnêteté et la transparence.

"Les couples ne perçoivent pas leurs désirs d’ailleurs comme des symptômes de dysfonctionnement, mais plutôt comme des marques typiques de l’espèce humaine et ils sont prêts à relever le défi ensemble", explique-t-elle.

Dans son livre sur le cerveau amoureux, le chercheur et psychiatre Serge Stoléru rappelait que notre espèce se situe à mi-chemin entre deux systèmes sociaux d’accouplement cohérents.

Et se posait la question :

"Est-ce l’évolution qui a fait de nous une espèce ni tout à fait fidèle ni tout à fait infidèle, nous mettant parfois aux prises avec les quelques affres morales ?"

Dans son enquête, la journaliste du New-York Times, mariée depuis 14 ans, parle aussi très bien de ses propres réticences morales au mariage libre et des idées reçues qui circulent sur ces couples :

qui mettent "de façon indécente plus d’énergie dans leurs aventures sexuelles que dans l’éducation de leurs enfants" ;
qui ont des problèmes de petits bourgeois.

La journaliste a elle fini par considérer que ceux qui choisissent cette option ne sont pas forcément ceux qui sont le plus portés sur le sexe, mais ceux qui valorisent le plus les nouvelles rencontres et qui encaissent le moins bien le caractère répétitif de la vie de couple.

Le pays du Bizarre

Daniel et Joseph-l'amant finissent par se rencontrer dans un bar.

L’anxiété de Joseph, avant et pendant cette rencontre, a un effet apaisant sur Daniel. Le mari sent que le type qu’a choisi sa femme n’est pas une véritable menace pour son couple. En rentrant chez eux, Daniel et Elizabeth font l’amour -- un classique, c’est ce que les polyamoureux ont l’habitude d’appeler le "sexe de réappropriation" ("reclamation sexe").

Daniel décrit la plongée dans "Le pays du Bizarre" qui a suivi. C'est sa femme qui va le prendre en photo pour illustrer son propre compte OkCupid. Une nuit, alors qu’elle dort chez son amant, il découvre qu’elle a laissé sous son oreiller à elle, là où il finit toujours par mettre son bras la nuit, un mot d’amour pour lui.

Un jour, Daniel se met devant un ordinateur et dresse la liste des pour et des contre du nouvel arrangement. Dans les contre, il écrit :

“Ma femme est distraite par sa nouvelle relation, cela l’extrait souvent de nos moments à nous."

Dans l'autre colonne, il écrit qu'il trouve que son couple est beaucoup plus dans le dialogue et l’introspection et que le mariage est globalement de meilleure qualité.

Elizabeth pousse Daniel à tenter l’expérience. Elle veut que lui aussi ressente l’énergie des nouvelles relations ("new relationship energy" ou NRE). Daniel recontacte alors une femme rencontrée deux ans auparavant avec laquelle il avait un peu flirté à l'époque.

Les détails de l'escapade

Il va dîner avec elle, ça se passe bien, puis ils partent en week-end.

Il aime absolument le fait de pouvoir parler avec elle de l’amour qu’il ressent pour sa femme. Et quasiment dans le même instant, pouvoir lui faire l'amour et commander du fromage fondu en room service.

Il est au paradis en fait.

A son retour, alors que sa femme prétendait n’avoir aucun problème avec l'escapade, il la trouve pète-sec. Elizabeth finit par lui expliquer qu’elle est contrariée par des détails. Lui a "consommé" la relation tout de suite, alors qu’elle a attendu avec Joseph.

Elle n’a pas non plus aimé le fait qu’il lui téléphone pour dire bonjour pendant le week-end, mais qu’il mette rapidement fin à la conversation à cause d’un appel du boulot, sans rappeler ensuite... Daniel est hyper soulagé : ce ne sont pas des reproches de fond, il va pouvoir y répondre.

Finalement, la relation de Daniel et de sa nouvelle copine ne tient que quelques mois : elle habite dans un autre Etat, c'est trop compliqué de se voir. Elizabeth continue elle de voir Joseph que Daniel considère maintenant faire partie de sa tribu -- il lui envoie des SMS de réconfort quand il a la grippe.

Au moment de la publication de l'article, tout va bien entre Daniel et Elizabeth. Mais on ne sait pas comment tout ceci va se terminer. Dans son enquête, la journaliste raconte aussi les histoires de Zaeli, Joe et Blake. Ou de Jamie et Rich et pour eux, ça aboutit à un divorce.

Au milieu de son papier, Susan Dominicus cite Ester Perel, l’auteur d'un livre sur l’infidélité. Selon cette dernière : le plus souvent, la personne la plus enivrante que l'on rencontre quand on a une aventure est un autre soi-même. 


Auteur: Nouvel Obs - Nouvelobs.com






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Commentaire (4)


Anonyme En Mai, 2017 (18:21 PM) 0 FansN°: 1
C'est qui le new york time? C'est simple, dans ce monde actuel, chaqun peut ecrire du n'importe quoi! Mais grace a DIEU nous ne somme pas obliger a croire en leur betises.
Anonyme En Mai, 2017 (18:29 PM) 0 FansN°: 2
que des pervers, pensez a votre tombe.

Vous mettez des photos d'Africains sur des sujets d'ailleurs. Cest malhonete, mais sachez que vos enfants, et vos grands enfants en soufriront, de cette perversite que vous voulez imposer aux Senegalais.... La honte Seneweb
Anonyme En Mai, 2017 (23:39 PM) 0 FansN°: 3
Quand allez-vous arrêter ces confessions et autres révélations qui poussent au libertinage et à la délinquance ? Pourquoi publiez-vous cela? Vous voulez nous donner des mauvaises idées?

C'est tout ce que vous avez à nous montrer? Pour un site d'information, c'est pitoyable! Est-ce ça qui va nous sortir de nos problèmes et nous aider à construire le pays? Lamentable! Quel est l'intérêt de publier cela?

Tam En Mai, 2017 (09:34 AM) 0 FansN°: 4
de garce arrêté de publié des bêtises nous avons une religion et des valeurs nous ne sommes pas des américains nous sommes des sénégalais et nous ne sommes pas perdu.



déçu.

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