Détournement présumé de 500 millions de FCFA : La défense demande la responsabilité civile d'ADDHOA
« Il est impossible de plaider l’affaire sans la responsabilité de la société ADDHOA ! » Tel est l’avis de Mᵉ Alassane Cissé, l’un des conseils de Fatima Marianne Fall. Cette dernière a été placée sous mandat de dépôt le 25 mars 2026 pour abus de confiance, faux et usage de faux au préjudice de la société immobilière ADDHOA, où elle officiait en qualité de directrice commerciale. Par la suite, d’autres clients se sont manifestés pour dénoncer des faits similaires. C’est ainsi que Marianne Fall a été extraite de sa cellule pour être entendue, avant d'être conduite à nouveau devant le parquet et placée une seconde fois sous mandat de dépôt, le 7 avril 2026.
Selon les éléments de l’enquête, Fatima Marianne Fall, profitant de ses fonctions de directrice commerciale, entretenait des relations directes avec les acquéreurs dans le cadre de la commercialisation des appartements. Usant de cette position, elle percevait des paiements, souvent en espèces ou par chèque, en dehors des circuits officiels de l’entreprise, avant de s'abstenir de procéder au versement intégral des fonds. Pour donner une apparence de régularité à ces transactions, des documents falsifiés présentés comme des justificatifs de paiement, portant les en-têtes et les cachets d’ADDHOA, étaient remis aux clients.
À l’audience du 23 avril dernier, la chambre de jugement du Pool judiciaire financier, statuant en matière de flagrant délit, avait ordonné la jonction des deux procédures avant de renvoyer le procès.
Le dossier, évoqué ce jeudi 21 mai 2026, a de nouveau été renvoyé au 4 juin 2026 à la demande des conseils de la prévenue. Mᵉ Abou Abdoul Daff, qui a formulé la demande, a informé la chambre que Fatima Marianne Fall avait été extraite de prison la veille pour être conduite à la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre d’une énième affaire similaire. De son côté, Mᵉ Alassane Cissé a formellement demandé à la chambre d’installer la société ADDHOA dans la cause en qualité de civilement responsable.
Pour le compte de la partie civile, Mᵉ Mamadou Seck a invité le juge à retenir le dossier pour les plaidoiries et à rejeter la requête de la défense. « Dans cette affaire, la société ADDHOA est avant tout victime de faux et usage de faux », a martelé l'avocat.
Le juge a recueilli l’avis du procureur de la République financière, qui s’en est rapporté à la sagesse du tribunal. Le juge va-t-il installer ADDHOA dans la cause en qualité de civilement responsable ? Une décision sera rendue sur ce point le 4 juin 2026, juste avant l’ouverture des débats d’audience.
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