[Lumières de la Foi] Ndiol Fouta, le gardien infatigable du temple du savoir de la Zawiya
Pour ce nouveau chapitre de notre série « Lumières de la Foi », Seneweb vous ouvre les portes de la Zawiya El Hadji Malick Sy. Dans ce sanctuaire où le temps semble s'arrêter au rythme des versets sacrés, un homme veille avec abnégation sur le plus précieux des héritages de Maodo : le Daara. Portrait de Serigne Babacar Sy Abdoul Aziz, dit Ndiol Fouta, le fils de Dabakh qui a fait de la transmission gratuite du Coran le combat de sa vie.
Serigne Babacar Sy Abdoul Aziz, dit Ndiol Fouta : le gardien du Daara de Mame Maodo
Par Ablaye Gadiaga Sarr et Abdoulaye Sèye
À la Zawiya El Hadji Malick Sy, les talibés sont assis à même le sol, concentrés sur l’apprentissage du Saint Coran. Dans cette atmosphère spirituelle marquée par le mois béni du Ramadan, les voix s'élèvent pour réciter les leçons, tandis que d'autres fidèles se reposent à l'ombre des arcades. Ici, dans la cité de Maodo, la tradition demeure vivante.
Fondée en 1902, cette Zawiya fut pensée comme une véritable université populaire. Moulaye Abdoul Aziz Diop, petit-fils d'El Hadji Malick Sy, rappelle que ce lieu hautement symbolique abrite les sépultures de Maodo et de ses illustres fils : Serigne Mansour Sy, Serigne Habib Sy et Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. Plus d’un siècle après la disparition du fondateur, la gestion du Daara — l'un de ses plus grands legs — est assurée par Serigne Babacar Sy Abdoul Aziz, plus connu sous le nom de Ndiol Fouta.
L'excellence du savoir en toute gratuité
Sous sa direction, l’établissement accueille plus de 600 talibés, encadrés par une trentaine de maîtres coraniques. « La particularité notable de ce Daara est que l’enseignement y est entièrement gratuit. Les talibés ne paient aucun frais ; toutes les charges sont assumées par Ndiol Fouta, avec la bénédiction du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour », confie Moulaye Abdoul Aziz Diop.
Fils de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh et de Sokhna Khady Ndiaye, Serigne Babacar Sy s’est très tôt distingué par son attachement au Livre Saint. Enfant, il fut envoyé au Fouta-Toro pour son apprentissage, un séjour qui lui vaudra son surnom affectueux de « Ndiol Fouta ». Après avoir parfait son éducation religieuse, il a poursuivi des études supérieures au Maroc, consolidant ainsi son érudition.
Un sacerdoce familial et social
Lorsque son père, Dabakh Malick, a commencé à ressentir le poids des années, la question de la succession à la tête du Daara s'est posée. C'est volontairement que Serigne Babacar Sy s'est proposé pour assumer cette lourde responsabilité. Depuis lors, il consacre l’essentiel de sa vie à l’animation spirituelle du Daara, sans autre préoccupation que l’enseignement et le bien-être des talibés.
Au-delà de sa mission pédagogique, Ndiol Fouta est reconnu pour son immense humanisme. Homme de foi et de partage, il redistribue généreusement ses ressources. Durant ce mois de Ramadan, il organise quotidiennement de grandes distributions de repas pour la rupture du jeûne, transformant le Daara en un havre de solidarité où chacun est invité à partager l’iftar.
En marchant sur les traces de son grand-père, Serigne Babacar Sy Abdoul Aziz incarne aujourd’hui la continuité parfaite de l’œuvre de Mame Maodo, alliant la rigueur du savoir à la noblesse du cœur.
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