Crise de l'Aïd au Maroc : Des moutons vendus jusqu'à plus de 700 000 FCFA à Casablanca
Au Maroc, la flambée du prix de la viande de mouton suscite une vive indignation populaire à l’approche de l’Aïd-el-Kébir, prévu le mercredi 27 mai 2026. Les journaux marocains affichent une unanimité sans équivoque : le bétail est devenu hors de prix. En moyenne, les tarifs de la viande ovine ont doublé par rapport à l'année 2020. Cette crise majeure s'explique en grande partie par l'effondrement du cheptel local ces dernières années, provoqué par des sécheresses successives et sévères. La situation avait d'ailleurs poussé le roi Mohammed VI, dans un geste rare en 2025, à exhorter les citoyens à s'abstenir d'accomplir le rite du sacrifice. Bien qu'aucune consigne royale de ce type n'ait été émise pour l'édition 2026, la flambée des prix reste incontrôlable sur les marchés et chez les bouchers.
Des tarifs records enregistrés dans les grandes villes du Royaume
Selon les informations rapportées par la presse marocaine à la mi-mai, le prix de la bête vivante a atteint des sommets inégaux et alarmants selon les localités. À Tanger, un mouton se négociait jusqu'à 8 000 dirhams, soit environ 750 euros (près de 492 000 FCFA). À Fès, les prix grimpaient à 10 000 dirhams, soit 930 euros (environ 610 000 FCFA). Le record a été enregistré à Casablanca, où les tarifs ont atteint 12 000 dirhams, soit l'équivalent de 1 120 euros (plus de 734 600 FCFA). Face à l'urgence sociale, le Premier ministre Aziz Akhannouch a fait publier un arrêté interdisant la vente de moutons en dehors des circuits officiels autorisés, une mesure tardive censée préserver le pouvoir d'achat des ménages.
Cette réaction gouvernementale est jugée insuffisante par une partie des médias nationaux, qui accusent le pouvoir d'inaction. L'hebdomadaire TelQuel, dans ses éditions des 15 et 22 mai, qualifie ouvertement la situation de « scandale d'État » et reproche au chef du gouvernement d'avoir « tondu les Marocains ». Le journal pointe du doigt l'inefficacité des aides publiques massives : depuis 2022, pas moins de 13 milliards de dirhams d'exonérations et de subventions — soit environ 1,2 milliard d'euros ou plus de 787 milliards de FCFA — ont été accordés à 277 entreprises importatrices de moutons et de viande rouge. Censé soulager la pression sur le cheptel marocain et prévenir la hausse des prix, ce dispositif n'a pas empêché la spéculation actuelle.
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