« Ne donnez jamais votre code ! » : Me Souleymane Soumaré dévoile les pièges à éviter lors d'une audition face aux enquêteurs
Dans une récente sortie sur les réseaux sociaux, Me Souleymane Soumaré, a tenu à rappeler aux citoyens les droits fondamentaux dont ils disposent lors d'une interpellation ou d'une convocation par les forces de défense et de sécurité. Entre protection de la vie privée et prudence procédurale, l'avocat dresse une ligne de conduite claire pour éviter les pièges de l'enquête.
L'un des points majeurs soulevés par Me Soumaré concerne l'accès aux données numériques, souvent au cœur des enquêtes modernes. Selon lui, la coopération n'est pas une obligation légale en ce qui concerne le déverrouillage des appareils personnels.
« Les citoyens doivent savoir que nul n’est obligé de déverrouiller son téléphone en cas de convocation par la police ou la gendarmerie », martèle-t-il, avant d'ajouter avec fermeté : « Il ne faut jamais au plus grand jamais donner le code de son téléphone. »
Pour l'avocat, l'enjeu est de ne pas faciliter une exploitation de données qui pourrait se retourner contre le prévenu. Il va même plus loin en conseillant une rupture totale avec l'appareil dès l'instant où une procédure est engagée : « Vous faites l’objet d’une enquête, renoncez même à votre téléphone ! Ne l’ouvrez même pas pour appeler vos proches. Je connais des cas dans lesquels des enquêteurs ont profité de cet instant pour arracher le téléphone et l’exploiter. »
Signature de PV et droit au silence
Me Souleymane Soumaré a également alerté sur la valeur juridique des signatures apposées sur les procès-verbaux (PV) d'audition. Il invite les citoyens à une vigilance extrême face à la pression du temps ou de l'autorité.
« Et diantre ! Lisez ce que vous signez !!! Si on ne vous donne pas le temps de relire, ne signez pas ! Vous n’êtes pas non plus obligés de signer ! », rappelle-t-il avec insistance.
Cette prudence s'étend également aux échanges verbaux avec les enquêteurs, qu'il conseille de limiter au strict minimum légal en l'absence d'un conseil. Il met en garde contre la stratégie de la proximité parfois utilisée lors des gardes à vue : « Il ne faut jamais parler d’un dossier avec les enquêteurs, sans la présence d’un avocat. Tout ce que vous dites, même dans un ton amical et familier, pourra être consigné sur PV comme étant vos déclarations sommaires. »
En guise de conclusion, Me Soumaré rappelle un principe fondamental de l'État de droit : le respect des prérogatives individuelles. « Vous avez des droits, quel que soit ce qu’on peut vous reprocher », conclut l'avocat, invitant chacun à rester conscient de ses protections légales face à la machine judiciaire.
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