«La situation sociale, politique, économique, culturelle et sportive que traverse la région est catastrophique », a déploré Idrissa Ndiaye, le président du cadre de concertation des jeunes de Sédhiou. « Aucune infrastructure de base, de quelque nature que ce soit n’existe, n’a jamais existé et nous espérons qu’elle existera », a-t-il décrié. Idrissa Ndiaye d’indiquer que ce message a été porté à la connaissance des autorités de ce pays, d’Abdou Diouf à Abdoualye Wade, mais sans succès. « Nous réitérons le même message à Macky Sall, en prenant à témoin le peuple sénégalais dans toute sa diversité car les autorités religieuses et coutumières, les organisations de la société civile, les défenseurs des droits de l’homme, tout le mode est témoin de cette incompréhensible marginalisation ». Et Idrissa Ndiaye de se demander si c’est une erreur des politiques de développement, ou une simple jalousie.Enumérant les domaines qui souffrent le plus, il informe qu’au plan du sport, Sédhiou fait la fierté de tout le peuple sénégalais. En football, Papis Demba Cissé et Sadio Mané ont fini de hisser le Sénégal à la plus haute sphère sportive. En lutte Balla Gaye 2 et Lac de Guiers ont renforcé la renommée du pays. Malheureusement, regrette-t-il « on a arrêté et emprisonné quatorze jeunes de Sédhiou parce qu’ils réclamaient un stade en lieu et place d’un terrain nu ».En matière de culture, poursuit-il, « Sédhiou s’est hissée sur la scène de la diversité culturelle grâce à l’Ucas. Une structure qui n’a jamais existé de mémoire d’homme de par son envergure : une troupe théâtrale, une section football, de basket-ball et la section musicale avec l’orchestre Ucas Band qui a fini de s’exiler en Gambie puisque l’Etat n’a jamais accompagné cette dynamique culturelle ».Pire, ajoute-il, jusque-là, la ville n’a ni centre culturel, ni espace jeunes ni un Cdeps digne de ce nom.Dans le domaine de la santé, c’est un poste de santé qu’on a érigé en district sanitaire et le district sanitaire, un ancien cantonnement militaire, est érigé en hôpital régional.Au niveau de l’éducation, Idrissa Ndiaye argumente : « la région a toujours été honorée par la qualité de ses cadres. Mais la région court droit vers la panne de cadre ». Il indique que toutes les régions ont dépassé l’enseignement général que Sédhiou peine à boucler avec un lycée en construction depuis 2005. Comme si cela ne suffisait pas, fait-il remarquer, dans toutes les régions, les nouveaux lycées sont en R+ 2. A Sédhiou, on construit des R+1. Où est passé le financement, se demande-t-il ? « L’existence d’un Etat est garantie par sa possibilité de sanctionner. L’enseignement technique qui ouvre les portes des métiers est inconnu des Sédhiois. Exigeons qu’on situe les responsabilités, qu’on sanctionne ceux qui ont dilapidé l’argent du contribuable », suggère-t-il.En posant les doléances de la jeunesse, Idrissa Ndiaye demande à Macky Sall, la construction de l’université du Pakao, une vieille doléance des populations. Cela se justifie, dit-il, car Sédhiou est, aujourd’hui, le centre de la Casamance et même de la sous-région. Les jeunes ont également dit attendre avec impatience le conseil interministériel décentralisé. Ils estiment que le président a pris la bonne direction en s’enquérant des difficultés des Sénégalais à la base. Mais conscients qu’il ne peut pas tout régler, ils l’interpellent sur les problèmes qui freinent l’envol économique et social de la région et qui sont l’enclavement, la gestion gabégique des projets qu’on finance et qu’on exécute dans les bureaux, la faiblesse des moyens de la municipalité qui ne permet pas aux politiques d’agir.
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