C'est un véritable paradoxe que le syndicat d'initiative et de tourisme de Thiès a décrit, lors d'un point de presse à Saly. C'est parce que, selon Boubacar Sabaly - président régional du syndicat d'initiatives et de tourisme - la région de Thiès, bien qu'étant le poumon du tourisme sénégalais, ne bénéficie pas des retombées financières qui lui filent entre les doigts, au profit d'autres localités du pays.
Avec ses 91 établissements hôteliers avec 3000 chambres et 6.000 lits, la région reçoit chaque année 120.000 arrivées du tourisme dit de loisir. Les études ont montré que pour un séjour de deux semaines, le touriste consacre une journée et demi à la découverte, qui lui coûte en moyenne 80.000 Fcfa. Donc, chaque année, les touristes injectent dans le pays 9,6 milliards Cfa au titre des dépenses faites lors des découvertes ; avec surtout l'achat de souvenirs du pays. Dans ce cas, note Boubacar Sabaly, la région n'en reçoit que des portions congrues car la première destination des touristes est les Iles du Saloum, ensuite l'Ile de Gorée, le Gandiolé, le Lac Rose ; la région n'ayant que le parc de Bandia et l'Ile aux coquillages de Joal. Dans cette manne réservée aux dépenses liées à la découverte, c'est la région de Dakar qui se taille la part du lion avec les 60%. Cela se justifie par la présence du village artisanal de Soumbédioune. C'est pour faire en sorte que la région bénéficie de ces retombées que le syndicat d'itiatives et de tourisme a sonné la mobilisation, dans une région pourtant riche en patrimoine et en diversité culturelle. Autrement dit, souligne Boubacar Sabaly, Thiès doit se mobiliser pour bénéficier des retombées financières d'un secteur stratégique dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Cela passera par la valorisation des sites qui existent bel et bien, mais qui sont méconnus pour être rentabilisés. On peut citer les manufactures des arts décoratifs de Thiès, qui étaient pourtant dans les années 80 une destination prioritaire des visiteurs. Pour le président du syndicat régional, la difficulté réside dans un déficit de communication qu'il faut rapidement résorber. Pour lui, la région doit s'inspirer de l'exemple de Saint-Louis qui a affrété ce matin un avion, pour l'inauguration du fort restauré de Podor en présence de l'Ambassadeur de France. Du fait de la mobilisation de tous les acteurs, dit-il, c'est des images fortes qui vont se créer et ne manqueront pas d'apporter plus tard de la valeur ajoutée. S'y ajoute que la région doit disposer d'outils convenables, avant de pouvoir permettre aux visiteurs potentiels d'avoir des éléments d'appréciation. Là aussi, l'exemple de Saint-Louis a été cité. Les statistiques ont montré aux acteurs Saint-Louisiens que 27% des arrivées l'ont été par l'intermédiaire d'amis, 27% par les guides, 11% par les agences de voyage, 6% par internet, 2% par le syndicat d'iniative et 1% par la presse. Ces chiffres leur permettent de mieux voir là où ils doivent appuyer davantage pour mieux rendre efficace leur politique de promotion. Le syndicat d'intiatives, pour y arriver, tente d'impliquer tous les acteurs et toutes les collectivités locales pour une synergie collective. Les outils de promotion seront confectionnés et des dépliants illustratifs mis en place, au niveau des sites touristiques. Avec la chambre des métiers, un week-end de l'artisanat est envisagé à Saly, avec une exposition. Mais la seconde mamelle de notre économie traîne aussi des casseroles avec les déboires engendrés par la prostitution, le raccolage, la pédophilie. Pour Sabaly, ce qui est important c'est de valoriser le positif et faire en sorte que le négatif soit réduit à des proportions congrues. Selon Ousmane Diaw - le représentant du chef du service régional du tourisme - le ministère va bientôt mettre en place un commissariat spécial du tourisme, pour veiller sur la sécurité et les moeurs. La valorisation du tourisme sera également à l'ordre du jour ce vendredi 10 mars à la croix rouge de Thiès, à l'occasion de la grande nuit du tourisme qui en est à sa deuxième édition. Il s'agit, selon Boubacar Sabaly, de rassembler tous les acteurs du tourisme lors d'une soirée récréative, pour des discussions informelles sur la question. Selon le représentant du directeur général de la Sapco, le schéma d'aménagement de la Grande côte - qui intéresse également la région de Thiès - est en cours d'étude pour déterminer les zones à vocation touristique
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