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ASER : « LAMP » Sène abdique et la vérité rattrape le mensonge d’État (par Ibrahima Ndiaye)

Auteur: Ibrahima NDIAYE

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ASER : « LAMP » Sène abdique et la vérité rattrape le mensonge d’État

La convocation de Jean-Michel Sène à la Section de recherches, suivie de sa plainte contre son prédécesseur Baba Diallo, n’est pas un acte de transparence. C’est un aveu. Un aveu tardif, maladroit, et politiquement dévastateur.

Pendant des mois, les Sénégalais ont été soumis à une mise en scène soigneusement orchestrée : un projet présenté comme un modèle d’exécution, si parfaitement maîtrisé que son directeur général s’est lui-même paré du surnom de « Lamp ». Toute suspicion était aussitôt disqualifiée. Une communication politique agressive et coûteuse qui visait à étouffer dans l’œuf tout contrôle sérieux sur l’usage des ressources décaissées. Aujourd’hui, ce château de cartes s’effondre.

Il faut le dire sans détour : les Sénégalais ont été délibérément trompés.

Lorsque le député Thierno Alassane Sall a exercé son rôle constitutionnel de contrôle parlementaire, il n’a pas obtenu de réponses. Il a plutôt subi des attaques : insultes publiques, campagnes de diffamation organisées, intimidations politiques orchestrées jusqu’aux plus hautes sphères de l’exécutif, y compris le Premier ministre. Le pouvoir a choisi d’écraser plutôt que de répondre. Ce faisant, il a sciemment saboté le débat démocratique sur l’un des chantiers les plus vitaux du pays.

Dans le même temps, des officines médiatiques tels que Xalat TV, Sunugal24, Solutions TV, Sans Limites, Yoor-Yoor, ont été mobilisées comme des instruments de propagande. Des influenceurs mis à contribution. Des mises en scène précipitées montées pour donner l’illusion du mouvement. Et pourtant, une question centrale est restée sans réponse : que sont devenus les 37 milliards de francs CFA engagés ?

Aujourd’hui, la réponse est accablante : après 22 mois, moins de 40 villages électrifiés sur plus de 1 700 prévus. Ce n’est pas un retard. C’est un naufrage. Un naufrage qui n’appelle pas seulement des explications, mais des poursuites judiciaires, sans exception, sans immunité, sans arrangement.

Rappelons que ce projet devait être achevé en juin 2027. Compte tenu de la suspension provisoire du 21 novembre 2024 au 21 février 2025, l’échéance pourrait être repoussée à octobre 2027. Mais dans les villages, cette arithmétique des délais ne signifie qu’une seule chose : des années supplémentaires dans l’obscurité.

« On ne peut pas être simultanément l’homme du ‹ tout va bien › et celui du ‹ tout était compromis avant mon arrivée ›. Cette contradiction n’est pas une maladresse de communication. C’est une faute morale et politique majeure. »

Le bouc émissaire, ultime refuge d’un système défaillant

Face à ce bilan catastrophique, la réponse du régime est d’une banalité déconcertante : désigner un bouc émissaire. Jean-Michel Sène accuse désormais son prédécesseur Baba Diallo. Trop commode. Trop tardif. Trop transparent dans sa mécanique.

Car pendant toute cette période, ce même Jean-Michel Sène affirmait que tout allait bien. Il rassurait, minimisait, contredisait les alertes. Ses versions se sont succédé comme autant de fictions :

  1. « Tout se passe bien »
  2. « Une surfacturation corrigée par une renégociation »
  3. « Des accusations contre l’ARCOP, la Cour suprême, la banque Santander »
  4. « Des retards douaniers »
  5. « Ceux qui exigent des comptes sont des mercenaires à la solde de Seydou Kane »
  6. Et aujourd’hui : « Tout allait déjà mal avant moi »

Plus grave encore : son attitude a parfois donné le sentiment troublant qu’il défendait davantage les intérêts de son cocontractant que ceux du peuple sénégalais.

Sa plainte contre Baba Diallo ressemble moins à un acte de justice qu’à une diversion judiciaire calculée, un écran de fumée destiné à brouiller les responsabilités au moment où celles-ci convergent vers lui. Pourquoi ne pas porter plainte contre la société AEE Power EPC, à laquelle les fonds ont été versés, ainsi que contre son représentant, José Gonzales Tauz ?

Si Baba Diallo est fautif, cela ne pourrait être qu’en complicité avec ce dernier.

En tant que responsable de l’opérationnalisation du marché, Jean-Michel Sène a affirmé avoir vérifié, puis renégocié le contrat. Il en a redéfini les termes. Il en porte donc l’entière responsabilité. Rappelons-le : lorsqu’une surfacturation est suspectée, on saisit la justice. On ne renégocie pas un acte potentiellement délictuel — au risque de s’en rendre complice.

Un système de gouvernance fondé sur la dissimulation

Au-delà des personnes, c’est un système qui se révèle. Le passage d’un projet d’intérêt national à un objet de guerre politique a délibérément brouillé les repères — opposant contrôle parlementaire et communication institutionnelle, au détriment des faits et des Sénégalais les plus vulnérables.

Ce qui choque, ce n’est pas seulement l’échec. C’est la stratégie méthodique déployée pour le masquer :

  1. Criminalisation des lanceurs d’alerte, présentés comme stipendiés et inféodés à des intérêts étrangers ;
  2. Instrumentalisation de la communication publique comme outil de désinformation ;
  3. Politisation du débat pour esquiver le fond et noyer les faits ;
  4. Réécriture rétrospective des responsabilités quand les faits deviennent indéniables.

Ce n’est pas une erreur isolée. C’est un système de gouvernance fondé sur la dissimulation : où la parole publique sert à se protéger, où la responsabilité est toujours renvoyée ailleurs, où les faits ne sont reconnus que lorsqu’il devient impossible de les nier plus longtemps.

Gouverner ne se limite pas à inaugurer ou à communiquer. Gouverner, c’est assumer les résultats, qu’ils soient conformes ou non aux promesses. Jean-Michel Sène ne peut pas se réfugier derrière Baba Diallo, derrière des procédures, derrière des plaintes tactiques. Il est comptable de la situation, pleinement et entièrement.

Dans une République digne de ce nom, on n’hérite pas seulement des fonctions et des avantages qui les accompagnent. On hérite aussi des responsabilités.

Cette situation impose aussi de poser une question plus large : comment en est-on arrivé là ? L’adéquation entre compétences, expérience et niveau de responsabilité demeure un impératif élémentaire de bonne gouvernance. C’est précisément le sens de l’appel à candidatures promis par PASTEF — auquel ils se sont finalement dérobés, car rares sont ceux qui, à l’issue d’un processus méritocratique transparent, auraient accédé aux postes qu’ils occupent aujourd’hui.

Une exigence s’impose désormais, sans ambiguïté : que la justice soit rendue avec rigueur, pour tous — anciens comme actuels responsables — et que chaque faute soit sanctionnée à la hauteur du préjudice causé au peuple sénégalais.

Aujourd’hui, le masque tombe. Et derrière les discours, une réalité persiste, implacable : les villages sont toujours dans le noir. Priver le monde rural d’un service essentiel tout en dissimulant les défaillances derrière un récit politique soigneusement entretenu : voilà qui constitue non seulement une faute de gestion, mais une faute morale et potentiellement criminelle.

Par Ibrahima NDIAYE

Ingénieur Génie Civil

Responsable du Mouvement National des Jeunes de la République des Valeurs en France

Auteur: Ibrahima NDIAYE
Publié le: Mardi 21 Avril 2026

Commentaires (7)

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    Samba il y a 7 heures
    Il. Faut. Patienter. Mr ndiaye. Les. Choses. Seront. Claires. In. Cha. Allah
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    KASSAVIL il y a 7 heures
    Merci de votre contribution et on ne cesse de dire BRAVO a Thierno Alassane SALL qui a été menacé D être électrocuté par un DÉPUTÉ si toutefois il continue avec ce cas lié à ASER. IL est allé jusqu'en ESPAGNE de des propres frais pour que l affaire ASER soit élucidé pour que l espagnol paie les pots cassés s il y en a. Encore Bravo a Thierno Alassane SALL
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    Nnekk!!! il y a 7 heures
    On ne peut plus clair.
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    Salih il y a 7 heures
    Merci pour le texte on a besoin des gens digne
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    WEDI il y a 5 heures
    Que du vent : Que tout le monde est coupable, les anciens comme les nouveaux ! c'est qui tout le monde ? ; et chacun à quel hauteur et quelle est la faute de chacun ..... rien de précis quels villages ont été électrifiés et lesquels ne le sont pas : il fallait demander la liste on veut la voir ; peut-être qu'il y a les villages de nos parents Que s'il y avait appel à candidature ils ne seraient pas aux postes où ils sont ! ne t'en déplaise, eux sont déjà à un niveau de compétence élevé Tu semble avoir déjà rendu la justice Quand on vient pour critiquer , il faut être plus clair que celui que tu accuses de ne pas être clair ... sinon on va croire que vous êtes de mèche Vas chercher les données .. vas-y on t'attend
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    Sénégal il y a 5 heures
    l'essentiel a été dit .
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    Délicieux texte il y a 4 heures
    Votre texte est délicieux par de par son caractère analytique profond suivant la chronologie des faits et qui en dévoile davantage la politisation faite à dessein pour noyer la vérité. Cela ne vous rappelle t-il pas l'histoire de Sweet Beauté? Une tac tic qui a marché par le passé et allait être reproduite. Mais c'était sans compter sur la ténacité de l'honorable TAS. Amoul bayi déh... bi dou yoyou.

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