Viol et pédophilie : Le parquet requiert l'acquittement au bénéfice du doute pour un chauffeur
Le chauffeur S. Badiane, marié et père de famille, a comparu ce mardi 10 mars 2026 devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Thiès. Il est poursuivi pour des faits présumés de viol, pédophilie et détournement de mineure portant sur une adolescente âgée de 13 ans. Les faits se seraient déroulés en novembre 2023 à Pout.
Selon les éléments du dossier, la victime présumée, R. Ndiaye, avait été confiée à la mère du prévenu. Les deux parties partageaient ainsi le même toit. L'affaire a éclaté le jour où la jeune fille a pris la fuite en apercevant S. Badiane s'approcher d'elle. Interrogée par son frère sur cette réaction de peur, elle a fini par confier que S. Badiane abusait sexuellement d'elle. Alerté, le père de la victime a conduit sa fille au poste de santé pour un examen. Le certificat médical établi à l'issue de cette consultation a attesté que la mineure avait déjà eu des rapports sexuels. L'accusé a été interpellé peu après à la suite du dépôt d'une plainte.
Des versions diamétralement opposées à la barre
À la barre, le prévenu a catégoriquement rejeté les accusations portées contre lui. Il a soutenu que ces déclarations étaient mensongères et que la mineure aurait été poussée à tenir de tels propos.
De son côté, la partie civile, R. Ndiaye, a maintenu ses accusations avec fermeté. Elle a affirmé devant la chambre que le prévenu l'avait violée à trois reprises. « Il me conduisait dans un bâtiment inachevé, me déshabillait et entretenait des rapports sexuels avec moi », a-t-elle déclaré. Selon son témoignage, deux des actes se seraient produits dans ce bâtiment en construction et le troisième dans la chambre du prévenu, en l'absence de son épouse. La jeune fille a également précisé qu'après chaque rapport, l'accusé lui interdisait d'en parler sous peine de représailles, malgré les douleurs qu'elle ressentait.
Le réquisitoire : le bénéfice du doute sollicité
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a relevé que, depuis l'ouverture de la procédure, le prévenu n'a cessé de contester les faits tandis que la partie civile est restée constante dans ses accusations. Toutefois, il a estimé que ces accusations reposent essentiellement sur des déclarations, sans preuves matérielles irréfutables ni témoins directs. Estimant que cela laisse subsister un doute raisonnable, le parquet a requis l'acquittement du prévenu au bénéfice du doute.
La défense, assurée par Me Ayi et Me Faty, a salué la position du ministère public, affirmant que le procureur a fait preuve de rigueur intellectuelle en sollicitant l'élargissement de leur client.
L'affaire a été mise en délibéré et le jugement sera rendu le 14 avril 2026.
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