Journée mondiale sans tabac 2026 à Kédougou : Malgré les alertes, la cigarette continue de faire des ravages
La communauté internationale célèbre ce 31 mai la Journée mondiale sans tabac sous le thème « Démasquer l’attrait – lutter contre la dépendance à la nicotine et au tabac ». Un sujet qui interpelle sur les stratégies de l’industrie du tabac pour attirer de nouveaux consommateurs et sur les conséquences sanitaires liées à la dépendance à la nicotine.
À Kédougou, les campagnes de sensibilisation menées depuis plusieurs années semblent avoir peu d’impact sur les habitudes des fumeurs. Dans les rues, les marchés, les lieux de rassemblement, voire dans certains espaces publics où la consommation de tabac est pourtant interdite, les cigarettes continuent de se consumer sans interruption.
Mais c’est surtout dans les sites d’orpaillage artisanaux que le phénomène prend une ampleur particulière.
Dans les mines d’or, la cigarette est omniprésente
Sous un soleil de plomb, au milieu de la poussière et du vacarme des activités minières, de nombreux orpailleurs enchaînent les cigarettes du matin au soir. Certains affirment que le tabac leur permet de supporter les longues heures de travail dans des conditions particulièrement difficiles.
« Quand je travaille au fond du puits, j’ai besoin de fumer. Sans cigarette, je n’ai pas l’énergie nécessaire pour tenir la journée », confie Moussa, un jeune orpailleur rencontré sur un site d’exploitation. La dépendance est telle que plusieurs travailleurs partagent parfois une même cigarette à deux ou trois.
Les premiers signes de détérioration de la santé
Pourtant, les conséquences sur la santé commencent à se faire sentir chez certains consommateurs réguliers. Abdoulaye, puisatier depuis plusieurs années, reconnaît souffrir de problèmes respiratoires. « Je respire difficilement quand je suis au fond du trou en train de creuser. Souvent, je manque d’air et je tousse beaucoup. Je sais que la cigarette y est pour quelque chose, mais arrêter est devenu très difficile », avoue-t-il.
Même constat chez Oumar, chargé de la sécurité d’un site minier. « Je suis accro. Après chaque repas, il me faut une cigarette. Si je ne fume pas, j’ai l’impression de ne pas avoir mangé. C’est devenu une habitude dont je n’arrive plus à me débarrasser ».
D’autres vont encore plus loin dans leur dépendance. « Avec trois verres de thé et une vingtaine de cigarettes, je peux passer toute une journée sans manger », raconte un orpailleur, conscient des risques, mais incapable de renoncer au tabac.
Les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme
Selon plusieurs agents de santé de la région, les cas de toux chroniques, de difficultés respiratoires et de maladies cardiovasculaires liés au tabagisme sont régulièrement observés dans les structures sanitaires.
Un infirmier interrogé à Kédougou rappelle que le tabac demeure l’un des principaux facteurs de risque de nombreuses maladies. « La cigarette n’affecte pas seulement les poumons. Elle augmente aussi les risques de cancer, d’hypertension artérielle, d’accidents vasculaires cérébraux et de maladies cardiaques. Beaucoup de fumeurs ne réalisent les dégâts qu’une fois les complications installées ».
« J’aurais aimé ne jamais commencer »
Dans la commune de Kédougou, Mamadou, peintre de profession, regrette aujourd’hui d’avoir commencé à fumer dès son adolescence. « À l’époque, je pensais que c’était un simple loisir. Aujourd’hui, je ressens parfois des picotements au niveau de la poitrine. Je commence à m’inquiéter pour ma santé. Si je pouvais revenir en arrière, je n’aurais jamais touché à une cigarette ».
Son témoignage illustre les regrets exprimés par de nombreux fumeurs qui peinent à se libérer de leur dépendance malgré leur volonté d’arrêter.
Un défi de santé publique
À l’occasion de cette Journée mondiale sans tabac, les acteurs de la santé appellent à renforcer les actions de prévention, notamment auprès des jeunes et des travailleurs des sites d’orpaillage artisanaux où la consommation demeure particulièrement élevée.
Face à une dépendance qui ne cesse de croitre, les autorités sanitaires estiment qu’il est urgent de multiplier les campagnes d’information afin de mieux faire comprendre les dangers du tabac et d’encourager les fumeurs à entreprendre une démarche de sevrage.
À Kédougou, malgré les nombreux messages de sensibilisation, la lutte contre le tabagisme reste un combat de longue haleine. Entre habitudes profondément ancrées, dépendance à la nicotine et méconnaissance des risques, la cigarette continue de faire de nombreux adeptes, souvent au détriment de leur santé.
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