L’essentiel : Le Sénégal
Last November 13th, while attending a dinner in Princeton honoring former Nigerian Vice President Yemi Osinbajo, one of the guests, my colleague Aly Kassam-Remtulla, was telling me about a fond memory he had of his trip to Senegal. It was during Ramadan. He was in a taxi downtown, at the time of breaking the fast, with other passengers. He recalled how their taxi driver and passersby had spontaneously offered them bread, coffee, and dates so they too could break their fast. Listening to him, I couldn't help but smile, so perfectly did I recognize in his story the very essence of the Senegal I love.
But my smile quickly faded. I fell silent, as if trying to hide a secret, overwhelmed by the profound crisis our country is currently experiencing. I remembered the taxi driver, a father, who, during my recent stay in Dakar, confided in me that he could no longer even afford school supplies for his children, life had become so expensive. And the officer who let my undocumented taxi driver pass after he discreetly slipped him a 1,000 franc note. These two scenes, simple yet laden with meaning, reflect a society where despair and compromise seem to dominate daily life. I couldn't, as I would have spontaneously done, use Aly's wonderful experience in Senegal to extol the virtues of Senegalese society. Perhaps because I feel, like many of you, the vast gulf between what we were and what we are becoming.
Since that evening, one question has continued to haunt me: what does it mean to be Senegalese today?
While reflecting on this question, a quote from the great 19th-century Egyptian poet Ahmad Shawqi comes to mind: “Nations exist only through morality: if their morality disappears, they disappear too.” It is undeniable that our customs, the expression of our values, have dangerously deteriorated. We are trading teranga, our legendary hospitality, for increasingly blatant xenophobia. We are exchanging kersa (modesty and restraint) for impudence and vulgarity. Peace, once our hallmark, is crumbling under the weight of injustice and violence, as illustrated by the resurgence of armed attacks and violence against women and children. We are replacing joking relationships with hatred and making an enemy of anyone who disagrees with us. We have reached a point where anyone can be the target of the most abject insults, simply for expressing a different opinion. Knowledge and truth sometimes seem to lose their importance as soon as they clash with our partisan interests. Nothing is more sacred.
At a time when we are rightly concerned about the economic crisis, we should also be alarmed by the gradual erosion of the social fabric that, until now, united us. The dramatic situation we are experiencing is nothing other than the consequence of inflated egos, corrosive individualism, a crisis of values, and a loss of our sense of priorities. We have tipped into a society where everything is political. Everyone has become a politician. Everyone sees their neighbor as a potential adversary. This political frenzy has eroded our moral compass. Loyalty to a leader or a party takes precedence over everything else. But we must remember that Senegal is more essential than any individual, any party. It must be. And it is this conviction that should guide us in these uncertain times.
Senegal has always been a beacon of stability in West Africa, a model of unity and dialogue. Today, faced with these tensions, it is vital that we remember what has made us strong. For we cannot emerge from this economic crisis, which is fundamentally about identity, and prevent future crises, except by rediscovering and protecting what constitutes our collective identity. And it is from this shared responsibility, regardless of our occupation or where we may be, that each of us must act.
For the President, the responsibility is to remember that he was elected to serve Senegal, not his Prime Minister, regardless of their personal or political ties. For the Prime Minister, the responsibility is to respect the institutions that structure the nation and accept that his mission is to enable the President to fulfill his mandate effectively. For Ministers and other government officials, the responsibility is to manage their portfolios with seriousness and commitment, not to be drawn into partisan squabbles on social media to demonstrate their loyalty to their political leader. For Members of Parliament, the responsibility is to represent the voice of the people, not to act as activists serving a party. For the Opposition, the responsibility is to offer constructive criticism of the government's actions, not to engage in destabilization. For the Judiciary, the responsibility is to guarantee swift, impartial justice, free from political allegiances, in order to ensure stability and peace. For journalists, the responsibility is to understand that their editorial choices shape public debate and mold our collective consciousness. For parents and educators, the responsibility lies in reaffirming their fundamental role as the primary transmitters of values, despite the difficulties they face. For young people, finally, the responsibility is to channel their energy into education and vocational training, to resist all forms of political manipulation, and to prepare themselves to become the guardians of an upright Senegal.
Commentaires (11)
Il y a des moments où le silence aurait davantage servi ta crédibilité que ces sorties précipitées qui ressemblent plus à une crise d’adolescence politique qu’à une prise de position responsable.
Ta volonté de jouer au procureur improvisé ferait sourire si elle n’était pas si maladroite : tu t’ériges en gardien de la morale alors que tu n’as ni le mandat, ni l’envergure institutionnelle, ni même l’expérience pour prétendre distribuer des jugements.
Mais rassure-toi : la colombe ne se retourne jamais pour répondre au crapaud — elle plane. Toi, tu croasses encore au pied de l’arbre en espérant qu’on te remarque.
S’attaquer à une femme qui a servi l’État avant même ta majorité politique n’est pas du courage : c’est de l’ingratitude, voire un manque de respect qui n’honore même pas celle qui t’a élevé. Avant de prétendre évaluer les autres, commence par apprendre la retenue, la modestie, et la gravité qui sied aux responsabilités que tu sembles tant convoiter.
La République ne se gouverne pas avec des petites phrases ni des caprices d’humeur. Quand tu auras fini de t’agiter, les adultes continueront le travail.
Cette situation désastreuse que nous vivons a coïncidé avec l'irruption de pastef sur la scène politique, je ne sais pas si ça a un rapport mais depuis les valeurs telles que: la politesse, la courtoisie, la divergence saine d'opinion, la non violence, le respect de l'autre...ont disparus.
Je dis ça je ne dis rien car j'ai voté pour le président BDDF à qui je renouvelle mon estime et le prie de tout faire pour réconcilier les sénégalais et ramener nos valeurs d'antan. La tâche va être difficile mais nous sommes obligés d'y croire.
Vouloir restaurer la « morale » sans interroger les causes systémiques de son effondrement revient à soigner une fracture avec un pansement. Voici trois points fondamentaux qui manquent à cette réflexion sur « l'essence du Sénégal ».
1. Le mythe du « paradis perdu » et la réalité de la prédation
L’auteure oppose un passé idéalisé (celui de la Teranga spontanée) à un présent marqué par la compromission. Or, les événements récents nous obligent à un constat beaucoup plus cynique mais nécessaire : ce Sénégal dont elle est nostalgique était, pour beaucoup, une illusion confortable qui masquait une réalité sordide.
Ce que les audits et les communications du nouveau gouvernement ont révélé va bien au-delà d'une simple « crise des valeurs » citoyenne. La découverte de la dette cachée et les scandales financiers en cascade ont montré que pendant que le peuple cultivait la kersa et le partage, une partie de l’élite érigeait le vol, le mensonge d’État et la corruption en système de gouvernance. La pauvreté du taximan qu'elle cite n'est pas un accident moral, c'est la conséquence directe de ce pillage organisé. Regretter la "perte d'élégance" du débat public sans mentionner la violence de cette prédation économique, c'est confondre la civilité avec la justice.
2. « Sonko moy Diomaye » : Une réalité politique, pas un slogan
Dans son appel à la responsabilité, le Professeur Dieng exhorte le Président à servir le Sénégal « et non son Premier ministre ». Cette lecture, bien que conforme à une vision classique des institutions, ignore totalement les conditions exceptionnelles de l'accession au pouvoir du duo actuel.
Aucun observateur sérieux ne peut ignorer que l'élection de Bassirou Diomaye Faye est le résultat d'une stratégie politique inédite résumée par le mantra « Sonko moy Diomaye ». Ce n’était pas qu’un simple slogan de campagne, mais un contrat moral et politique passé avec le peuple sénégalais. Tenter d'analyser leur relation sous le prisme d'une rivalité institutionnelle standard ou demander au Président de s'affranchir de cette dynamique, c'est nier la volonté populaire qui a validé ce ticket exécutif bicéphale. La légitimité du Président est intrinsèquement liée à ce projet commun ; vouloir les dissocier au nom d'une « préservation des institutions » sonne faux par rapport à la réalité du mandat qui leur a été confié.
3. L'exigence de résultats plutôt que de morale
Enfin, le texte glisse vers une moralisation du débat public, où chacun devrait « rester à sa place » et être poli. C’est oublier que le Président Diomaye Faye n'a pas été élu pour être un simple gardien des mœurs ou un symbole d'unité abstraite, mais sur la base d'un programme de rupture clair et des promesses fermes.
Le peuple sénégalais, fatigué par la vie chère et les injustices, est en droit d’exiger que ces promesses soient tenues. La priorité n'est pas tant de restaurer une courtoisie de façade entre les acteurs politiques, mais de s'assurer que le contrat social (celui du développement, de la souveraineté économique et de la justice) soit respecté. Le fossé actuel ne se comblera pas par des sermons sur le savoir-vivre, mais par la satisfaction des besoins matériels et la reddition des comptes.
En somme, si l'appel à l'apaisement du Professeur Dieng est louable, il ne doit pas servir à occulter la nécessité de nettoyer les écuries d'Augias. Le Sénégal ne traverse pas seulement une crise d'identité, mais une crise de vérité. Et la vérité est souvent moins polie que la nostalgie.
- Ton ami A. M.
Nous avons troque l'echange, les belles idees, le savoir, les belles lettres, les belles valeurs, un systeme educatif capable bon an -mal an de sortir des elements brillantissines (dont surement les deux sus-mentionnes) contre une sorte de Mediocrite generalisee, de decadence lente....
Revenir du Maroc et dAbidjan tout recemmnent mont fait palir denvie tant il est evident que ces deux pays sont sur une meilleure dynamique.
Alors je suis peut etre tout simplement un ancien nostalgique. Mais ces propos ont fait un terrible echo en moi et ont presque reussi exprimer quelque chose que je ressentais confusement enm moi sans pouvoir lexprimer- Sans doute par manque de talent et de capacite danalyse, mais le ressenti et la certitude nen etaient pas moins claires en moi.
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