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Aïssatou Françoise Seck, journaliste sportif : «On ne peut pas briller dans 54 disciplines avec 1% du budget national»
   Par Leseengalais | Lesenegalais.net |  Lundi 19 novembre, 2012 19:11  | Consulté 10191  fois  | 11 commentaires   Favoris
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Elle fait partie des journalistes les plus talentueuses de sa génération. Elle, c’est Aïssatou Françoise Seck. Amoureuse du sport depuis le bas-âge et passée par le CESTI, journaliste sportive aujourd’hui, elle constitue avec ses consœurs des médias, des femmes qui n’ont rien à envier aux hommes dans ce métier qu’elle adore et qu’elle a choisi de faire. Dans un entretien qu’elle nous a accordé, Françoise Seck est revenue sur ses débuts dans le journalisme, l’ascension des femmes dans les médias, son opinion concernant la crise qui sévit dans le football sénégalais entre autres. Entretien.

Comment êtes-vous devenue journaliste sportive ?

Je suis sortie du CESTI en 2003 en même temps que les Aïssatou Diop Fall, Ramata Dème, Pape Mady Diop. Mais avant d’être journaliste, j’ai d’abord étais secrétaire de Direction à la RTS. Toutefois, je sentais que ce n’était pas ma vocation. C’est là que j’ai participée au concours d’entrée au CESTI que j’ai réussi par la suite. Dès lors, mon rêve de devenir journaliste s’est réalisé, en ce moment précis conjugué à mon retour à la RTS. Cette fois-ci en tant que reporter sportive. Actuellement, j’occupe le poste de chef de desk sport depuis août dernier et j’essaie de me mouvoir dans le sport. Depuis ma tendre enfance, j’accompagnais, chaque fois, mon grand père Emmanuel Verisimon qui était membre de la ligue de Ziguinchor à l’époque, pour suivre les matches du Casa sport en championnat du Sénégal de football. Cette passion pour le football ne m’a jamais quitté. Quand je suis allée au lycée,  je suivais les navétanes (championnats populaires organisés dans les quartiers pendant les vacances scolaires)  et je m’impliquais dans les activités sportives notamment avec l’équipe de mon quartier Sandial du Plateau. Ensuite, j’ai gravi très vite les échelons pour aller à la zone 1 de Dakar. J’ai intégré l’ODCAV avant de rallier l’ORCAV et d’occuper le poste de vice-présidente, chargée des affaires culturelles. Par la suite, je me suis retrouvée à la Ligue de Dakar grâce à Tidiane Camara, actuel directeur de cabinet du maire de Gorée, Augustin Senghor.  J’ai adhéré à la FSF, je faisais partie des membres coptés par le président Daouda Faye pour conduire le CDT (commission direction technique) de football après la débâcle du Sénégal pendant la CAN 1992. 

Comment jugez-vous l’ascension des femmes dans les médias ?

L’ascension de la gent féminine dans les médias et les instances sportives est une bonne chose. Il y a une génération de femmes qui fait un excellent travail sur le plan sportif à l’image de Coumba Diakhaté Mar,  Mame Fatou Ndoye,  Aby Ndiaye, pour ne citer que celles-là. Je me suis toujours battue pour que les femmes intègrent soit les instances sportives, soit les rédactions sportives. Quand j’étais chargée du football féminin au niveau de la FSF, c’était quelque chose de nouveau aux yeux des gens. En général, ils étaient 33 hommes dans la salle de réunion pour discuter du football et les gens avaient tendance à oublier la présence d’une femme parmi les membres. C’était assez original. J’étais obligée de dire au président que j’étais présente parce qu’à chaque fois qu’il saluait l’assemblée, il se limitait à  prononcer le mot «messieurs». Mais, je lui faisais la remarque en disant «mesdames» pour leur signifier qu’il y avait une dame au sein de l’assemblée. C’était une manière de se battre pour m’imposer dans un milieu très macho, souvent réservé aux hommes. Mais, je pense que c’est au lendemain de la coupe du monde 2002 qu’elles ont commencé à intégrer les rédactions sportives en grande pompe. Et, dans ce sens, il faut continuer à travailler et à faire des recherches. Quand on n’aime quelque chose, il faut s’y investir à fond. Je pense que les femmes ont compris et elles ne vont pas se faire piétiner par les hommes. Et cela pas seulement dans le domaine sportif mais dans tous les secteurs d’activité. Aujourd’hui, les barrières sont tombées. Pourquoi les dames prennent le devant au niveau des secteurs du sport ? Aujourd’hui, les femmes suivent le sport en grand nombre au niveau des stades. 

Est-ce une récompense d’être nommée chef de desk à la RTS1 ?

Une récompense! Je ne saurai le dire. Peut être le destin, oui. Il y’a des valeurs de la trempe  d’Abdoulaye Dabo qui nous ont fait aimer le métier même si Abdoulaye Diaw n’est plus là (NDLR : à la RTS). Abdoulaye Dabo nous a mis sous son aile protectrice. Vous savez tout n’est pas linéaire  dans le sport. Il y a des hauts et des bas qui peuvent vite te décourager du métier en tant que femme. On trouve toujours auprès de  cet homme la force mentale pour rebondir ou alors prendre les choses du bon coté et avancer. Mais c’est vrai que ce n’est pas une mince affaire de gérer le desk Sports de la télévision nationale. C’est lourd et contraignant pour une femme, mais ça au moins le mérite d’être exaltant. Je pense que c’est un bon baromètre et ça nous permet d’aller de l’avant. Il y a les nouveaux qui sont là, il y a une bonne ambiance dans le travail. Ensemble, avec Abdoulaye Dabo, Pape Bigué, Pape Mady, un homme qui aime ce qu’il fait et tous les autres,  nous constituons une famille. Il n’y a pas de chef. C’est vrai qu’il y a chaque fois quelqu’un qui se met au devant pour cordonner les activités mais, dans nos têtes, dans notre manière de faire et dans la vie de tous les jours, on se considère comme des frères et des sœurs, dans une famille avec un père de famille qui se nomme Abdoulaye Dabo. 

Quelle appréciation faites-vous de la couverture médiatique autour de la tanière ?

C’est un couteau à double tranchant. Quand nous sommes dans la presse, quand vous constatez des anomalies dans le jeu ou bien au sein de l’équipe nationale et que vous le dites en tant que journaliste, les gens ne le comprennent pas ainsi. Parce que, les gens ont ancré dans leurs esprits que l’équipe ne peut pas perdre certains matches. En tant que journaliste, il faut essayer de trouver le juste milieu. Ma première grande déception au niveau du desk Sports, c’est quand il y a eu le problème entre la RTS1 et la FSF. Parce que tout simplement la FSF n’avait pas saisi pourquoi des éléments de la Côte d’Ivoire ont été diffusés (lors du match du 13 octobre). Cela n’est pas bien pour l’intégration africaine. Je suis désolée de le dire ici. Mais j’étais déçue quand même.  Les médias ne sont pas obligés de caresser chaque fois l’équipe nationale dans le sens du poil. Nous sommes également un organe de veille et d’alerte. Quand on sent qu’il y a quelque chose qui ne va pas, nous devons le dénoncer ou alerter les autorités pour que demain, on ne soit pas surpris par tel ou tel comportement ou tel ou tel résultat. Mais, malheureusement,  au Sénégal dès que vous jouez votre rôle d’alerte, automatiquement on vous pointe du doigt comme étant un adversaire. Dès lors, ils se trompent de cible en ne s’occupant plus de l’équipe adverse mais plutôt du journaliste qui a dit ceci ou cela. Au niveau de la RTS, nous avions confectionné des tee-shirts pour mobiliser les supporters derrière l’équipe. Aussi longtemps que remonte mon intérêt pour le football, je ne crois pas que la RTS ait une fois à faire des gestes de ce genre pour un match. Je ne pense pas que l’appel fait au public dans ce sens a fait que la situation a mal tourné. Non. 

Quels sont les enseignements à tirer de ces échecs ?

Quand on gagne c’est un processus, mais quand on perd aussi il y a des signes annonciateurs  dont il fallait tenir compte. Depuis belle lurette, il y a des symptômes qui s’annonçaient. Mais, les gens ont fermé les yeux. Il faut prendre notre courage à deux mains et se dire les vérités en face. On dit que nous sommes un pays de la téranga, mais au Sénégal il y a trop de « maslaa » (compromission) c’est la base de ce retard et toutes ces confusions. Il est temps que les acteurs s’inscrivent dans une autre logique. Nous allons vers des échéances importantes on n’a pas le temps pour des querelles internes. Il faut que tous les acteurs se mettent autour de la table pour qu’on sache qui fait quoi et qu’ils aillent dans le sens tracé par l’Etat du Sénégal. On n’a beau parler de CAF et de la FIFA, mais dans les pays africains celui qui détient les sous, c’est celui là qui dirige. Qu’on le veuille ou non, ça se passe comme ça. Il faut que les gens ramènent le débat à sa juste proportion et qu’on lave le linge sale en famille et non par presse interposée. Et je pense que le problème sera réglé d’ici mars. 

La question du sélectionneur national est- elle d’actualité?

Le sélectionneur national peut être de couleur rouge, noire, bleue, m’importe peu. Ce n’est pas le plus important. Ce qui m’intéresse, c’est que le coach soit quelqu’un de haut niveau qui connait les réalités du football local africain en général, qui connait nos joueurs et qui est capable d’élaborer un programme étalé sur X années pour nous permettre d’arriver à réaliser un résultat X. On ne peut pas aujourd’hui semer le matin, récolter à midi et manger le soir. Le football est devenu une industrie, il faut que l’Etat sache dans quelle discipline investir le plus pour remporter des médailles. On ne peut pas avoir 54 fédérations et briller dans ces 54 disciplines avec 1% du budget national, il faut être réaliste. 

Votre appréciation concernant la crise au sein des instances du football ?

Moi personnellement, j’ai quand même été actrice du football et aujourd’hui observatrice. J’ai été démissionnaire en 2008. C’est bien beau de démissionner. On déshabille Jean, on n’habille Paul. Mais les problèmes demeurent. Actuellement le président de la CCA (commission centrale des arbitres) a démissionné  mais vous ne pouvez pas avoir des arbitres officiels dans un mois. Ce n’est pas évident. Vous voulez installer une direction de l’arbitrage dans un délai aussi court. On ne peut pas former des arbitres en un temps record et après s’ils gâtent un match, vous vous retournez contre eux. J’ai l’impression que les acteurs du football tournent en rond. Il n’y a que de nouveaux foyers de tension. Au niveau du  football amateur, il y a deux présidents qui réclament leur légitimité, au niveau de la Ligue professionnelle, le président démissionnaire dirige les réunions de la Ligue. Cela n’a pas de sens. Il faut que ces gens arrêtent. On ne peut pas continuer dans cette voie. Il faut que le championnat démarre. Nos équipes doivent prendre part aux compétitions africaines, ce n’est pas sérieux. Avec ces lapsus nos clubs auront du mal à faire des bons résultats.

Vous avez suivi la dernière sortie de l’équipe nationale face au Niger, quelle analyse vous en faites?

Je n’ai pas suivi le match comme tous les Sénégalais. La RTS1 a pris les dispositions techniques nécessaires pour retransmette les images, mais le Niger n’a pas émis de signal. Le résultat est là, quand on voit le score 1-1 face au Niger. On peut s’en réjouir certes, mais je dis que le score n’est pas le plus important. Il y a des problèmes profonds au sein de la tanière. Il faut se ressaisir et aller au fond des choses. Que les dirigeants osent prendre le taureau par les cornes et qu’ils discutent les yeux dans les yeux. Il y a des joueurs qui ne sont pas venus, d’autres attendent la dernière minute pour renoncer à leur convocation. C’est comme si tout échappait à la Fédération. Il faut arrêter de penser que quand les journalistes émettent des critiques, c’est parce qu’ils sont contre les membres de la FSF. Il faut que cela cesse.

Etes-vous prête à occuper un poste au sein des instances du football ?

Malheureusement l’occasion ne s’est pas encore présentée mais, je ne pense pas qu’on n’a à me proposer quoi que ce soit.  Je préfère me concentrer à mon desk et au rayonnement de la RTS pour le moment.

 

YOUSSOUF B. H. SANE (stagiaire)

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Commentaires:   11   Total dont   1   En attente - ( Voir les commentaires sensibles) .
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Junke on November 19, 2012 (20:01 PM) 0 FansN°:1
Es ist vorbei. Vorbei.
Se on November 19, 2012 (23:29 PM)0 FansN°: 2235659
Elle ne ressemble pas à une journaliste sportive , ki " SATALEU " mounouko lab. Graisse kesseh , poupp rek
Fran on November 20, 2012 (08:23 AM) 0 FansN°:2
c'est une saleté celle la, elle ne croit en rien sinon qu' a ses interets,
Laba on November 20, 2012 (09:20 AM)0 FansN°: 2236163
tu as tout faux c'est toi l'escroc
Rosa on November 20, 2012 (09:21 AM)0 FansN°: 2236168
c'est pas vrai yow ya meuneu féne
Laba on November 20, 2012 (09:22 AM)0 FansN°: 2236172
doul ngueu dé
Madi on November 20, 2012 (09:05 AM) 0 FansN°:3
bravo et courage le sport local a énormément besoin de journalistes comme vous. merci
Teno on November 20, 2012 (09:38 AM) 0 FansN°:4
Bravo;une femme qui avance.
UFC on November 20, 2012 (09:54 AM) 0 FansN°:5
Arretez cette propagance. Cette femme, avec tout le respect que je lui dois, ne peut pas etre qualifiee de "journaliste de talent". Elle ne peut pas s'exprimer sans lire ses notes, toujours le nez dans ses notes comme dans un exercice de lecture.
Elle a des bras longs a la RTS ou elle avait travaille comme secretaire c'est tout.
Comment combattre un talentueux reporter comme Aboubacry Ba, et propulser cette femme comme chef de desk?
Ibrahima Mboup est aujourd'hui le meilleur reporter sportif sur RTS1. Tout le reste c'est couci couca.
Canal football club on November 20, 2012 (17:47 PM) 0 FansN°:6
Aliou CISSE, emerite joueur du senegal, c'est encore tot pour lui confier l'equipe nationale. certes il a fait une bonne campagne lors des jeux olympiques mais il a besoin de cotoyer un grand entraineur etranger pour apprendre davantage. La solution pour l'equipe nationale à l'etat actuel est de rechercher un coach qui connait le haut niveau en tant que joueur et entraineur et en meme temps ayant des connaissances sur les realités de l'Afrique. Et evidemment alain GIRESSE est mieux placé pour etre le meilleur choix. Vu son parcours, Alain GIRESSE a fait sortir le football Malien du coma dans lequel il se trouvait ainsi que le Gabon. Aujourd'hui le Mali et le Gabon font partie des meilleures equipes d'Afrique après chaque CAN. Et en tant que joueur il a joué la coupe du Monde et la coupe d'Europe. Aliou CISSE gagnerait beaucoup à cotoyer un tel coach. Concernant Sven Goran Erickson, il ne connait pas l'Afrique, n'a jamais conduit une equipe africaine en coupe d'afrique en dehors de la Cote d'Ivoire en coupe du monde seulement avant de partir et on connait le resultat. Pour jacques SANTINI, c'est comme aller à l'aventure hors le senegal est à uin virage important avec l'eclosion d'une possible generation dorée. J'INTERPELLE Maitre AUGUSTIN SENGHOR (que j'estime beaucoup) ainsi que tous les membres de la federation à ne plus commettre d'erreur de casting.

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