Sénégal face au regard du monde : Le discours qu’il faut selon le professeur Chérif Salif Sy
Invité du "Jury du dimanche" sur iRadio, le professeur Chérif Salif Sy, économiste-chercheur et ancien conseiller à la Présidence de la République, est revenu sur le positionnement du Sénégal dans un contexte international marqué par la recomposition des rapports de force.« Le Sénégal est aujourd’hui observé bien au-delà de son espace régional », affirme-t-il, soulignant que les découvertes de pétrole et de gaz ont renforcé l’attention portée au pays, mais aussi le niveau d’exigence de ses partenaires.
Face à la montée de discours panafricanistes portés par une partie de la jeunesse, le professeur Sy invite à la lucidité. « La colère peut être compréhensible, mais le monde ne juge pas un État à ses slogans. Il le juge à sa capacité à honorer ses engagements », martèle-t-il. Selon lui, le regard extérieur repose sur trois critères essentiels : la sécurité énergétique, la qualité de la gouvernance et l’existence d’une vision stratégique de long terme. « Les investisseurs regardent d’abord si un pays sait où il va et s’il est capable de s’y tenir », insiste-t-il. Pour Chérif Salif Sy, la crédibilité internationale d’un pays se construit dans la durée. « La signature de l’État n’est pas un slogan politique. C’est un engagement juridique, économique et moral », rappelle-t-il. Dans un monde où l’économie est désormais profondément politisée, la gouvernance est devenue un déterminant central de la confiance internationale. « Aujourd’hui, la gouvernance est aussi importante que la solvabilité financière », souligne l’économiste.
Pouvoir politique et citoyen émancipé
Abordant le rapport entre gouvernants et gouvernés, le professeur Sy pointe une contradiction persistante. « Les gouvernements ont souvent peur du citoyen émancipé, alors que c’est précisément ce citoyen qui garantit une gouvernance saine », observe-t-il. Exercer le pouvoir, selon lui, implique parfois de renoncer à certaines formes de contrôle. « Diriger un État, ce n’est pas tout maîtriser, c’est accepter la complexité de l’État réel et s’appuyer sur l’expertise existante », explique-t-il. Dans un monde multipolaire en recomposition, le Sénégal dispose encore d’une marge de manœuvre stratégique. Mais celle-ci est fragile. « Les ressources naturelles ne suffisent pas. Sans investissement massif dans l’agriculture, l’industrie et surtout le capital humain, elles peuvent devenir une illusion », avertit-il.
Pour le professeur, seule une vision de long terme, adossée à une gouvernance crédible, permettra au Sénégal de transformer ses potentialités en développement durable. « La crédibilité d’un État ne se décrète pas, elle se construit », conclut Chérif Salif Sy.
Commentaires (7)
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Tous les soit disant riches avec voitures de luxes et l’immobilier de luxes doivent être imposés au plus fort…
De l’autre coté le Sénégal 🇸🇳 pauvre qui difficilement essaient de s’en sortir 😥 y’a un véritable problème dans ce pays il faudra enlever tout le foncier domaine national aux maires le déléguer aux préfets , la dématérialisation de toutes les actes d’état civil ,toutes voitures de plus de 20 ans et qui polluent doivent être détruites, les Jakartas contrôlés ,il faut mettre des parkings et pistes cyclables à Dakar on peut même pas marcher tranquillement les voitures sont garées sur les trottoirs il faut développer le TER et BRT vraiment c’est grave les touristes ne viennent plus au Sénégal à cause de la saleté,la corruption la vie chère et la pollution et c’est dommage le Sénégal 🇸🇳 c’est un beau pays mais ça dégrade de plus en plus c’est grave !!!
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