Escroqueries aux USA : Un ghanéen poursuivi pour des fraudes visant des personnes âgées
Un ressortissant ghanéen, inculpé en décembre dernier par un grand jury fédéral américain pour des faits d’escroqueries à grande échelle visant des personnes âgées, a été présenté récemment devant la justice de son pays. Les autorités ghanéennes doivent désormais statuer sur une éventuelle extradition vers les États-Unis, où l’homme est poursuivi pour des faits estimés à plus de huit millions de dollars.
Selon l’acte d’accusation rendu public par la justice américaine, Frederick Kumi, également connu sous les alias Emmanuel Kojo Baah Obeng et Abu Trica, est âgé de 31 ans et originaire de Swedru, dans le centre du Ghana. Il est soupçonné d’avoir joué un rôle actif au sein d’un réseau criminel structuré, spécialisé dans les escroqueries sentimentales à l’échelle internationale, principalement sur le territoire américain.
Des victimes âgées ciblées à travers les États-Unis
D’après les éléments versés au dossier, le réseau auquel appartenait Frederick Kumi aurait ciblé, depuis 2023, des personnes âgées résidant dans plusieurs États américains. Les victimes, souvent isolées, auraient été approchées à travers des plateformes numériques et des applications de messagerie. Les enquêteurs décrivent un mode opératoire fondé sur l’établissement de relations personnelles étroites, présentées comme des relations amoureuses à distance. Ces échanges, parfois étalés sur plusieurs mois, reposaient sur des conversations fréquentes, mêlant appels téléphoniques, courriels et messages instantanés. Progressivement, les auteurs gagnaient la confiance de leurs interlocuteurs, jusqu’à obtenir des transferts d’argent ou des biens de valeur. L’acte d’accusation souligne un élément central du dossier : l’usage de logiciels d’intelligence artificielle pour usurper des identités crédibles.
Les demandes d’argent adressées aux victimes étaient justifiées par divers prétextes, allant de prétendus besoins médicaux urgents à des frais de voyage imprévus, en passant par des projets d’investissement présentés comme particulièrement attractifs. Selon les enquêteurs, ces scénarios étaient adaptés à chaque victime, en fonction de son profil et de sa situation personnelle. Une fois les fonds transférés, Frederick Kumi aurait travaillé en lien étroit avec un réseau de complices chargés de redistribuer l’argent. Les sommes collectées transitaient notamment par l’État de l’Ohio avant d’être envoyées vers le Ghana et d’autres destinations. Les autorités américaines soupçonnent le mis en cause d’avoir occupé une position centrale dans cette chaîne financière, facilitant la circulation des fonds entre l’Amérique du Nord et l’Afrique de l’Ouest. Ces éléments ont contribué à renforcer la qualification de l’affaire, désormais traitée comme une enquête de criminalité transnationale organisée.
Une enquête menée par une coalition d’agences ghanéennes et américaines
L’arrestation de Frederick Kumi, intervenue au Ghana le 11 décembre 2025, est l’aboutissement d’une enquête de longue haleine conduite par une coopération étroite entre plusieurs institutions. Côté ghanéen, le bureau du procureur général, l’EOCO (Bureau de lutte contre la criminalité économique organisée), le service de police, l’Autorité de cybersécurité, la Commission de contrôle des stupéfiants (NACOC) ainsi que le Bureau national du renseignement ont été mobilisés. Du côté américain, l’enquête a impliqué l’unité d’enquêtes sensibles de la Drug Enforcement Administration (DEA), le service des enquêtes de sécurité intérieure du département de la Sécurité intérieure, le Bureau des affaires internationales du département de la Justice et le bureau de l’attaché juridique du FBI à Accra. Cette mobilisation conjointe illustre la dimension internationale du dossier. Lors de son transfert de la maison d’arrêt au tribunal, des mesures de sécurité inhabituelles ont été observées. Les autorités judiciaires ghanéennes ont fait appel à des unités d’élite de la Narcotics Control Commission, réputées pour leur discipline et leur étanchéité face aux tentatives de corruption.
Ce dispositif renforcé tranche avec les procédures habituellement appliquées dans les affaires d’escroquerie numérique. Selon plusieurs sources proches du dossier, ces précautions s’expliquent par le profil du suspect et par les risques identifiés en amont de son extraction. Malgré son apparence juvénile, Frederick Kumi est décrit comme un individu au parcours complexe. Selon des éléments communiqués aux autorités, il aurait, dès l’adolescence, entretenu des liens avec des gangs jamaïcains basés à Londres, connus pour leur recours à la violence comme mode opératoire. Ces fréquentations précoces auraient contribué à forger un réseau de contacts et une expérience criminelle qui, selon les enquêteurs, dépassent le cadre classique des escroqueries en ligne. Le montant total des sommes en jeu, estimé à près de cinq milliards de francs CFA, renforce cette lecture. Frederick Kumi est également soupçonné d’avoir servi de point de contact en Afrique de l’Ouest pour plusieurs cartels sud-américains. Ces allégations, encore à l’étude, expliquent en partie l’implication de la DEA et de la Commission ghanéenne de contrôle des stupéfiants dans l’enquête.
Les autorités restent prudentes sur ces accusations, qui devront être étayées devant les juridictions compétentes. Néanmoins, elles renforcent l’hypothèse d’un réseau aux ramifications multiples, mêlant cybercriminalité, blanchiment de capitaux et criminalité organisée. La justice ghanéenne doit désormais se prononcer sur la demande d’extradition formulée par les États-Unis. Cette procédure, encadrée par des accords bilatéraux et par le droit ghanéen, pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Pour les autorités, l’enjeu dépasse le cas individuel de Frederick Kumi. Il s’agit aussi d’adresser un signal clair sur la coopération judiciaire internationale et sur la détermination du Ghana à lutter contre les formes modernes de criminalité transnationale, dans un contexte où les escroqueries numériques continuent de gagner en sophistication.
Commentaires (1)
This is what I do......................................... CASH54.COM
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.