« Mobilisés pour le BAC, menacés par l'audit » : Le dilemme des examinateurs et correcteurs
Alors que les épreuves du second groupe du baccalauréat débutent ce jeudi sur l’ensemble du territoire national, de nombreux enseignants mobilisés pour l’organisation de cet examen national vivent une situation de plus en plus préoccupante. En cause : la concomitance entre leur mission d’encadrement du BAC et l’audit des agents de l’État et des fonctionnaires, actuellement en cours dans plusieurs localités du pays.
Absents de leurs postes d’affectation en raison de leur réquisition pour le baccalauréat, plusieurs enseignants redoutent de ne pas pouvoir se présenter à l’audit administratif. Une situation qu’ils jugent particulièrement injuste, dans la mesure où leur absence est motivée par une mission de service public.
Selon plusieurs sources, une solution consistant à permettre aux enseignants de se faire auditer dans les localités où ils sont affectés pour les besoins du baccalauréat avait été évoquée. Toutefois, cette option semble difficilement réalisable. Dans plusieurs centres, les opérations d’audit sont programmées à des dates qui coïncident avec la fin des épreuves du second groupe, empêchant ainsi les enseignants concernés d’y prendre part.
Le dilemme des examinateurs : entre devoir national et contrôle administratif
« Nous sommes au service de l’État en assurant le bon déroulement du baccalauréat. Il serait paradoxal que cette mission nous expose à des difficultés administratives », confie un examinateur sous couvert de l’anonymat. « Nous ne pouvons pas abandonner les candidats pour retourner précipitamment dans nos établissements d’origine afin de nous faire auditer. »
Même inquiétude chez Madame Ndiaye, mobilisée comme correctrice dans un centre d’examen : « Nous avons répondu à une réquisition officielle. Nous demandons simplement que cette situation exceptionnelle soit prise en compte. Il serait regrettable que des enseignants soient pénalisés alors qu’ils accomplissent une mission nationale », plaide-t-elle.
Pour Samba Diaw, membre du secrétariat d’un jury, la solution la plus réaliste serait une prolongation exceptionnelle de la période d’audit. « Nous sollicitons une mesure de souplesse de la part des autorités. Dès notre retour des examens, nous sommes prêts à nous soumettre à toutes les formalités d’audit, au même titre que nos collègues restés dans leurs établissements », explique-t-il.
Un appel à une dérogation ou une prorogation des délais
Les enseignants concernés rappellent que chaque année, des centaines de personnels de l’éducation sont mobilisés à travers le pays pour assurer le bon déroulement des examens nationaux. À leurs yeux, cette mission ne devrait en aucun cas les priver de leurs droits administratifs.
Face à cette situation, ils lancent un appel aux autorités compétentes afin qu’une prorogation de la période d’audit ou une mesure dérogatoire soit envisagée. Une telle décision permettrait, selon eux, de concilier les exigences du contrôle administratif avec les impératifs liés à l’organisation du baccalauréat, sans léser des agents de l’État engagés au service de la Nation.
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