« Ils m’ont attaché les pieds et les mains, ils m’ont jeté de l’eau froide… » : Sylvia Bongo parle de son séjour en prison
Sylvia Bongo, l’épouse de l’ex-président gabonais Ali Bongo, a accordé, ce vendredi 6 mars, une interview à la chaîne de télévision France 24. Dans l’entretien, elle raconte son "calvaire" au Gabon.
« (Le 30 août 2023), vers 3 h du matin, les résultats ont été proclamés et 5 minutes après avoir déclaré la victoire de mon mari, est entré mon aide de camp avec un pistolet (accompagné) d'hommes armés et cagoulés, pour venir me chercher », a déclaré l’ex-première dame du Gabon.
"Ils m’ont dit : 'Si vous ne nous donnez pas vos RIB, votre fils ne tiendra pas une semaine.'"
Les militaires lui auraient ensuite mis une cagoule avant de l’introduire dans une voiture avec son fils Jalil. Direction, le palais présidentiel.
On nous a emmenés "au 5e étage, au palais présidentiel. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé qu’il y avait un coup d’État. Que mon fils était en danger, que mon mari était en danger… On nous a repris, on nous a remis des cagoules, on nous a fait encore entourer de militaires cagoulés, avec des armes et on m’a amenée du côté des villas CEMAC, des villas d’hôte. C’est là où j’ai compris que nous étions en coup d’État et qu’on allait sûrement préparer une rhétorique, un scénario contre mon fils et moi », a déclaré Sylvia Bongo.
Sur les lieux, les militaires auraient exercé des pressions sur elle, pour qu’elle leur donne ses relevés d’identité bancaire (RIB).
« Ils m’ont dit : 'Si vous ne nous donnez pas vos RIB, votre fils ne tiendra pas une semaine.' J’ai eu très peur, j’ai dit : mais je ne peux pas vous les donner, je ne les ai pas. Ils ont dit : 'Dans ce cas-là, vous allez en prison.' Je suis restée en prison d’octobre à novembre. Et au mois de novembre, un jour, on vient me chercher, on me cagoule avec des mitraillettes dans le ventre et on se retrouve à rentrer dans les sous-sols de la présidence. Et là je me retrouve dans une pièce… Ils m’ont attaché les pieds, ils m’ont attaché les mains, ils m’ont jeté de l’eau froide », a déclaré Mme Bongo.
L’instant d’après, on l’aurait installée sur une chaise avant d’introduire son fils Noureddine dans la pièce.
« J’ai signé tout ce qu’ils voulaient. Je ne sais pas ce que j’ai signé »
« Ils m’ont amené mon fils qui était dans un état lamentable. Il était tuméfié de partout. Il avait les yeux qui sortaient des orbites. Ils le tapaient, il le tapaient. Moi j’étais attachée, je ne pouvais rien faire. On m’avait mis un scotch pour pas que je crie. Après ils l’ont enlevé. Ils ont pris une barre de fer pour le monter, ils l’ont étranglé avec un bâton. Moi ils ont commencé par m’étrangler. J’ai vacillé. J’ai eu la force de donner un coup à celui qui m’étranglait et j’ai dit : on ne frappe pas les femmes. Et là, ils ont dit : ‘Si tu ne veux pas qu’on te tape, qu’on tape ton fils, signe. Et là, j’ai signé tout ce qu’ils voulaient. Je ne sais pas ce que j’ai signé », a raconté l’épouse d’Ali Bongo.
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