La bataille pour le contrôle de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad) fait rage. Hier, le Directoire de campagne de Serigne Mboup est monté au créneau pour demander un audit de la chambre consulaire de la capitale avant toute réforme des Chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture.
Le 20 juin dernier, lors du Conseil des ministres, le chef de l’Etat avait donné des instructions au Premier ministre pour que le processus de réforme soit bouclé avant fin juillet. Mais pour le camp du patron du holding Ccbm, quelques préalables s’imposent. « Nous disons oui aux réformes, car nous ne sommes pas contre l’idée de créer des chambres d’agriculture. Mais cela ne doit pas se faire dans la confusion et la précipitation. Nous demandons une concertation avec tous les acteurs et surtout un état des lieux sur la gestion de la Cciad », a déclaré Birane Yaya Kane au cours d’une conférence de presse.
Il a affirmé que la gestion de l’actuel président qui est en poste depuis 25 ans sans discontinue doit être passée au peigne-fin avant tout passage de témoin. « Il serait regrettable de ne pas envoyer l’Inspection générale des Finances et la Cour des comptes, car de l’argent public est injecté à la Cciad. Nous attendons de ces institutions des recommandations avant toute réforme », a-t-il lancé.
Ladite réforme doit aboutir à la création de deux chambres distinctes, de commerce et d’industrie d’un côté, et d’agriculture de l’autre. Elle prévoit également la transformation des chambres régionales en filiale de la Chambre unique. Ce qui devrait changer radicalement le paysage des institutions consulaires. Le camp de Serigne Mboup a déploré le fait que cette réforme soit mise en œuvre « sans aucune concertation » avec la base. « Cela suscite beaucoup d’inquiétudes et installe le flou dans la tête des opérateurs économiques », a ajouté Birane Yaya Kane. Le Directoire de campagne de Serigne Mboup a demandé à ce que la réforme soit repoussée d’un ou de deux mois.
S’agissant des élections consulaires prévues d’ici la fin de l’année, M. Kane a dénoncé une tentative d’écarter Serigne Mboup. Selon lui, l’article 18 brandi par le Patronat et le ministère du Commerce et qui stipule que « tout candidat à la présidence de la Chambre de commerce doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle, à savoir le français », tend à asseoir cette thèse. « L’Etat ne doit pas accepter ou cautionner une telle forfaiture, au regard du caractère inique des modifications proposées. Cette élection doit se faire sur la base des textes existants », a déclaré M. Kane. Déterminé dans leur combat, le Directoire de campagne de Serigne Mboup s’est dit prêt à faire face aux anciens élus qui essaient de « manipuler les textes pour placer leur poulain ou pour s’agripper à leur poste ».
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