Macky Sall à Onu : le poids de Diomaye Faye et Ousmane Sonko
Dans un entretien accordé à L'Observateur, l'enseignant en géopolitique Régis Hounkpe analyse l’ambition de Macky Sall pour le Secrétariat général de l'ONU. Pour lui, le succès de cette quête repose sur un pilier non négociable : le soutien indéfectible de Dakar. Même s’il signale qu'il est bien impossible de marquer l'histoire des Nations Unies sans être « soutenu et accompagné du début à la fin du processus par son propre pays ».
Interrogé sur les critères qui déterminent réellement l’élection à la tête de l'organisation, il rappelle que diriger l’ONU est une « marche incroyablement périlleuse et humainement passionnante ». Si le premier critère demeure « la compétence, le parcours et l’envergure diplomatique », le spécialiste martèle que « l'on ne postule pas à l’ONU pour témoigner, mais pour marquer l’histoire ».
Cependant, cette envergure ne suffit pas. L'ancien Président aura impérativement besoin de la machine diplomatique sénégalaise et, plus précisément, de l'entregent du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Sans cette impulsion venue du sommet de l'État, la candidature manquerait de la base légitime indispensable pour convaincre le reste du monde.
À ce stade, aucune annonce officielle n’a été faite par le Sénégal. Pour Régis Hounkpe, cette réserve traduit vraisemblablement une phase de discussions et de négociations destinée à tester la solidité et la viabilité diplomatique du projet.
Le parrainage national constitue en réalité le premier maillon d’une chaîne beaucoup plus vaste : consolidation du consensus interne, mobilisation continentale à travers la CEDEAO et l’Union africaine, puis négociations décisives avec les membres permanents du Conseil de sécurité, dont le droit de veto demeure un levier déterminant dans les rapports de force internationaux.
Certes, Macky Sall dispose d'atouts sérieux : un engagement reconnu sur les dossiers climatiques, sécuritaires et économiques, couplé à un carnet d'adresses international « flamboyant ». Toutefois, l'interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias prévient que la décision finale dépendra moins du répertoire téléphonique du candidat que des intérêts stratégiques globaux.
Si le soutien de Dakar est jugé « incontournable et indispensable », il n'est pas pour autant « suffisant ». La bataille finale se jouera sur le terrain du lobbying des grandes puissances et face à des concurrents de taille, à l'image de Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili (2006-2010, 2014-2018) et Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme (2018-2022), dont l'envergure internationale pourrait peser lourd dans la balance, tranche l'analyste.
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