70 ans de présence au Sénégal : Air France inaugure sa nouvelle agence à Dakar
Dans la capitale sénégalaise, le temps long de l’aviation commerciale se lit dans les vitrines d’une nouvelle adresse. Au 15 boulevard El Hadj Djily Mbaye, Air France a ouvert une nouvelle agence après celle de l’avenue Hassane II, qui était en service depuis 55 ans. L’événement coïncide avec les 70 ans de présence de la compagnie au Sénégal. La cérémonie a réuni l’ambassadrice de France au Sénégal, Christine Fages, la directrice générale d’Air France, Anne Rigail, le directeur général France, Afrique du Nord-Ouest et Centrale, Henri Hourcade, la directrice régionale Afrique du Nord, Ouest et Sahel, Nadia Azale, ainsi que des collaborateurs et des invités. Après la coupure du ruban, qui a représenté l’ouverture officielle de l’agence, l’événement a servi de cadre à un échange avec la presse autour de l’histoire, des orientations stratégiques et des perspectives de la compagnie.
Henri Hourcade a retracé les étapes fondatrices de la présence d’Air France sur le continent et au Sénégal. « Air France est africaine puisqu’elle est née sur la fusion de plusieurs compagnies dont l’aéropostale qui avait commencé des lignes dès les années 20, le courrier jusqu’en 1936 et c’est pour ça que les 90 ans sont là aujourd’hui. 1936 c’est la première ligne avec des passagers, avec un avion Dewoitine 333, 10 passagers qui partent de Toulouse. » Il a évoqué les premières liaisons avec Dakar, « avec plusieurs escales en Espagne, à Casablanca et puis Dakar une fois par semaine », et un voyage qui durait près de trente heures. Le responsable a poursuivi le récit en rappelant les évolutions technologiques qui ont jalonné la liaison Paris-Dakar. « La ligne Paris-Dakar a connu toutes les étapes de l’aviation avec l’après-guerre, avec le DC-4, le super Constellation en 1953 qui est le premier gros avion à hélice qui commence à transporter beaucoup plus de passagers et puis le Boeing 707 en 1960, accélération très importante, 1000 km à l’heure, on arrive là sur des temps de trajet qui sont quasiment ceux d’aujourd’hui ». Il a également mentionné l’épisode du Concorde, avec « en 1976, premier vol Paris-Dakar-Rio », il y a, donc, 50 ans.
Fort de cette « liaison » de longue date, ajourd’hui, la ligne Dakar-Paris figure, naturellement parmi les axes plus en vue du réseau africain d’Air France. « On sert Air France avec un 777-300 de 48 places en business, 48 places en premium, 370 places au total, donc le meilleur de nos cabines, le meilleur de nos produits et on continue à investir pour vous sur cette ligne qui est une ligne phare de notre réseau et de notre réseau en Afrique ». Interrogée sur la stratégie globale, Anne Rigail a mis en avant une orientation axée sur la montée en gamme et l’investissement. « La stratégie de la compagnie, c’est vraiment ce que j’ai dit précédemment, proposer à nos clients les plus hauts standards dans l’industrie aérienne pour que la préférence, le réflexe de voyage soit de plus en plus Air France ». Elle a évoqué le renouvellement accéléré de la flotte, avec « plus d’un milliard d’euros par an », ainsi que la reconfiguration des cabines afin d’uniformiser le produit sur l’ensemble du réseau.
La directrice générale a détaillé les évolutions en cabine. « En cabine business, vous avez peut-être vu nos nouveaux sièges avec des portes qui permettent plus d’intimité. On a changé tous nos sièges premium economy pour avoir plus de confort dans cette classe ». Elle a ajouté que la classe économique bénéficie aussi d’améliorations, notamment en matière de confort, d’écrans et de connectivité. L’offre globale comprend également les services au sol : « C’est le confort à bord, mais on a également tout le produit, la gastronomie, le fait d’avoir des salons dans le monde entier qui proposent un accueil amélioré ». Air France dessert plus de 170 destinations dans plus de 70 pays depuis Paris-Charles de Gaulle, ce qui confère à Dakar un rôle de point d’accès vers un vaste réseau. « La moitié des clients qui partent de Dakar sont en correspondance près de la moitié à Roissy. Donc ça permet évidemment une offre très variée », a-t-elle expliqué.
Concernant le Sénégal, Anne Rigail a annoncé qu’un partenariat avec Air Sénégal va bientôt voir le jour. « Air Sénégal va pouvoir très prochainement, vendre des voyages depuis Dakar vers Paris. Mais également en continuation derrière sur 12 lignes, en France, en Europe et également vers le Canada. Donc, c’est un partenariat qu’on souhaite équilibrer gagnant-gagnant », dit-elle. Elle a précisé que la présence de partenaires solides sur le marché local fait partie des orientations d’Air France et que des échanges existent, notamment pour le transfert de compétences. La directrice générale a aussi mentionné la présence humaine et technologique de la compagnie sur le continent. « En Afrique, on a à peu près 700 collaborateurs. On a des collaborateurs, vous le voyez ici, à Dakar », renseigne-t-elle. Elle a évoqué l’ouverture récente d’un centre Bluelink dédié à la relation client et au call center, avec environ 140 employés, ainsi que l’usage de l’intelligence artificielle dans plusieurs domaines opérationnels.
Au cours des échanges, la question environnementale a aussi été abordée. Anne Rigail a exposé un plan d’action global visant à réduire l’empreinte carbone de la compagnie aérienne : « Les sujets environnementaux sont au cœur de nos préoccupations ». Elle a indiqué que le renouvellement de la flotte constitue le principal levier, chaque appareil de nouvelle génération permettant une réduction de 20 à 25 % des émissions de CO₂ par passager-kilomètre. Elle ajoute : « Avant le Covid, on était à 7 % d’avions de nouvelle génération. Aujourd’hui, on est à 45 % d’avions de nouvelle génération, et l’ambition, c’est d’être à plus de 70 % à l’horizon 2030 ». Poursuivant, la directrice générale d’Air France a évoqué l’usage de carburant d’aviation durable au départ de l’Europe et la possibilité pour les clients d’en acquérir volontairement. Les pratiques d’éco-pilotage font aussi partie des leviers, avec des procédures de roulage sur un seul moteur, des trajectoires optimisées et des profils de montée étudiés pour réduire la consommation. La compagnie étudie également les moyens de limiter les traînées de condensation et recourt à l’intelligence artificielle pour optimiser les trajectoires de vol.
Toujours sur le plan environnemental, Henri Hourcade a, de son côté, abordé la complémentarité entre avion et train au sein du réseau. Il a expliqué que la gare située à l’aéroport de Charles de Gaulle permet une combinabilité entre avion et TGV, avec un parcours intégré et des tarifs de bout en bout. « Dakar-Lille, Dakar-Bruxelles, etc. Et ça prend de plus en plus », dit-il.
Interrogé sur le message destiné à la clientèle sénégalaise à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle agence, Henri Hourcade s’est appesanti sur la dimension symbolique et opérationnelle de l’implantation. « D’abord, c’est un signe qu’on investit sur notre présence commerciale, sur notre service auprès de nos clients. C’est une agence qui représente une part importante de notre activité au Sénégal, et qui représente la volonté de servir, d’être là, d’être là quand ça va bien, d’être là quand il y a un problème. C’est un signe de confiance dans l’avenir », a-t-il déclaré.
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