Seneweb Eco : Le banquier Seydina Alioune Ndiaye alerte sur un service de la dette à 90 % des ressources
Le banquier d’affaires Seydina Alioune Ndiaye estime que la dette publique du Sénégal est devenue « extrêmement pesante ». Invité de l’émission Seneweb Eco ce dimanche 24 mai 2026, l’économiste a affirmé que le pays fait face à « un vrai problème économique » avec un service de la dette qui « consomme plus de 90 % des ressources ».
Il soutient même que le niveau réel de l’endettement dépasserait largement les estimations officielles. « Quand vous avez un service de la dette écrasant, aussi bien pour la dette extérieure qu’intérieure, et que vous êtes dans un pays où les marges de manœuvre sont quasi inexistantes, il y a un problème extrêmement grave », a-t-il déclaré.
Pour M. Ndiaye, la crise actuelle se traduit avant tout par une raréfaction de la liquidité dans l’économie sénégalaise. « L’argent ne circule pas et l’argent ne rentre pas », résume-t-il. En ce sens, le banquier d’affaires invite instamment l’État du Sénégal à restructurer sa dette pour ne pas s’exposer à « un chaos désorganisé ».
Alors que l’État du Sénégal a récemment eu recours à des opérations financières complexes dites de Total Return Swap (TRS) pour franchir le « mur de la dette » du premier trimestre 2026, M. Ndiaye a vivement critiqué ces mécanismes. Selon lui, ils ne règlent pas le problème de fond : « C’est une ingénierie que je trouve très déplacée et dont je juge les conséquences éminemment plus catastrophiques que les résultats que l’on peut obtenir sur le court terme. Je veux parler des TRS », a-t-il martelé.
Évoquant les relations entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI), Seydina Alioune Ndiaye a rejeté toute idée de complot international contre le pays. « C’est le Sénégal qui va voir le FMI », a-t-il rappelé, dénonçant ce qu’il qualifie de « victimisation primaire ». Il appelle en ce sens les autorités à renouer d'urgence avec la « diplomatie économique » et à s’ouvrir davantage aux compétences sénégalaises évoluant dans la finance internationale.
Par ailleurs, l'économiste a salué la décision du président Bassirou Diomaye Faye de reprendre personnellement le contrôle de ce dossier. Un arbitrage qui constitue, selon lui, un aveu des difficultés rencontrées jusque-là dans les négociations. « Le président de la République prend personnellement en charge ce dossier-là. Cela veut dire que les personnes à qui il avait confié cette mission soit n’ont pas de résultats, soit sont incompétentes pour en obtenir », a-t-il soutenu de manière incisive.
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