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Ousmane Sonko se dédit sur la « dette cachée »! ( Par Ibrahima Baba SALL)

Auteur: Par Ibrahima Baba SALL

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Ousmane Sonko se dédit sur la « dette cachée »! ( Par Ibrahima Baba SALL)

L’entretien accordé par Ousmane Sonko à France 24 et RFI avait pour objectif affiché de projeter l’image d’un responsable désormais installé dans une posture institutionnelle : rassurer sur ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, défendre ses choix politiques et expliquer son action. Mais paradoxalement, cet exercice met en lumière l’une des principales difficultés auxquelles il est confronté depuis son arrivée au pouvoir : le décalage entre le discours de conquête du pouvoir et celui de l’exercice du pouvoir.

La séquence sur la dette dite « cachée » est particulièrement révélatrice. En affirmant qu’il parlait à l’époque comme chef de parti et qu’il ne disposait pas de tous les leviers de l’État, Ousmane Sonko tente de replacer ses déclarations dans le cadre d’une opposition politique. Mais cette explication entre en contradiction avec la manière dont cette question a été portée publiquement.

Car il ne s’agissait pas uniquement d’un discours partisan. La question de la dette a été présentée avec une gravité exceptionnelle dans des cadres institutionnels, notamment lors d’une conférence de presse à la Primature et devant les députés. À ce moment précis, la parole ne pouvait plus être considérée comme celle d’un simple responsable politique : elle était portée par un Premier ministre et engageait l’autorité de l’État.

C’est là que se situe le problème de fond : la parole institutionnelle ne peut pas être séparée de la responsabilité politique lorsqu’elle sert à porter des accusations majeures. Un responsable public ne peut pas bénéficier de toute la force de sa fonction pour donner du crédit à une affirmation, puis revenir à son statut de chef de parti lorsqu’il faut en assumer la portée ou les conséquences. Cela pose un véritable problème de morale et d’étique.

Ousmane Sonko n’en fait qu’à sa tête et cette situation crée un trouble démocratique plus large : elle nourrit la défiance des citoyens envers les responsables politiques. Lorsque le discours change selon la position occupée — opposant hier, gouvernant aujourd’hui ou encore gouvernant hier et opposant aujourd’hui — la parole publique perd de sa valeur. Or la crédibilité d’un homme d’État repose précisément sur la constance entre ce qu’il affirme avant d’arriver au pouvoir et ce qu’il assume une fois qu’il y est. C’est tout le problème de Ousmane Sonko qui dit toujours le contraire de ce qu’il avait affirmé hier.

L’interview de France 24/RFI donne ainsi l’impression d’un responsable politique confronté à la difficulté de concilier deux identités : celle du tribun qui dénonçait le système et celle du dirigeant qui doit désormais gérer les réalités de l’État. Le paradoxe est que celui qui a bâti une grande partie de son discours sur la dénonciation des contradictions politiques se retrouve lui-même obligé d’expliquer l’écart entre ses anciennes affirmations et sa position actuelle.

C’est ce qui donne le sentiment qu’Ousmane Sonko produit parfois l’antithèse de sa propre thèse : il a longtemps reproché aux dirigeants précédents de ne pas assumer leurs choix, de jouer sur les mots et de ne pas dire toute la vérité aux Sénégalais ; mais il se retrouve aujourd’hui confronté à la même exigence de cohérence.

L’enjeu n’est pas de lui interdire d’adapter son analyse face à de nouvelles informations ou aux contraintes du pouvoir. Gouverner impose forcément une lecture plus complexe que celle de l’opposition. Mais il existe une différence entre approfondir une position et relativiser a posteriori un discours qui a été utilisé comme un argument central de légitimation politique.

Mais on le comprend aisément. Ousmane Sonko se trouve aujourd’hui dans une position très délicate entre le marteau de l’opposition et l’enclume du pouvoir et cherche ses marques qu’il peine à retrouver.

Son limogeage inattendu de la primature par le Président Bassirou Diomaye FAYE y est pour beaucoup.

Il a fait beaucoup aux Sénégalais, porté atteinte à notre économie et écorne l’image jadis rayonnante de notre pays.

Le Président Macky Sall, ses ministres et Directeurs généraux, par la prière de leurs parents et marabouts, sont aujourd’hui heureux de voir la vérité rétablie, par la grâce de Dieu, sur la situation du pays. Ils nous avaient laissé un pays qui était en voie d’émergence et qui aujourd’hui est dernier de la CEDEAO et au centième sous-sol avec une jeunesse qui a perdu tout espoir en de lendemains meilleurs et un monde rural laissé à lui-même à la veille de l’hivernage, débuté déjà dans certaines régions.

Au final, cette interview ne soulève pas seulement la question de la dette. Elle pose une question plus profonde : comment restaurer la confiance dans la parole politique lorsque ceux qui dénonçaient hier les contradictions du système sont eux-mêmes rattrapés par l’obligation de cohérence une fois au pouvoir ? C’est la question de la bonne foi qui est en jeu pour Ousmane Sonko qui nous a finalement habitué au reniement de sa parole.

Ibrahima Baba SALL

Ancien Premier Vice-président de l’Assemblée nationale

Maire de Bakel

Auteur: Par Ibrahima Baba SALL
Publié le: Mardi 16 Juin 2026

Commentaires (15)

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    Avis il y a 10 heures
    Comment peut être être autant de mauvaise foi et dénaturer sciemment les propos de M. sonko ? C’est ahurissant comment la haine de quelqu’un peut pousser une personne à mentir comme ça !!!
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    Pathétique il y a 9 heures
    Et venant des intellectuels, c’est drôle…
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    KARIM il y a 2 heures
    Non, Sonko parle de l'annulation de la dette odieuse, il n'avait pas le pouvoir en tant président du parti pastef et en tant qu'un simple premier ministre.
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    KALKULART il y a 10 heures
    Au boulot!!! Au travail, pauvres citoyens, votre destin est entre vos mains. Vous seuls êtes en mesure de transformer votre destin
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    sfd il y a 10 heures
    yalna nako ya Allah atté ak feu Moustapha Ba
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    Gagne il y a 9 heures
    Laet question a oustas alioune sall Lou l'islam wakhe Thie et aux autres oustas et chef religieux
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    Mon commentaire il y a 9 heures
    Quand j'ai écouté Ousmane Sonko dans l'interview avec RFI et France 24, j'ai beaucoup réfléchi. Je ne suis pas un militant de pastef avec carte de membre mais j'ai plus ou moins suivi ce qui se disait et je me suis dit que tous ces sénégalais ne pouvaient pas se tromper sur le compte de Sonko. Quand il a évoqué la dette cachée et surtout quand le pays a commencé à souffrir financièrement du fait de cette dette cachée. Mais, quand j'ai écouté Ousmane Sonko reculer par rapport à ce qu'il avait dit sur la dette cachée, j'en étais trop déçu. Je l'ai été pour deux raisons. D'abord, quand un premier ministre n'a pas tous les levier sur une question aussi grave, il ne fait pas une déclaration aussi affirmative. Il nuance en attendant d'avoir les bons leviers d'appréciation. Ensuite, Sonko dit avoir parlé en tant que chef de parti et non en tant que premier ministre. Alors que faisaient des ministres non politique autour de lui quand il faisait sa déclaration ? En ce que je sache, quand il faisait cette déclaration, Ousmane Sonko avait autour de lui, Ousmane Diagne, Sarr, ancien ministre de l'économie, Al Amine Lo, ancien SG du gouvernement. Toutes ces personnes ne font pas de la politique. Par conséquent, Ousmane a parlé en tant que PM.
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    Momo il y a 8 heures
    Bon sang! Vous ne pouvez pas la fermer une bonne fois pour toute? Vous avez ete maire d'une ville (Bakel) qui est toujours dans les profondeurs. Il ne sert a rien de parler pour sortir des platitudes. Mettez-vous au service des populations et taisez-vous. Wakh rek!
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    Imam il y a 8 heures
    La déclaration de Sonko sur la dette cachée a tué l'économie du Sénégal. Son passage à la primature a été une vraie catastrophe pour le pays

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