Frères musulmans : les Émirats restreignent l’accès de leurs étudiants aux universités britanniques par peur d’un endoctrinement
Abou Dhabi a drastiquement réduit les bourses pour ses étudiants souhaitant étudier au Royaume-Uni. En cause : la crainte d’une radicalisation islamiste sur les campus, liée à l’influence des Frères musulmans que Londres refuse d’interdire.
Les Émirats arabes unis ont pris une décision radicale et pour le moins surprenante : restreindre l’accès de leurs étudiants aux universités britanniques. Abou Dhabi craint que ses ressortissants ne soient exposés à une radicalisation islamiste sur les campus du Royaume-Uni.
Selon les révélations du Financial Times et du Times publiées jeudi 8 janvier, le gouvernement émirati a réduit le financement fédéral destiné aux inscriptions de ses ressortissants dans les universités britanniques. Des responsables émiratis informés du dossier ont confirmé au quotidien britannique que ces restrictions visent les « préoccupations concernant l’influence des Frères musulmans », entre autres motifs.
Le gouvernement émirati n’impose pas d’interdiction totale : les familles les plus aisées peuvent toujours envoyer leurs enfants étudier au Royaume-Uni en payant elles-mêmes les frais. Mais les bourses généreuses accordées aux citoyens émiratis – qui couvrent les frais de scolarité, de voyage, de subsistance et d’assurance maladie – ne sont plus disponibles pour les universités britanniques.
Une chute spectaculaire des inscriptions
L’impact de cette mesure se fait déjà sentir. En 2025, seuls 213 étudiants émiratis ont obtenu un visa pour le Royaume-Uni, soit une baisse de 55 % par rapport à 2022. Pourtant, fin 2024, ils étaient encore 8 500 sur les campus britanniques, un chiffre qui avait doublé depuis 2017.
L’établissements le plus prisé était l’université de Central Lancashire, suivie de l’université de Manchester, celle de Leeds, du King’s College London et du University College London.
D’après les services de renseignement britanniques, la radicalisation touche de plus en plus d’étudiants : 70 d’entre eux ont été signalés pour « radicalisation islamiste » en 2023-2024, soit le double de l’année précédente. Des responsables émiratis cités par la presse britannique affirment refuser « que leurs enfants soient radicalisés sur les campus ».
Au centre de cette crise diplomatique entre deux alliés historiques figure la question des Frères musulmans. Abou Dhabi milite de longue date pour que les pays européens reconnaissent la confrérie comme organisation terroriste et l’interdisent sur leurs territoires. Les Émirats ont d’ailleurs banni le mouvement, fondé en Égypte en 1928, depuis le Printemps arabe de 2011, estimant qu’il constitue une menace pour leur système autocratique.
Au Royaume-Uni, ils avaient notamment mené une campagne de lobbying qui avait incité le gouvernement conservateur de David Cameron à ouvrir une enquête sur le groupe en 2014. L’enquête était parvenue à la conclusion que les convictions du mouvement étaient contraires aux valeurs britanniques, mais n’avait pas trouvé suffisamment de preuves pour l’interdire. Face aux demandes des Émirats, Londres invoque la liberté académique.
Un expert du Moyen-Orient cité par le Times relativise toutefois la menace. « Ils sont obsédés par les Frères musulmans, c’est leur bouc émissaire, affirme-t-il. Je ne crois pas que nos universités soient infestées par les Frères musulmans, c’est avant tout une question de positionnement. »
Selon cette source, il s’agirait d’« un coup de semonce aux étudiants pour qu’ils se tiennent à carreau », les avertissant de ne « surtout pas rejoindre les Frères musulmans s’ils sont au Royaume-Uni ».
« Complètement fou »
La décision émiratie a suscité des réactions jusqu’aux États-Unis. « Complètement fou », s’est étonné le vice-président américain J. D. Vance sur le réseau social X. « Certains de nos meilleurs alliés musulmans dans le Golfe estiment que l’endoctrinement islamiste dans certaines parties de l’Occident est trop dangereux. »
En France, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a réagi : « Un État dont la religion officielle est l’islam s’inquiète de l’intégrisme islamiste qui sévit dans un pays européen : ce renversement en dit long sur notre aveuglement et notre faiblesse face à cet obscurantisme qui s’installe chez nous. »
Cette affaire intervient alors que la France durcit également le ton face aux Frères musulmans. Mercredi 7 janvier, les députés de la commission des Affaires européennes ont adopté une proposition de résolution visant à inscrire la mouvance sur la liste européenne des organisations terroristes.
En mai dernier, un rapport remis au ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau décrivait les Frères musulmans comme une « menace pour la cohésion nationale », pointant notamment leur influence dans certains établissements scolaires. Emmanuel Macron avait alors demandé au gouvernement de lui faire des « propositions » au vu de la « gravité des faits ».
En Europe, seule l’Autriche a inscrit la confrérie sur sa liste noire. Les Frères musulmans sont par ailleurs interdits en Russie, en Syrie, en Égypte, en Arabie saoudite, à Bahreïn et en Jordanie.
Commentaires (7)
C'est quoi un musulman radicalise Celui qui suit Les enseignement du Coran et de la sunna a la lettre moi j envie ces personnes
La plupart Des etudiant souadiens qui vivent aux etats unis ne font que frequentr Les boites de Nuit .
Le Prophete Mouhamed PSL a travaille dur pour vous sortir de l ignorance cette nouvelle generation veulent retourner Dans la mecreance au profit Des occidentaux
Guess what la punition d Allah swt ne VA pas trader a venir .
TAWHEED IS THE ONLY KEY TO SUCCESS
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