Khadija Mahécor Diouf : « Nous ne développerons pas le Sénégal en excluant les femmes des lieux de décision »
Pendant un panel du premier congrès du PASTEF-Les Patriotes, la maire de Golf Sud, Khadija Mahécor Diouf, a livré un plaidoyer fort en faveur d'une plus grande représentation des femmes dans les instances de décision politique et administrative. Dès l'entame de son intervention, elle a tenu à saluer les organisateurs du congrès avant d'aborder un sujet qu'elle considère comme fondamental pour l'avenir du Sénégal et du parti. « J'ai le titre le plus triste du Sénégal », a-t-elle lancé devant l'assistance. « Je suis l'unique femme maire du PASTEF. » Une déclaration qui a immédiatement planté le décor de son intervention, centrée sur la faible présence des femmes dans les postes électifs et décisionnels.
Rappelant qu'il existe plus de 600 collectivités territoriales au Sénégal pour seulement 18 femmes maires, Khadija Mahécor Diouf a dénoncé une situation qu'elle juge incompatible avec les ambitions de transformation et de souveraineté portées par le pays. « Nous parlons de souveraineté, de développement du Sénégal et de l'Afrique, mais nous ne pouvons pas ignorer plus de 52 % de la population », a-t-elle souligné. Pour l'élue locale, la souveraineté ne saurait être pleinement réalisée tant que les femmes resteront marginalisées dans les espaces où se prennent les décisions stratégiques. « Les femmes ne sont pas là où l'on change les choses. Elles ne sont pas suffisamment présentes dans les postes stratégiques où elles peuvent porter leur vision du développement », a-t-elle regretté.
Selon elle, les Sénégalaises jouent pourtant un rôle déterminant dans la vie économique et sociale du pays. Présentes dans l'agriculture, le commerce, les services et l'entrepreneuriat, elles participent chaque jour à la création de richesses et au développement national. « Les femmes sont dans les champs, dans les marchés, dans les entreprises. Elles sont partout dans l'économie. Mais lorsqu'il s'agit de décider, on décide à leur place », a-t-elle déploré. Face à ce constat, Khadija Mahécor Diouf a appelé le PASTEF à assumer pleinement son ambition de rupture en faisant de la promotion du leadership féminin une priorité politique. Selon elle, un parti qui se veut révolutionnaire ne peut plus esquiver le débat sur la place des femmes dans les instances dirigeantes et les fonctions électives. « Les femmes sont des actrices de la souveraineté. Elles transforment ce pays au quotidien », a-t-elle affirmé.
Plaidant pour une meilleure représentativité féminine, elle a rappelé que les femmes disposent des mêmes compétences, de la même formation et de la même capacité à gérer les affaires publiques que leurs homologues masculins. Pour Khadija Mahécor Diouf, la transformation systémique du Sénégal passera nécessairement par une présence accrue des femmes aux postes de responsabilité. « La souveraineté que nous voulons bâtir au Sénégal se réalisera lorsque davantage de femmes dirigeront nos collectivités et participeront pleinement aux décisions qui engagent l'avenir du pays », a-t-elle conclu.
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