L’effet « Villanova », vin rouge et ailes de poulet: dans les coulisses de la qualification des Knicks pour les Finales NBA
En entrant en conférence de presse un verre de vin rouge à la main, Josh Hart a donné le ton: chez ces Knicks, l'histoire s'écrit avec un sérieux redoutable sur le terrain, mais une décontraction totale en dehors. Quelques minutes après avoir balayé Cleveland, l’ailier n’a pas pu s’empêcher de chambrer un journaliste qui grignotait des ailes de poulet sous ses yeux. Jalen Brunson a bien tenté de calmer son pote d'un discret « Je le vois, ne dis rien », mais Hart a foncé: « Je savais que tu allais arriver en te suçant les doigts! Tu es censé poser des questions et tu es allé chercher des chicken wings... En tout cas, elles ont l'air d'être excellentes! »

Cette complicité ne sort pas de nulle part. Elle s'est forgée sur le campus de l'université de Villanova, où Hart et Brunson partageaient la même chambre de fac avant de conquérir l'Amérique. Interrogé sur ces retrouvailles au sommet avec ses anciens camarades, Brunson s'est empressé de rappeler la hiérarchie avec ironie: « Josh a gagné un titre universitaire, alors que Mikal (Bridges) et moi, on en a gagné deux. »
Une pique qui fait sourire Hart, plus touché qu'il ne veut bien le montrer: « C'est surréaliste. À la fac, vous rêvez tous de la NBA, mais la probabilité de jouer ensemble est presque nulle. Le fait que cela se réalise, c'est super cool. On a une fraternité pour la vie, et on continue juste d'ajouter des souvenirs à notre collection. »
Pour le coach Mike Brown, cette alchimie de vestiaire est portée par un leader au comportement exemplaire. Le technicien avoue d'ailleurs devoir bousculer ses propres habitudes de nuit pour suivre le rythme de son meneur de jeu: « Sa routine de travail est hors norme. Il va shooter tous les matins, à domicile comme à l'extérieur, bien avant la séance collective de 10 heures. Il me fatigue! Je dois me lever à 7h30 pour caler mes réunions de staff. Jalen est toujours d'humeur égale, il ne s'enflamme jamais. Quand ça vient du meilleur joueur, c'est impossible pour le reste du groupe de ne pas suivre. »
Élu MVP (meilleur joueur) de la série, le principal intéressé préfère pourtant botter en touche:
« C'est quelque chose que je n'analyse pas trop pour l'instant. Nous sommes encore en train d'écrire notre histoire et j'apprécie simplement le voyage. »
Au-delà de la connexion de Villanova entre Brunson, Hart et Bridges, cette qualification résonne aussi très fort pour l'enfant du pays, Karl-Anthony Towns. Originaire du New Jersey voisin, l'intérieur n'a jamais caché son amour de jeunesse pour la franchise de Manhattan: « Ça représente le monde entier pour moi. En grandissant dans la région, j'ai eu l'impression que le mot "espoir" avait disparu du nom des Knicks depuis très longtemps. Être de cette équipe qui ranime les rêves dans cette ville, c'est vraiment spécial. Quand j'étais gamin, j'espérais juste pouvoir enfiler ce maillot un jour. Jamais je n'aurais imaginé être devant ce micro pour annoncer qu'on va en finale. Il n'y a pas de meilleur endroit au monde que le Madison Square Garden lorsque les gens ont de l'espoir. »
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