Souveraineté alimentaire : Le Sénégal réussit le pari de longs mois sans importations
Lors d'une récente conférence de presse, le ministre de l'Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a dévoilé les résultats prometteurs de la nouvelle stratégie commerciale du gouvernement. Axée sur la protection de la production locale et une régulation stricte du marché, cette politique vise à transformer structurellement l'économie agricole sénégalaise pour réduire durablement la dépendance extérieure.
Oignon, carotte et pomme de terre : Des performances historiques
Les filières maraîchères affichent des résultats records. Pour l'oignon, le Sénégal a réussi l'année dernière à couvrir ses besoins nationaux à hauteur de 75 %, se passant d'importations pendant neuf mois consécutifs. Le volume des importations est ainsi tombé à 350 000 tonnes, un signal fort pour les producteurs locaux.
La filière carotte n'est pas en reste avec dix mois d'autonomie nationale. Cependant, c'est la pomme de terre qui signe la performance la plus marquante : le marché est resté fermé aux produits étrangers depuis janvier, totalisant près de douze mois sans importations. « Il s’agit de produire ce que nous consommons et d’être capables de transformer », a martelé le ministre, rappelant que l'État renforce actuellement les capacités de stockage, estimées à 170 000 tonnes, pour sécuriser ces acquis.
Banane, riz et maïs : La protection au service de la production
Le gouvernement durcit le ton pour soutenir les filières en croissance. L'importation de la banane a été suspendue, une mesure qui devrait permettre de doubler la période de couverture nationale, passant de trois à six mois dès l'année prochaine. Une stratégie de protection similaire est en cours d'élaboration pour le maïs.
Concernant le riz, les autorités imposent désormais une conditionnalité stricte : aucun commerçant ne pourra importer du riz brisé sans avoir préalablement acheté un quota de riz local. Grâce aux subventions et à la concertation avec les acteurs de la filière, la production nationale assure aujourd'hui quatre mois de consommation.
Arachide et transformation : Maintenir l'équilibre industriel
Sur le front de l'arachide, l'État a choisi la voie du compromis stratégique. Contrairement à d'autres filières, l'exportation n'est pas interdite, notamment vers la Chine, afin de maintenir les flux diplomatiques et commerciaux. Toutefois, l'accent est mis sur la collecte nationale pour alimenter la SONACOS et les huiliers locaux. Le ministre a d'ailleurs annoncé un programme de renouvellement des lignes industrielles pour accroître les capacités de transformation de l'arachide au Sénégal.
En conclusion, Serigne Guèye Diop a exhorté les commerçants au respect des prix homologués face à la baisse observée sur certains marchés mondiaux. Il a réitéré l'engagement du gouvernement à répercuter systématiquement les baisses de cours internationaux sur le panier de la ménagère sénégalaise.
Commentaires (7)
Beaucoup comme moi n'achètent plus la même quantité et réduisent leur consommation vu la piètre qualité de l'oignon et surtout de la pomme terre sur le marché.
Ce régime est obnubilé par "historique" quitte à mentir
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