Seydi Gassama, Amnesty : « Le Niger et la Libye sont des zones de transit d’esclaves»

  • Source: : Seneweb.com | Le 01 mai, 2017 à 22:05:49 | Lu 2551 fois | 3 Commentaires
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Seydi Gassama, Amnesty : « Le Niger et la Libye sont des zones de transit d’esclaves»

Suite au nombreux cas d’expulsions d'émigrés clandestins originaires de Sédhiou, Amnesty International/Sénégal déroule un paquet d’activités de sensibilisation dans les différents départements de la région. L’objectif est de dissuader les jeunes à emprunter les voies clandestines qui, au lieu de mener vers l’Eldora tant rêvé, conduisent inévitablement à la mort. Dans un entretien accordé à Seneweb, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty au Sénégal, fait constater que les projets d’insertion des jeunes, créés pour les retenir dans leur terroir, ne sont point attractifs.

Quel était l’objet de l’atelier que vous venez de tenir ici à Sédhiou ?

Nous sommes à Sédhiou dans le cadre de nos activités de sensibilisation sur l’émigration clandestine. Vous savez que l’émigration clandestine est un fléau en matière de droits humains parce que beaucoup de jeunes de cette région et du Sénégal perdent la vie sur le chemin de l’émigration clandestine en traversant la mer ou le désert. Aujourd’hui, c’est connu de tous, le Niger et la Libye sont devenus des zones de transit d’esclaves. Beaucoup de jeunes sénégalais revenus, racontent des scènes horribles de personnes kidnappées et torturées par des bandes armées. Elles exigent à leurs familles restées au Sénégal à envoyer de l’argent. Ce sont des bandits criminels. C’est pourquoi, il faut sensibiliser les jeunes qui ne sont pas encore partis pour qu’ils sachent que cette aventure est périlleuse et qu’elle ne permet pas forcément d’arriver à ce qu’ils considèrent comme étant l’Eldorado européen.

Qui étaient concernés par cette sensibilisation ?

Sont concernés par cet atelier, les jeunes leaders. Il s’agit des responsables de mouvement de jeunes, de femmes, des mères de famille mais surtout des personnes revenues de leur mésaventure. Nous avons sensibilisé ceux qui ont déjà tenté l’émigration sans succès sur les voies et moyens de réussir chez soi. A l’endroit de ceux qui n’ont pas encore tenté l’aventure, nous avons exposé les risques, les conséquences terribles et effroyables vécus par les premiers en mer ou dans le désert. Nous avons l’espoir, qu’une fois retournés dans leur communauté, ils seront des relais pour dissuader leurs frères et sœurs candidats au départ risqué.

Quelles réponses aux témoignages émouvants des jeunes expulsés ou revenus d’eux-mêmes faute de mieux ?

Je voudrais profiter de votre entretien pour dire à l’Etat du Sénégal, qu’il faudrait qu’une attention particulière soit accordée aux jeunes qui reviennent volontairement ou expulsés. Ils sont dans une situation de désespoir psychologique. Souvent ils reviennent bredouilles, malades dans des familles qui ont tout perdu pour les aider à partir. Ces jeunes-là, l’Etat doit les soutenir, les aider à s’insérer dans la vie active même s’il n’est responsable de leur mésaventure. C’est le prix à payer pour éviter des récidives car, le fait de faire perdre à la famille tous ses biens, peut créer chez le revenant ou le refoulé le sentiment d’avoir appauvri une famille. Dans ce cas, l’idée de récidiver peut à nouveau l’animer.

Concrètement que faut-il faire ?

Le service régional de la jeunesse a participé à l’atelier et a informé les jeunes des différents projets et des opportunités d’emplois que l’Etat a mis en place. Malheureusement, ces projets, loin d‘être attractifs, suscitent beaucoup de méfiance chez des jeunes parce que les taux d’intérêt appliqués au niveau de ces projets sont prohibitifs. Ils égalent celui des banques. Un taux de 7% pour un financement entièrement garanti par l’Etat me semble excessif.

Donc, il faut que l’Etat revoie ce taux à la baisse pour que ces financements soient attractifs pour les jeunes. Je suis d’avis que la meilleure manière de retenir les jeunes sur place, c’est de leur offrir des opportunités et ces opportunités, il faut que l’Etat s’attèle à les créer. Les initiatives telles que les domaines agricoles communautaires, les agences nationales de promotion des jeunes sont déjà très bonnes mais il ne faudrait pas qu’elles constituent des risques pour les jeunes du fait du taux d’intérêt très élevé.
Propos recueillis par Paul FAYE
 Correspondant Seneweb.Com


Auteur: SenewebNews - Seneweb.com






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Commentaire (2)


Anonyme il y a 3 semaines (22:44 PM) 0 FansN°: 1
MR GASSAMA, AVEZ VOUS ENQUÊTÉ SUR LES CIRCONSTANCES QUI ONT AMENÉ NOTRE SOEUR MBAYANG DIOP A TUER SON EMPLOYEUR EN ARZBIE SAOUDITE ? ETAIT-ELLE PERSÉCUTÉE JUSQU'À CE POINT SANS AUCUN MOYEN DE DÉFENSE ET DÉSESPÉRÉE ? QU?VEZ-VOUS FAIT POUR LASSISTER ET LUI VENIR EN AIDE ? ET POUR ACCOMPAGNER L'ÉTAT DANS SES DÉMARCHES.
Anonyme il y a 3 semaines (04:44 AM) 0 FansN°: 2
qui ose aller en arabie Saoudite pour parler de DROIT DE L'HOMME.dE GRACE EN CE CONCERNE Mbayang Diop n'allez pas la-bas pour evoquer des droits de l'homme car elle sera purement et simplement executee et vous n'y pourrez rien.Prions pour que la famille lui pardonne son acte....

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