[ET DIT TÔT] PR Diomaye et ancien PM Sonko : fracas de fin d'une auto-prise d'otage réciproque (Par Ousseynou Nar Gueye)
Dio", PR Diomaye, alias "Serigne Ngundu" de son petit nom (tel que révélé caustiquement par son Premier ministre et non moins ancien mentor et aussi nouveau subordonné - quelle équation à multiples confusions !-) n'avait plus vraiment le choix : avec, ce vendredi 22 mai 2026, durant la session trimestrielle de questions d'actualité du gouvernement à l'Assemblée nationale, les paroxystiques saillies d'Ousmane Sonko devant les députés, disant, entre autres, que "le Président s'est trompé", et "qu'il devra se rattraper" et rajoutant qu'il n'est pas, lui Sonko, "un Premier Ministre qui obéit aveuglément'' et qui suit des directives, le Président Diomaye a dû se rendre à l'évidence crevant les yeux de l'impossibilité de poursuivre la gestion par pilotage à vue - sans pilote dans l'avion - de cette si confuse équation institutionnelle.
The final straw broke the camel's back : la coupe était pleine, après dix mois de guerre des nerfs, où la seule équation à plusieurs inconnues, c'était depuis longtemps de savoir : "Qui tirera le premier?". Et donc, si, ''qui du duo tirera le premier, perdra-t-il le duel'' ?...
Après cet épilogue par limogeage intervenu un peu avant 22h GMT, Sonko, ripostant dans un laconique post Facebook, ce vendredi 22 mai 2026 en soirée, avec ces mots : "Dieu merci" (''Alhamdoulillah'', dans le texte) et qu'il allait "dormir le coeur léger ce soir" chez lui, dans son propre domicile de la cité Gorgui ( et non pas au Petit Palais du Plateau dakarois, domicile de fonction du PM, habitation dont il avait deja déménagé ses affaires depuis plusieurs semaines) : eh bien, cela augure de ce que Sonko emmènera derechef avec lui le Pastef dans le camp de l'opposition.
Et ce post Facebook de Sonko en était à 241 000 likes et à 57 000 commentaires, hier vendredi en soirée, quand j'ai cessé d'en faire le décompte à minuit. Il y a donc bien un "noyau dur", "un camp des faucons" et un "peuple Pastef" d'inconditionnels de Sonko.
Mais, forment-ils la majorité des électeurs du peuple souverain? Il est permis d'en douter un tant soit peu, même si on peut leur reconnaître leur force de faire plus de bruit que toute la majorité du peuple sénégalaises, majorité qu'on qualifiera de "silencieuse", pour reprendre un pléonasme tiré du "Dictionnaire des idées reçues" de Gustave Flaubert, et expression chère aux sociologues et politologues de toutes les démocraties du monde, de tout temps.
Car, toutefois, le PR Diomaye dispose de plusieurs armes nucléaires et du bouton de bombes sur lesquels lui seul peut appuyer : ainsi, quand il aura nommé son prochain premier Ministre (si le poste n'est pas supprimé), celui-ci ou celle-ci, tout d'abord, dispose de 4 mois pour présenter devant les députés son discours de politique générale et ce ou cette Premier(e) ministre n'est pas obligé de solliciter le vote de confiance des membres de la représentation nationale parlementaire approuvant ou non son Discours de politique générale. Ceci nous mènera au mois de septembre 2026.
Ensuite, d'ici là, le PR Diomaye peut faire passer ses lois de réformes sous la forme d'ordonnances présidentielles, sans avoir besoin que cela soit voté par les députés.
Certes, avec 130 députés sur 165, Pastef pourra déposer une ou plusieurs et successives motions de censure contre le ou la future PM. Mais si le Premier ministre perd le vote, lui et son gouvernement pourront continuer à expédier les affaires courantes sine die, ou tout au moins jusqu' au mois de décembre 2026, quand le PR Diomaye pourra dissoudre l'Assemblée Nationale, le délai légal de deux ans nécessaire de législature pour une dissolution étant alors atteint.
Sans compter, en plus des affaires courantes expédiées par un gouvernement censuré, la possibilité toujours ouverte de prise d'ordonnances présidentielles, en lieu et place de lois à voter.
En octobre 2026, avec la session parlementaire unique menant au vote du Budget 2027, le PR Diomaye pourra ''dérouler'' jusqu'à fin décembre 2026, avec un scénario doublement alternatif : reconduire tout seul le budget 2026 du Sénégal pour 2027 jusqu'aux prochaines législatives anticipées à tenir vraisemblablement en mars 2027, élections à la suite desquelles une LFR, loi de finances rectificatives, pourra être votée (ou non..!), par une Assemblée nationale sénégalaise reconfigurée.
En ce qui concerne l'immédiat, les 130 députés Pastef de la chambre législative ''introuvable'' du Sénégal, peuvent bien sûr faire des propositions de lois et les voter massivement : mais ils n'ont nul pouvoir de forcer le PR Diomaye à promulguer ces lois, étape incontournable pour que ces lois potentielles .... aient force de loi... !
Dès avril 2024, le ver était dans le fruit et l'arbre tombe toujours du coté où il penche, comme je le disais, ainsi que peuvent en témoigner les archives de l'Internet, quand j'ai pris la parole sur les ondes d'Africa Radio Paris en avril 2024, dès après l'élection de Bassirou Diomaye Diakhar Faye à la magistrature suprême : le schéma idoine et seul adéquat, aurait dû être que Sonko patiente dans un poste de Ministre des Affaires présidentielles ou de Directeur de cabinet du PR, jusqu'aux législatives anticipées de novembre 2024 et qu'il aille ensuite siéger comme ''PAN'', Président de l'Assemblée nationale, pour la durée quinquennale du mandat actuel du PR Diomaye.
Et même demeurer PAN, en cas de second mandat de Diomaye qui irait jusqu'à 2034. Et seulement alors, Sonko aurait pu prendre le pouvoir présidentiel dans une potentielle transition successorale tranquille et sans heurts internes à Pastef.
Ce scénario n'aurait été en rien déshonorant ou n'eut constitué une attente trop longue : car, en 2034, Sonko aura tout juste 60 ans (inch'Allah!), ce qui n'est point un âge trop avancé pour devenir chef de l'État.
Mais, Ousmane Sonko le castagneur, adepte de la bagarre ainsi que le qualifie Jeune Afrique, a voulu mettre les mains dans le cambouis comme bouclier auto-proclamé de la présumée Révolution qu'est à ses yeux le régime en place depuis mars 2024. Il a dit à Diomaye et s'en est prévalu publiquement: "Reste à l'écart, PR Diomaye, et laisse-moi les battre et les combattre tous !".
C'est oublier que le PR Diomaye, qui a osé égotiquement donner son prénom à son plan de développement pour la partie méridionale du pays (le Plan Diomaye Pour la Casamance) avait beau avoir été le "Candidat par défaut" désigné par Sonko pour la présidentielle de mars 2024, il n'avait nulle envie d'être et de demeurer un ''Président omni-absent, potiche, postiche et pot de fleurs''.
Depuis dix mois, le PR Diomaye et le désormais ex-PM Sonko ont été dans une prise d'otage réciproque l'un de l'autre, attendant de voir qui tirera le premier. Comme dit le fameux adage, "le premier qui tire est mort !". Les nerfs étaient encore plus tendus, ces derniers jours : déjà, le PR Diomaye venait de décider que le conseil des Ministres (à périodicité hebdomadaire de tout temps depuis l'indépendance de 1960 ! ) ne se tiendrait plus que tous les quinze jours...Jusqu'au bout, Sonko aura refusé de "mettre de l'eau dans son gingembre" : eh bien, le vin est tiré, il va falloir désormais le boire. Car, Oui, la seule question n'était plus que de savoir : "qui tirera le premier...?" Le PR Diomaye a finalement, de son canon présidentiel, tiré le gros boulet en plein dans le mille de la cible primatoriale, devenue aussi encombrante, autant embarrassante et si exponentiellement dévastatrice pour son autorité de chef de l'Etat, qu'un éléphant du Niokolo-Koba dans un magasin de fines porcelaines japonaises.
Et il a très bien choisi sa fenêtre de tir, le Président Diomaye, en cette veille de semaine de Tabaski, Fête du Mouton, la plus grande fête religieuse du Sénégal, qui seule a le don de vider la macrocéphale Dakar des trois quarts de ses habitants et qui est une sorte de trêve politique et de pause professionnelle dans tout le pays pendant dix à 15 jours.
Trêve politique et pause quasi-générale des activités dans le pays, qui seront bien mises à profit, au sommet de l'Etat : car, dans le même temps, avec son Dialogue national initié jeudi 21 mai 2026, sous un nouveau format de déroulé, pendant 10 jours, avec des personnalités politiques en tête à tête au palais de la République (et non plus selon l'ancien format de gigantesque raout collectif sur une journée au centre de conférences Abdou Diouf de Diamniadio), le PR Diomaye fait tranquillement son marché, teste son prochain casting primatorial et évalue le mercato de ses recrutements ministériels. Il ne manquera pas de voir qui il peut débaucher à son profit, dans les pans de la classe politique sénégalaise non encore acquis à sa bannière et à sa cause, au sein d'une "Coalition Diomaye Président", bien partie pour fusionner tous les partis politiques la composant, en un seul parti politique unifié, dans les prochains mois. Parti présidentiel pour faire pièce et faire face au Pastef version "canal historique" d'Ousmane Sonko, qui a lui aussi sa coalition de partis, au sein du regroupement politique dénommé APTE.
Dix jours de Dialogue politique national inauguré jeudi dernier donc, d'abord par la réception de tous les anciens Premiers ministres du Sénégal.
A ce propos, de tous les anciens Premiers ministres du Sénégal encore en vie, seul le Président Idrissa Seck a refusé de se rendre au Palais de l'avenue Léopold Sédar Senghor. On y reviendra, j'y reviendrai, prochainement, sur ce refus de "Mara" Idy, chef du parti Rewmi, de déférer à la convocation-invitation du PR Diomaye : car, c'est aussi une posture lourde de sens...
Parlant de sens, et pour "redonner du sens au sens", ce qui est sûr, c'est qu'on ne pouvait plus se permettre le ''luxe lunaire'', ce qui était le cas depuis dix mois, d'avoir un parti Pastef étant à la fois aux commandes des affaires du pays et de la gestion gouvernementale, et aussi en face-à-face de chiens de faïence avec un Pastef siamois se faisant aussi sa propre opposition politique nationale. Vous avez dit : "Pastef = Tass Fépp ?". Cela ne pouvait plus prospérer.
Il nous faudra, vite, retrouver une délimitation organisationnelle claire entre ceux qui sont le Pouvoir et le Régime ( auxquels on ne demande que de bien gérer la pirogue Sénégal, sans trop la faire tanguer plus que de raison, ni la mener vers de trop forts courants adverses (vous avec dit : "FMI'?), ni creuser des trous dans la coque de la pirogue : ce qui est notre droit élémentaire de citoyens, d'électeurs, de mandants et de peuple souverain) et, avoir en face, ceux qui sont dans ''les oppositions'', opposition radicale ou opposition modérée ( à qui nous demandons de travailler à nous convaincre de leur possession d'offres politiques plus prometteuses que celle du Pouvoir en place, offres oppositionnelles à valider ou non, dans les prochaines échéances électorales à venir : ce qui est bel et bien, aussi, notre droit le plus élémentaire de citoyens, d'électeurs, de peuple souverain au sein duquel nous sommes des parents ou des aînés ou des frères ou des soeurs, à juste titre soucieux du devenir des membres de la prochaine génération de Sénégalais(es) qui auront l'âge de 25 ans en 2050.
Oui, ''Allah est grand et Sonko n'est pas petit''. Et donc, sans grand nul doute : oui, Sonko a très fortement contribué à faire élire Diomaye comme Président de la République en mars 2024, dans une Blitzkrieg de campagne toute de maestria (mais aussi grosse de confusion-fusion des deux protagonistes pastéfiens, avec les risques institutionnels futurs que nous avons vu), le faisant passer de la case "Prison" à la bâtisse "Présidence de la République", en seulement dix jours.
Toutefois, at the end of the day, deux choses seulement importent.
Primo, c'est le peuple souverain qui a voté (même si les Croyants que nous sommes devons y voir la main de Dieu tout-Puissant, qui aura inspiré cette avalanche de ''bulletins Diomaye '' glissés dans les urnes électorales de la planète ''Mars 2024''...).
Et deuxio : aucune dette matérielle, financière... ou morale (dans le cas d'espèce) n'est éternelle. Aucun mandat n'est impératif, que ce soit celui des députés et encore moins celui du Chef de l'État.
Le seul corps (social) devant lequel le Président Diomaye (qui est une incarnation institutionnelle et constitutionnelle jusqu'à la fin de son mandat en 2029) est redevable et devant lequel il doit tout au long être comptable : c'est le peuple sénégalais souverain. Devant tous les autres corps (humains ou de personnes morales) pris individuellement, le Président de la République n'a qu'un ''devoir d'ingratitude''.
Ousseynou Nar Gueye Fondateur de Tract Hebdo (www.tract.sn),
Senior Partner d'Axes et Cibles Com et
Président du mouvement d'engagement citoyen ''Option Nouvelles Générations''

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