Approvisionnement en eau : l’usine de dessalement des Mamelles bientôt prête à livrer ses premiers litres
La capitale sénégalaise s’apprête à franchir un cap majeur dans la sécurisation de son approvisionnement en eau. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dieye, accompagné de ses collègues Ibrahima Sy et Fatou Diouf, a effectué ce jeudi 12 mars une visite des différents sites du Projet de dessalement d’eau de mer des Mamelles, une infrastructure stratégique appelée à transformer durablement l’accès à l’eau potable à Dakar. Au terme de cette visite conjointe, les autorités ont affiché leur satisfaction face à l’état d’avancement des travaux.
Pour le ministre de l’Hydraulique, ce projet marque une étape décisive dans la politique de gestion de l’eau au Sénégal.
"C’est la première expérience sénégalaise en matière de dessalement de l’eau de mer. C’est un projet innovant et courageux qu’il fallait absolument mener à terme", a déclaré Cheikh Tidiane Dièye.
Selon lui, les travaux sont aujourd’hui réalisés entre 90 et 98 %, ce qui rapproche l’ouvrage de sa mise en service. Une fois opérationnelle, l’usine produira 100 000 m³ d’eau potable par jour, répartis en deux tranches de 50 000 m³, destinées à renforcer l’approvisionnement de la région de Dakar.
Le ministre a également annoncé que l’inauguration pourrait intervenir dans les prochains mois, une fois les dernières procédures finalisées avec les partenaires techniques et financiers notamment le Japon, principal bailleur du projet.
Un projet hydraulique mais aussi social
Au-delà de la production d’eau potable, le projet intègre un important volet d’accompagnement social destiné aux populations de Ouakam, zone d’implantation de l’usine.
Dans ce cadre, un centre de santé entièrement réhabilité a été réalisé afin d’améliorer l’offre sanitaire dans cette partie de Dakar.
Le ministre de la Santé, Ibrahima Sy, s’est félicité de cette initiative qui s’inscrit dans l’approche internationale dite de "la santé dans toutes les politiques".
« Ce centre de santé sera un établissement de référence de niveau 3. Nous allons y installer des équipements modernes et mobiliser un nouveau personnel médical pour offrir des soins de qualité aux populations », a-t-il expliqué.
L’infrastructure devrait être fonctionnelle dès le mois de juin, après l’installation des équipements médicaux actuellement en cours d’acheminement.
Le centre proposera plusieurs spécialités notamment pédiatrie, gynécologie, chirurgie et soins dentaires avec un bloc opératoire et un plateau technique renforcé afin de réduire les évacuations vers les grands hôpitaux de Dakar.
Un soutien concret aux pêcheurs de Ouakam
Autre composante majeure du projet : l’appui à la communauté de pêcheurs de Ouakam fortement impactée par l’installation de l’usine.
La ministre de la Pêche, Fatou Diouf, a salué les mesures mises en place pour accompagner les acteurs de la filière halieutique.
Parmi les réalisations figurent une usine à glace capable de produire 10 tonnes par jour ainsi que des tricycles isothermes destinés au transport et à la conservation du poisson.
Ces infrastructures visent à réduire les pertes post-capture, un problème récurrent dans la pêche artisanale.
"Ces installations vont permettre de conserver les produits halieutiques dans de meilleures conditions sanitaires et d’améliorer les revenus des pêcheurs", a expliqué la ministre.
Parallèlement, un programme d’installation de récifs artificiels est prévu afin de favoriser la régénération des ressources halieutiques et la reconstitution des stocks de poissons.
Un investissement de plus de 137 milliards de francs CFA
Le projet de dessalement des Mamelles représente un investissement global de 137 milliards de francs CFA, financé en grande partie par le Japon avec l’appui de l’État du Sénégal.
À cela s’ajoutent plus de 700 millions de francs CFA injectés dans les mesures d’accompagnement pour les communautés locales dans les secteurs de la santé et de la pêche.
Après cette expérience, le Sénégal prévoit déjà de monter en puissance dans le dessalement de l’eau de mer avec un futur projet sur la Grande Côte qui pourrait atteindre 400 000 m³ d’eau par jour.
Dakar vers une nouvelle sécurité hydrique
Avec cette usine, Dakar se dote d’un outil stratégique pour faire face à la pression démographique et aux défis climatiques.
Pour Cheikh Tidiane Dièye, l’ambition est claire : faire du Sénégal une référence régionale dans la production d’eau par dessalement.
"Jusqu’à présent, nous allions visiter ce type d’infrastructures dans d’autres pays. Très bientôt, ce sont eux qui viendront ici pour s’inspirer de notre expérience", a-t-il déclaré.
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