8e de finale CAN : Maroc / Tanzanie, Walid Regragui face au poids de l’attente
Héros national depuis l’épopée historique du Mondial 2022, Walid Regragui n’avance plus aujourd’hui porté par l’euphorie, mais par la responsabilité. À l’heure d’aborder le huitième de finale de la CAN face à la Tanzanie, le sélectionneur marocain est confronté à une réalité implacable : le Maroc doit gagner. Et convaincre.
Organisée à domicile, cette Coupe d’Afrique des nations ravive un vieux rêve et une immense frustration. Le dernier sacre continental des Lions de l’Atlas remonte à 1976. Près d’un demi-siècle d’attente qui transforme chaque match à élimination directe en épreuve de vérité, et chaque faux pas potentiel en désaveu. Pour Regragui, la pression n’est plus implicite, elle est frontale.
En conférence de presse, le technicien marocain n’a rien cherché à masquer. Derrière un discours mesuré, se cache une obligation claire de résultat. « On arrive en huitièmes de finale, c’est une nouvelle compétition. Si on veut continuer, on doit gagner », a-t-il lancé sans détour, conscient que la marge d’erreur est désormais inexistante.
Si Regragui refuse d’endosser ouvertement le costume de favori, c’est moins par stratégie que par lucidité. Sur le continent africain, les statuts ne protègent pas. Ils exposent. Et le sélectionneur le sait mieux que quiconque, lui qui a vu ses prédécesseurs tomber face à des adversaires supposés plus modestes.
L’ombre des échecs passés plane encore
Malgré les récents succès du football marocain — titres en CHAN, CAN U17, Coupe arabe des nations, parcours prometteurs chez les jeunes — la sélection A reste attendue au tournant. Regragui porte cet héritage contrasté, fait d’exploits isolés et de désillusions répétées.
« Tout le monde nous donne favoris, mais mon travail, c’est de rappeler pourquoi le Maroc n’a pas gagné la CAN depuis près de 50 ans », a-t-il martelé, insistant sur un mot-clé devenu central dans son discours : l’humilité. Un message qui sonne comme un aveu indirect des erreurs passées, mais aussi comme une tentative de désamorcer la pression qui entoure son groupe.
Dans le vestiaire, le message est repris par les cadres. Le capitaine Romain Saïss n’a pas esquivé le sujet, rappelant que le Maroc s’est souvent sabordé face à des équipes jugées inférieures. « On a eu des déboires par manque d’humilité. Aujourd’hui, peu importe l’adversaire, c’est l’état d’esprit qui compte », a-t-il souligné.
Face à une Tanzanie joueuse et libérée, le Maroc devra assumer son rang sans se crisper. Une équation délicate, où la maîtrise mentale comptera autant que la supériorité technique.
Regragui, entre ambition et obligation
Walid Regragui le sait : cette CAN est plus qu’un tournoi. C’est un test de crédibilité. Une élimination prématurée, surtout à domicile, effacerait une partie du capital confiance accumulé depuis Doha. À l’inverse, une victoire convaincante pourrait enfin réconcilier ambition, talent et histoire.
« Il n’y a pas d’équipes faciles. C’est un match de coupe, et les surprises existent », a-t-il conclu. Un avertissement qui vaut autant pour ses joueurs que pour lui-même. Car face à la Tanzanie, ce n’est pas seulement le Maroc qui joue sa qualification, c’est aussi Regragui qui joue une part de son héritage.
Commentaires (0)
Participer à la Discussion
Règles de la communauté :
💡 Astuce : Utilisez des emojis depuis votre téléphone ou le module emoji ci-dessous. Cliquez sur GIF pour ajouter un GIF animé. Collez un lien X/Twitter ou TikTok pour l'afficher automatiquement.