Réponse du Mouvement des étudiants Jëf Jël à Ousmane Sonko : "L'université est un sanctuaire, non un commissariat !"
"Alors que la communauté universitaire pleure encore la mort tragique de notre camarade Abdoulaye Ba et que des aînés de bonne volonté – à l'image de la Génération 88 et de la société civile – déploient d'immenses efforts pour renouer le fil du dialogue, le Premier ministre (Ousmane Sonko) vient de porter un coup violent à l'espoir de pacification".
Ces propos sont du Mouvement des étudiants Jëf Jël qui souligne que "par sa déclaration de ce soir à l'Assemblée nationale, le chef du gouvernement a choisi la provocation, la menace et la surenchère sécuritaire face à une jeunesse qui réclame simplement la dignité, le paiement de ses bourses et le droit d'étudier".
Le Mouvement des étudiants Jëf Jël dénonce cette "volonté assumée de militariser l'espace universitaire". Selon lui, "affirmer que le campus social est 'un quartier comme les autres' et y annoncer l'implantation d'un commissariat de police, c'est bafouer ouvertement la loi n°94-79 consacrant les franchises et libertés universitaires".
Les étudiants Jëf Jël rappellent que "l'histoire de notre pays est pourtant claire : la présence permanente des forces de l'ordre sur le campus n'a jamais été une solution. Elle est une source constante de tensions et le détonateur des tragédies qui ont coûté la vie à Balla Gaye, Fallou Sène et aujourd'hui Abdoulaye Ba".
Ils disent "non" à la transformation de l'université Cheikh Anta Diop en un camp de redressement policier. Car "les étudiants ne sont pas le problème. Ils subissent les conséquences d'un système éducatif à bout de souffle. Brandir la menace d'une délocalisation punitive pour masquer l'incapacité du gouvernement à régler la question vitale des bourses et des œuvres universitaires relève d'une fuite en avant inacceptable. L'empathie et la concertation ne se décrètent pas avec des matraques".
Face à ce discours qui "court-circuite toute issue pacifique et risque de précipiter notre enseignement supérieur dans le chaos", le Mouvement des étudiants Jëf Jël en appelle solennellement à l'arbitrage exclusif du président de la République.
Il rappelle qu'il est de la responsabilité du chef de l'État de "reprendre la main, de stopper cette dangereuse dérive sécuritaire et de prêter une oreille attentive à ceux qui œuvrent pour une issue pacifique". Avant d'exiger "le respect absolu et exclusif des franchises universitaires" ; "l'abandon immédiat du projet de commissariat au sein du campus" ; "l'ouverture de véritables assises de l'université pour des réformes structurelles, humaines et inclusives".
Ces étudiants de Jëf Jël refusent que "(leur) avenir soit sacrifié sur l'autel de la force aveugle", car "l'université restera la lumière de la République !".
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