Calendar icon
Tuesday 09 June, 2026
Weather icon
á Dakar
Close icon
Se connecter

Felwin–Mbougar : Le temps des regrets ? (Par ABC)

Auteur: Alioune Badara Coulibaly

image

Felwin–Mbougar : Le temps des regrets ? (Par ABC)

🎧 Écouter l'article 162 écoutes

Qu’ont-ils épargné à Macky Sall pour rendre possible l’accession de Pastef au pouvoir ? Pendant des années, le lauréat du Prix Goncourt Mohamed Mbougar Sarr et l’économiste, professeur reconnu, Felwine Sarr, ont dressé un portrait sans nuance de Macky Sall, dépeint comme un autocrate, insensible aux libertés et prompt à réprimer son peuple. Leur parole, portée par une aura intellectuelle et médiatique, n’était pas anodine. Elle a contribué à installer dans l’opinion l’idée d’un régime illégitime, moralement disqualifié, qu’il fallait absolument remplacer. Cette entreprise critique, parfois radicale, a servi de caisse de résonance à un projet politique incarné par Ousmane Sonko.

Le constat est qu’on passe de l’enthousiasme militant à une désillusion lucide. Deux ans après l’alternance, le ton a changé. Dans sa récente prise de position, Mohamed Mbougar Sarr parle d’un pouvoir où «tout paraît médiocre et sans hauteur», évoque un «mauvais théâtre» au sommet de l’État et redoute un mandat «quasi-perdu», enlisé «dans la vase des egos». Des mots forts, qui traduisent une désillusion profonde. Felwine Sarr, de son côté, admet que le tandem qu’il «espérait voir fonctionner a montré ses limites». Ces déclarations ne sont pas anecdotiques. Elles marquent une rupture symbolique : celle d’intellectuels qui avaient fortement pesé dans la bataille culturelle et morale précédant l’alternance, et qui semblent aujourd’hui constater l’écart entre la promesse et la réalité.

La question n’est pas de contester leur droit à la critique. Il est légitime et même salutaire. Le débat se pose plutôt en termes de responsabilité. Lorsque des figures intellectuelles s’engagent publiquement, mobilisent leur crédibilité et influencent une génération entière au nom d’un idéal de rupture, peuvent-elles se contenter, deux ans plus tard, d’un constat amer ? Ont-elles suffisamment interrogé la solidité du projet qu’elles défendaient ? Ont-elles mesuré les risques d’une rhétorique de rupture radicale sans garantie d’expertise et d’expérience ? Car aujourd’hui, ce qu’elles dénoncent (l’improvisation, l’absence de hauteur, les rivalités d’ego) était perceptible dans la structuration même du mouvement qu’elles ont soutenu.

Beaucoup se souviennent que durant les épisodes les plus tendus de la vie politique nationale, certaines violences et dérives attribuées aux partisans de Pastef n’avaient pas suscité auprès de ces voix respectées la même vigueur critique qu’à l’endroit du régime sortant. Ce décalage a donné l’impression d’une indignation sélective, d’un positionnement davantage militant qu’équilibré. Le silence observé depuis l’accession au pouvoir, long et scruté, avait déjà suscité interrogations et commentaires. Était-ce de la prudence ? De la gêne ? De la déception ? Aujourd’hui, la prise de parole tardive ressemble davantage à un désenchantement qu’à une autocritique.

L’intellectuel n’est pas un acteur politique ordinaire. Sa parole structure l’imaginaire collectif. Elle oriente les consciences. Elle peut légitimer une rupture ou consolider une stabilité. S’engager implique un devoir d’exigence constant envers le pouvoir critiqué comme à l’endroit de celui soutenu. Si le temps des regrets est venu, il appelle plus qu’un constat esthétique ou moral. Il exige un examen lucide : comment une promesse de transformation a-t-elle pu déboucher si rapidement sur une crise de leadership et de gouvernance ? L’histoire jugera les gouvernants. Mais elle interrogera aussi ceux qui, par conviction ou par militantisme, ont contribué à façonner l’espérance collective.

Alioune Badara Coulibaly

Porte parole APR

Auteur: Alioune Badara Coulibaly
Publié le: Lundi 08 Juin 2026

Commentaires (21)

  • image
    Lom il y a 14 heures
    Bon venant d’un portr parole de l.APR.... sans commentaire Si tu pense encore que le peuple regrette Pastef c’est tu t’es enferme dans ds biais de confirmation pour soulager ta conscience. Et plus de 90% des personnes qui ont voté Pastef n’ont jamais étendu parle se Femwin SARR IU DE Bougar !!! Ce que le Senegal regrette c’est Macky et la situation qu’il nous a laisse Ayez un peu de Jomm
  • image
    Bayegalaye il y a 14 heures
    Le Sénégal a choisi concombre à la Pastèque. Aujourd'hui, ils le mangent sans conviction. Bref, il n'est jamais trop tard. Remercions les au plus vite et avançons, car le monde n'est pas à l'arrêt.
  • image
    Antipopulisme il y a 14 heures
    Alors eux... Il manque d'ailleurs le 3eme qu'on n'a pas encore entendu sur ce qui se passe. Je veux nommer Boris Diop. Je pense, j'ose espérer que vous avez été trompé de bonne foi. Et si tel est le cas, vous avez manqué de rigueur messieurs les ...intellectuels. Comment avez-vous pu prendre position sur le débat politique au Sénégal alors que vous n'y résidez pas régulièrement? Vous avez extrêmement critique, sévère envers le PR Macky Sall et maintenant vous dites quoi avec ce tandem après plus de 2 ans à la tête de ce pays?
  • image
    Antikon il y a 14 heures
    Un coup d'épée dans l'eau venant d'un rancunier qui en veut à deux illustres inconnus pour avoir juste été du côté des opprimés face au "Duc de Marrakech" dont la fuite confirme pourtant ce qu'il tente de nier dans ce long et indigeste torchon.
  • image
    xadim il y a 13 heures
    mbougar félwine boris voulaient des postes de ministre ils sont des politiciens encagoulés😁
  • image
    Psycho il y a 13 heures
    Le terme intellectuel est trop utilisé dans les anciennes colonies françaises. L’intellectualité repose sur l’esprit critique et la metacognition. Ces deux sont des chausseurs de prime et de prestige, au même rang que Yerim Seck
  • image
    ROXANE il y a 13 heures
    Alors la solution etait de donner un 3eme mandat a l'APR??? Ce qui se passe au Senegal temoigne d'une maturite democratique, la crise de 1962 a transforme le Senegal en un pays comme nul autre sur le continent. Les Ivoriens passent leur temps a dire qu'il voudraienet etre comme les Senegalais qui sont des garcons. Ils sont dans un pays ou tout est controle par un homme et ses troupes et c'est ce genre de modele que veulent ses pairs de la CEDEAO. Meme si c'est difficile, c'est la majorite des Senegalais-es qui l'ont choisi. Et a dire vrai la plupart des expert-es disent que la catastrophe annoncee n'a pas eu lieu!!!
  • image
    ddfg il y a 10 heures
    la solution, était de produire des analyse objectives aussi bien sur Macky que sur pastef. Au moins les sénégalais ne se seraient pas autant gourés en portant au pouvoir ces incapables. Il y'avait tellement de candidats qui pouvaient faire mieux que ces deux médiocres, en dehors même de l'APR!!! Et même dans BENNO (car ce n'était pas l'APR, mais Benno). Amadou BA était meilleur que ces deux incompétents. Il y'avait une vingtaine de candidats. Chacun d'eux valait mieux que Pastef
  • image
    Hjb il y a 13 heures
    APR pour yeine les sénégalais ne savent pas les difficultés qu'ils vivent est le fruit de vos 12 ans d'incompétence et de vol?
  • image
    Alassane il y a 13 heures
    Des intellectuels malhonnêtes et improductifs pour le pays. Des gens qui se couchent au moment ou Macky Sall a tellement construit le pays.
  • image
    Thaam il y a 13 heures
    Ces deux la vraiment sont une grosse déception. Mêmes leurs visages sont dénaturé.
  • image
    Ben il y a 12 heures
    Quoi qu'il soit Macky ne devrait faire une haure de plus au pouvoir. Maintenant Bassirou est ce qu'il est. Il a une réflexion courte. Il a montré que sa personne passé devant le peuple. Quand on a le bouton de la bombe atomique on doit montrer qu'on l'a. C'est ce qu'il a fait. Il a etait plus réactionnaire que intelligent. Il va vivre dans des problème jusqu'à la fin de son mandat. Il fait une restauration, c'est des problèmes. Ils augment les prix, c'est des problèmes. Il ne touche pas aux dossiers sansibles c'est problèmes. L'hivernage: inondation et plan agricole, c'est des problèmes. Les enseignants, c'est des problèmes, les élections a venir c'est des problèmes. Quoi qu'il soit, il ne devrait pas laisser Sonjo partir se refaire une jeunesse
  • image
    Camou il y a 12 heures
    Maky reste le président le plus catastrophique qu’on ait eu. Diomaye en deuxième position
  • image
    Boy tamba il y a 12 heures
    Sincèrement pastef vous avez détruit l'élan de développement de mon très chère nation qui s'appelle SUNUGAL, vous avez fait et vous faites trop de mal à se pays. Vivement 2029 inchallah votre réveil vas être brutal
  • image
    Sénégalais il y a 12 heures
    On attend aussi le mea culpa du prof Diouf qui s’est lui aussi fourvoyé et a même accepté de diriger la commission qui enquêtait sur Thiaroye 44.
  • image
    Un passant il y a 12 heures
    Ses deux et le troisièmes gatié molen diapo qui ne savent même pas reconnaître un politicien travailleur à un groupe de politiciens vendeurs de illusions thim niak diome
  • image
    rien il y a 12 heures
    il n'y a rien à regretter : il fallait bel et bien arrêter le 3è mandat de Macky Sall et ses combines pour rester au pouvoir (en inventant une crise qui n'existe pas et en cherchant par tous les moyens à reporter les élections) ce même Macky Sall qui n'a pas tiré les leçons de Wade qui cherchait aussi un 3è mandat anticonstitutionnel. Ce Wade que l'on célèbre et qui a laissé un énorme bordel PASTEF se présentait comme la meilleure alternative. PASTEF est là pour un mandat, si aux élections les Sénégalais ne sont pas satisfaits ils verront un autre. Aussi simple que cela. Ce sont des intellectuels et ils ont bien joué leur rôle en alertant et aujourd'hui la question du 3è mandat est défintivement réglé au moins, les changements structurels c'est une autre paire de manche
  • image
    ddffg il y a 10 heures
    Macky n'a jamais voulu faire un troisième mandat. Il y'avait 20 candidats. Pastef était le choix le plus médiocre
  • image
    Djibson il y a 11 heures
    Mbougar à écrit un livre que j'ai beaucoup aimé. Mais quel piètre intellectuel. Felwine,discours toujours nul, banal, opportuniste, ne m'a jamais en rien convaincu. Piètre et surcôté comme intellectuel. Diouf, ah la laa ! Boris moom, il se croit plus important qu'il l'est en réalité. J'en reviens à Bougar. Naïf surtout, comme son personnage dans le roman, " révolutionnaire hors-sol" , comment s'est-il fait duper pas Pastef ? Incroyable. Comme quoi...
  • image
    Sig il y a 10 heures
    Article tendancieux. Ils utilisent les noms de deux éminents intellectuels pour discréditer le projet de Pastef-Les Patriotes.
  • image
    ddff il y a 10 heures
    des gens comme Mbougar Sarr et Féliwine ont succombé à la facilité du populisme . Pour se faire aduler par les foules, ils ont offert leur plumes à cette secte malfaisante. Aujourd'hui, ils constatent juste les dégâts. Car TOUT était prévisible, venant d'ousmane sonko et de Pastef. On les a assez vus à l'oeuvre entre 2021 et 2023. Tout le monde savait que sonko est un manipulateur et un totalitaire très violent et égoïste. Mais on a laissé faire. Aujourd'hui, d'autres intellectuels, par lâcheté et par souci de préserver leur aura auprès de la meute de cette secte, se gardent de dénoncer les dérives de l'engeance Pastef. Cette lâcheté perdra le Sénégal
  • image
    verité il y a 10 heures
    ils se sont trompés et doivent demander PARDON aux senegalais.
  • image
    Bibi33 il y a 4 heures
    Macky était dans une dérive, il fallait faire face et dénoncer. Par contre ils n'ont pas dénoncé le style de Sonko alors opposant. Lorsque des manifestants plus que suspects ont investi l'université en mettant le feu, ils sont devenus muets. C'est là qu'ils ont perdu tout crédit.

Participer à la Discussion

Règles de la communauté :

  • Soyez courtois. Pas de messages agressifs ou insultants.
  • Pas de messages inutiles, répétitifs ou hors-sujet.
  • Pas d'attaques personnelles. Critiquez les idées, pas les personnes.
  • Contenu diffamatoire, vulgaire, violent ou sexuel interdit.
  • Pas de publicité ni de messages entièrement en MAJUSCULES.

💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter, TikTok ou Instagram pour l'afficher automatiquement.