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Le Professeur Joe Cabral révèle ce qui empêche vraiment les Sénégalaises de réussir

Auteur: Yandé Diop

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Le Professeur Joe Cabral révèle ce qui empêche vraiment les Sénégalaises de réussir

Et si le véritable frein à l’essor économique des femmes en Afrique de l’Ouest se trouvait à la maison ? Dans son nouvel ouvrage, le Professeur François Joseph Cabral, alias Joe Cabral, met à nu une réalité souvent ignorée. Il s’agit de la garde d’enfants qui, selon lui, reste l’un des principaux obstacles à l’émergence d’une classe moyenne féminine solide dans l’espace UEMOA. Intitulé « La contrainte de garde d’enfants, un frein à l’essor de la classe moyenne féminine », ce livre collectif, publié aux Presses universitaires de Dakar, dissèque les trajectoires de femmes au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et au Bénin. Le constat est sans appel : « sans solutions de garde accessibles, difficile pour les femmes de s’imposer durablement sur le marché du travail ». Économiste, François Joseph Cabral est spécialiste des questions de croissance et de marché du travail. Il dirige le LINC à l’UCAD et coordonne le CRES, tout en pilotant le projet de l’Université du Sénégal Oriental.

Travailler… ou garder les enfants

Depuis deux décennies, la croissance économique a fait émerger une classe moyenne en Afrique. Mais derrière cette dynamique, une inégalité persiste. Les femmes travaillent davantage, certes, mais restent piégées par un déséquilibre structurel : elles portent l’essentiel des tâches domestiques. « Entre emploi et famille, le choix est souvent imposé. Et il se fait rarement en faveur de la carrière », dit-il. Et d’ajouter : « dans la majorité des pays étudiés, les femmes évoluent dans le secteur informel ou restent en marge du marché du travail. Les jeunes, en particulier, sont durement touchées ; beaucoup ne sont ni en emploi, ni en formation, ni à l’école ». À l'en croire, cela entraîne « une perte sèche pour les économies nationales, qui se privent ainsi d’un moteur de croissance ».

Une équation simple : pas de garde, pas d’emploi

L’ouvrage met en évidence un levier clé : la disponibilité des services de garde d’enfants. Là où ces structures existent et sont accessibles, les femmes travaillent davantage. Là où elles font défaut, elles restent à la maison. Un arbitrage contraint, dicté par le coût, le temps et l’absence d’alternatives. Au-delà du diagnostic, Joe Cabral appelle à l’action. Investir dans les crèches, structurer une offre de garde, soutenir le secteur privé : autant de pistes pour libérer le potentiel économique des femmes. Dans un engagement concret, l’auteur annonce que les revenus du livre serviront à financer une crèche au sein de la future Université du Sénégal Oriental.

L’ouvrage s’ouvre également sur un hommage appuyé à Eugénie Rokhaya Aw, figure majeure du journalisme et de la recherche au Sénégal. Militante, intellectuelle et pionnière, elle a consacré sa vie à la cause des femmes et à la transmission du savoir.

Auteur: Yandé Diop
Publié le: Mercredi 01 Avril 2026

Commentaires (5)

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    ROMY il y a 3 jours
    Ce que vous dites Professeur est tellement vrai que les hommes utilisent parfois la garde des enfants pour freiner la carriere de leurs epouses. J'ai une niece qui a le meme niveau d'etude que son mari . Apres la naissance de son 1er enfant je lui propose de lui payer la creche pour qu'elle puisse trouver un stage et par ricochet un travail. Colere du mari qui dit que son enfant ne va pas aller en creche pour un stage, il aurait compris si c'etait un travail. Avec mon soutien et sa determination ma niece a decide de prendre le stage et avancer. Aujourd'hui, 5 ans apres ma niece a un travail mieux renumere que le sien. En realite c'etait cela sa hantise!!! En plus de la disposition des services il faut travailler sur les relations de pouvoir entre les hommes et les femmes au sein des menages. le jeunes d'aujourd'hui veulent epouser des femmes diplomees et ne sont pas prepares a gerer ce genre de relations, d'ou le taux de divorce eleve chez les jeunes.
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    Constat il y a 3 jours
    Pour aller dans le même sens, certes la garde de son enfant peut être un frein à l'emploi pour la femme, mais à quel moment et dans quelles circonstances? En parlant de "garde d'enfant", on peut admettre l'hypothèse simplificatrice d'une femme mariée. Donc, s'agit il du moment où elle doit rechercher/exercer un premier emploi rémunéré ou autorémunéré (H: elle n'en avait pas avant) ou s'agit il du moment où elle devrait reprendre ou non son emploi après son congé de maternité (H: elle est déjà salariée ou s'autoemploie). Pour le premier cas, la probabilité de frein est certes élevée seulement si le nouvel emploi ne lui permettrait pas de payer une nounou (ou femme de maison) ou qu'il n'y a pas dans le cercle familial quelqu'un/une de fiable à qui confier le bébé (ou les enfants) pendant ses absences régulières et répétitives. Je suppose ici que le mari a un travail qui l'occupe et serait dans l'incapacité de lui payer la nounou en plus de ses charges. Pour le second cas, la probabilité que la femme ne reprenne pas son travail est quand-même faible; et seules des contraintes extrêmes peuvent l'obliger à rester à la maison en renonçant à un salaire qui lui serait d'une grande utilité; cependant si ce qu'elle gagnait pourrait être jugée comme relativement faible ou "misérable", il se poserait certes un choix d'opportunité, mais c'est ce niveau de salaire-là qu'il faudrait interroger, indexer et expliquer.
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    Anonyme il y a 3 jours
    On pointe du doigt des effets( garde des enfants) et non les causes véritables : Mariages ou grossesses précoces, maintien précaire dans le système éducatif, lourdes tâches domestiques, insécurités sur le chemin de l’école et même dans le milieu familial… Les femmes ont moins accès aux programmes de formation en gestion, en comptabilité ou aux nouvelles technologies (TIC), ce qui limite leur compétitivité sur le marché du travail. Les femmes africaines sont très actives dans l'économie, mais souvent cantonnées au secteur informel ou à de petites exploitations. Elles éprouvent plus de difficultés de parvenir au crédit formel. Il faudrait réfléchir, entre autres, à un système éducatif séparé pour les femmes
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    Jay il y a 3 jours
    Ce que vous dites peux être compris mais nous vivons dans une société autre que celle vous faites référence. N'allez pas jusqu'à oublier l'impact qu'une femme au foyer qui connait bien sa mission peut avoir sur la société dans sa globalité. Construire un humain n'a pas d'égal en mon humble avis. Toutes les dérives de ce monde nous viennent de ces sociétés de femme au bureau . C'est un choix personnel. Peace out.
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    Nnekk!!! il y a 3 jours
    Croissance ou non, les hommes au boulot et les femmes à la maison. Nous ne confierons point nos enfants à d'autres femmes inconnues du matin au soir, cinq jours sur sept.

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