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YOUSSEF EL ALI, SCAPHANDRIER ET FILS DE ALI HAIDAR : « un renflouement total du bateau est impossible»

Auteur: Mbaye THIAM (Stagiaire)

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Expert scaphandrier, Youssef El Ali doute de la possibilité de renflouer totalement l’épave du bateau «Le Joola». Selon le fils d’Ali Haidar, l’épave a beaucoup souffert et ne peut être extraite de l’eau que par portions.

Pouvez-vous présenter ?Je suis Youssef El Aly. Je suis expert scaphandrier de classe 2/A diplômé de l’Institut nationale de plongée professionnelle de Marseille. Je suis également Directeur général du centre de la mer. On fait surtout des expertises d’ouvrages d’arts maritimes comme les bateaux.Qu’est ce qui vous lie au bateau «Le Joola» ?Nous avons effectué avec l’Oceanium de Dakar une mission sur «Le Joola». C’était sur ordre du gouvernement pour faire l’étude de faisabilité d’extraction d’objets personnels et autres de l’épave du «Le Joola». On avait aussi pour mission de voir l’état du bateau après cinq ans sous l’eau.Quelles sont les conclusions de ladite mission ?C’était en fin 2006 début 2007, déjà à l’époque nous avions remarqué que le renflouement devenait très difficile. Parce que l’épave avait beaucoup souffert, comme toute épave qui a fait plus de six ans sous l’eau. Elle était cassée et disloquée.Est-ce que ça veut dire que son renflouement n’est plus possible ?Le renflouement est de moins en moins possible. Même si on peut dire que c’est toujours possible. Il y a juste des moyens plus développés à mettre en oeuvre. Il faut juste mettre les moyens qu’il faut. Ma dernière visite sur l’épave du «Le Joola» remonte en fin 2006 début 2007. On peut alors s’attendre à ce que l’épave soit encore plus dégradée ce que cette inspection avait montré à l’époque.Est-ce que vous pouvez être plus clair…Les moyens que les gens mettent en oeuvre pour sortir un bateau de cette taille doivent être conséquents. Une fois le bateau sorti de l’eau, il faut le mettre à terre. Et ces moyens logistiques on ne les a pas au Sénégal. Cependant, il y a des techniques qui sont développées dans des pays comme la Hollande. Mais ce sont des techniques à des centaines de milliards. Est-ce que l’Etat du Sénégal a les moyens d’y recourir ? C’est une autre question. Je pense que tout ce qui doit être fait doit l’être par l’Etat et par les familles des victimes. C’est à eux de déterminer ce qu’il faut faire. Et puis, après, nous les techniciens nous tenterons de mettre en oeuvre, en fonction des moyens. Quand le bateau a coulé, il suffisait de mettre de l’air à l’intérieur pour qu’il puisse flotter. Ce qui n’a pas été fait. Aujourd’hui, le bateau est disloqué et cassé en plusieurs morceaux. Donc, on ne peut sortir que des morceaux. Maintenant, il y a d’autres procédés qui sont possibles avec l’accord des familles des victimes, notamment un renflouage partiel d’objets symboliques comme la cabine, les objets personnels des gens, etc.En tant que technicien que prônez-vous ?Nous, en tant que techniciens, nous répondons à des besoins définis en amont. Je ne sais pas de quel renflouage il s’agit, mais si c’est un renflouage total pour sortir «Le Joola» comme on l’avait vu sur le bateau, là c’est impossible ! Mais s’il s’agit de renflouements partiels, là oui, c’est encore possible. 

Auteur: Mbaye THIAM (Stagiaire)
Publié le: Mardi 25 Septembre 2012

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