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Le monde vacille, Touba construit : le paradoxe Cheikh Mountakha (Cheikh Abdou Lahad Gaïndé Fatma)

Auteur: Cheikh Abdoul Ahad Mbacké Gaïndé Fatma

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Le monde vacille, Touba construit : le paradoxe Cheikh Mountakha (Cheikh Abdou Lahad Gaïndé Fatma)

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Pendant que le monde tremblait sous l'effet du Covid, Touba continuait de s'affirmer et de construire. Succédant à Serigne Sidy Mokhtar, Cheikh Mouhamadou Mountakha a très vite été confronté à une situation difficile.

D'abord, la crise du Covid est apparue au début de l'année 2020.

Selon l'OMS, la pandémie a touché plus de 770 millions de personnes et causé près de 7 millions de décès. Les chiffres réels sont probablement supérieurs. La récession mondiale a entraîné une contraction du PIB de -3 %, affectant des milliards de personnes.

Au Sénégal, près de 90 000 cas et 2 000 décès ont été enregistrés. Ces chiffres, probablement sous-estimés, montrent l'ampleur du choc sanitaire et économique. Aucun secteur n'a été épargné : informel, tourisme, transport, industrie culturelle, secteurs primaire et secondaire. Même le système éducatif a été profondément affecté. Le pouvoir d'achat a baissé, accentuant la vulnérabilité des populations, tandis que le PIB passait de +5,3 % en 2019 à +0,7 % en 2020.

Ensuite, la crise politique de 2021 à 2024 a freiné la croissance, passée d'un potentiel supérieur à 5 % à environ 4 %. Le FMI (2025) note que les tensions internes ont freiné la consommation et l'investissement, même si l'économie est restée globalement résiliente. Ces incertitudes ont réduit la confiance des investisseurs, entraînant un recul ou un report des investissements estimé entre 10 et 20 %.

De grandes réalisations

Un tel contexte aurait dû freiner les grands projets de la communauté mouride. Il n'en fut rien.

La tradition des grands travaux s'est poursuivie. Le 11 mars 1918, en pleine Première Guerre mondiale, huit mois avant l'armistice, Serigne Touba posait la première pierre de la mosquée de Diourbel.

Dans cet héritage de volonté et de khidma (service), Cheikh Mountakha a poursuivi et finalisé la mosquée Massalik (plus de vingt milliards de francs CFA).

Parallèlement, il a posé la première pierre de l'Université de Touba le 5 décembre 2018, pour un coût estimé à plus de trente milliards de francs CFA, concrétisant ainsi le vœu de Cheikh Ahmadou Bamba :

« Fais de ma demeure la cité bénie de Touba, un centre académique… une source de connaissance et un pôle de l'agrément de Dieu. »

L'université apparaît comme une réponse directe à cette prière. Comme le rapporte Serigne Mouhamadou Lamine Diop Dagana, Serigne Mbacké Bousso considérait que le Cheikh ne trouvait pas d'endroit mieux indiqué pour l'éducation religieuse des disciples.

L'Université de Touba (Complexe Cheikh Ahmadoul Khadim pour l'Éducation et la Formation) a ouvert ses portes le 6 février 2023. Trois ans plus tard, le 23 avril 2026, ses 166 premiers diplômés ont reçu leurs parchemins.

Cheikh Mountakha a également lancé les travaux d'extension et d'embellissement de la Grande Mosquée de Touba. Serigne Touba en avait posé les bases le 30 août 1926, après avoir mobilisé plus de quatre millions de francs grâce aux contributions volontaires.

Il appelait alors les fidèles à contribuer selon leurs moyens :

« Ne dépassez pas vos possibilités… afin de préserver votre indépendance. »

Depuis cette recommandation du Cheikh, les projets sont calibrés selon les capacités des fidèles, garantissant l'autonomie de la communauté.

Le khidma, moteur de résilience

Le khidma est au cœur du paradoxe mouride. Hérité de l'enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba, il désigne le service désintéressé rendu pour Dieu.

C'est un principe important qui ouvre les portes du Paradis : « Il est dit que lorsque le jour dernier arrivera, que le pont sera suspendu au-dessus de l'enfer, et que les créatures seront confrontées à la tristesse et à la détresse, une voix appellera : "Où sont les gens du khidma au bénéfice des musulmans ?" Ils répondront. Il leur ordonnera de rejoindre vite le paradis en leur disant : "Dirigez-vous vers le paradis sans épreuve et sans peine." » Ce passage de Massalik explique l'engagement constant des fidèles, quel que soit le contexte.

Grâce au khidma, chaque disciple devient acteur du financement et de la réalisation des projets. La communauté ne dépend ni de l'État ni de bailleurs extérieurs : elle s'appuie sur elle-même.

Ce modèle repose sur plusieurs forces :

* une économie du don volontaire (adiya), fondée sur la foi ;

* une forte capacité de mobilisation à travers les Cheikhs et les dahiras ;

* une autonomie financière relative, qui protège des dépendances ;

* un leadership religieux légitime, qui oriente et fédère.

Ainsi, le khidma, en plus d'être un idéal spirituel, est un véritable levier de développement et de résilience.

Cheikh Mountakha, « un don de Dieu »

Dans un monde marqué par l'incertitude, la communauté mouride maintient — et même renforce — ses dynamiques d'investissement et de solidarité.

Au-delà du bâtisseur, Cheikh Mountakha est un refuge. Il écoute, soulage, réconforte et redonne espoir.

Des pays comme le Maroc ou la Turquie, qu'il a soutenus lors de catastrophes majeures, en témoignent. À de nombreuses reprises, il est venu en aide aux populations en détresse, ou a appuyé des projets de mosquées et d'écoles.

Visionnaire et charismatique, attaché à l'unité de la Oumma et à la paix sociale, il apparaît comme « un don de Dieu », pour reprendre l'expression de Cheikh Sidiya Baba à propos de Cheikh Ahmadou Bamba.

Il soulage quand le monde éternue.

Il panse quand le pays se fracture.

Et il bâtit pour Dieu quand les économies ralentissent.

Que Dieu lui prête longue vie, afin qu'il continue d'illuminer notre pays et d'inspirer les générations.

Cheikh Abdoul Ahad Mbacké Gaïndé Fatma

Président de la Commission culture et communication du comité d'organisation du Grand Magal de Touba

Auteur: Cheikh Abdoul Ahad Mbacké Gaïndé Fatma
Publié le: Dimanche 26 Avril 2026

Commentaires (6)

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    Boy Dakar souche il y a 19 heures
    Jërëjëf Serigne Touba. Le modèle Mouridisme pour notre développement assuré
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    Moss dess il y a 18 heures
    Paystrès pauvre et très endetté malgré ses gens lá, vraiment sonou na niou.
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    G il y a 15 heures
    Le sauveur de l'humalité
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    SambaA il y a 18 heures
    L'on ne scie pas la branche sur lequel on est assis! en interdisant les activites culturelles generatices de milliers d'emplois aux habitants et locaux de cette meme villes, ....les dynamiques economiques feront leur travail sur les comportement humains..... alors de milliers des sans boulots et sans gagne-pain, seront tantes vers l'aventure des oceans et du desert lybien, etc...ils peuvent y perdre leur vie!
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    pauvreté il y a 14 heures
    Quelle mentalité rétrograde ! On parle d'une ville de 1,3 millions d'habitants. Leur seul bilan est une mosquée construite par les colons dès 1926 et une université de 166 diplômés en agronomie. Pendant ce temps, l'IA explose. En réalité, à cause des écoles publiques interdites, Touba génère la pauvreté. En effet, aucune ressource humaine compétente n'y existe et les terres sont partagées par des religieux. Aucune opportunité professionnelle n'y existe sauf la récolte de dons par les dignitaires.
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    🇨🇲 il y a 12 heures
    Des charlatans qui vivent de la sueur des ignorants qui les suivent et pour continuer ils continuent de les abrutir
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    serigne bi il y a 10 heures
    La seule construction qui vaille est de construire des école publiques dans tout Touba, permettre aux jeunes mourido-baolbaol d’apprendre l’enseignement général du pays pour sortir de l'ignorance, de reformer cette façon archaïque d’apprendre le coran, d’avoir du civisme, de respecter nos lois, d’arrêter de dégrader l’environnement et l’espace publique de nos villes, d’arrêter de faire pipi dans la rue, que les commerçants respectent nos villes et villages en arrêtant l'occupation illégale de la voie publique.... bess bu guéne ko défé rékeu, la construction sera en marche… sinon tout le reste est propagande ou obscurantisme
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    yaya il y a 9 heures
    Il faut être de mauvaise foi pour parler de développement dans une ville de 2 millions d’habitants ou plus de 3/4 de la population ne fréquentent pas l’école publique, une ville ou la construction d’école publique est interdite, une ville ou règne l’ignorance et l’obscurantisme.

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