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Armée-Nation: « On ne peut pas servir deux maîtres », les vérités crues d'un ancien haut gradé

Auteur: Yandé Diop

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Armée-Nation: « On ne peut pas servir deux maîtres », les vérités crues d'un ancien haut gradé

Invité du « Jury du Dimanche », le colonel à la retraite Babacar Diouf est revenu sur le rôle de l’armée, la fragilité des équilibres internationaux et les défis d’un monde en mutation. Entre mémoire militaire, philosophie et géopolitique, son propos dessine une ligne claire : sans institutions solides et sans lien fort avec le peuple, aucune nation ne tient durablement.

Pour le colonel Babacar Diouf, le défilé militaire ne relève ni du folklore ni d’une simple démonstration de force. Il constitue un moment de vérité, presque un pacte symbolique entre l’armée et les citoyens. « Ceux sur qui vous comptez, les voilà. » Dans cette mise en scène, il voit une forme de reconnaissance mutuelle : « l’armée se montre, le peuple se rassure ». À ses yeux, cette relation est comparable à l’élan populaire suscité par les grandes victoires sportives nationales. Mais à la différence du sport, elle touche à la sécurité et à la survie de la nation. « Quand ce lien est perdu, une nation est perdue. On est militaire un jour, on est toujours militaire », ajoute-t-il.

Le colonel insiste sur cette socialisation spécifique que produit l’armée : discipline, sens du sacrifice et primauté de l’intérêt collectif. Même après avoir quitté les rangs, cette grille de lecture demeure. Et si certaines positions peuvent parfois heurter, elles reposent, selon lui, sur une constante : l’intérêt national comme boussole absolue. « On ne peut pas servir deux maîtres. »

L’ancien officier élargit ensuite son propos à une réflexion sur la nature humaine. S’appuyant sur Socrate, il évoque l’idée que l’homme porte en lui une mémoire du bien, une aspiration à la beauté et à la justice. Mais cette dimension cohabite avec une autre réalité, plus sombre. Il convoque l’image du Dr Jekyll et Mr Hyde pour illustrer cette dualité : « l’homme est capable du meilleur comme du pire, selon le contexte ». D’où l’importance des institutions. « Je ne connais pas de pays qui s'effondrent quand la justice et les forces de sécurité tiennent. » À l’inverse, leur affaiblissement ouvre la voie au chaos.

Sur le plan international, le colonel Babacar Diouf s’inscrit dans une lecture lucide, presque inquiète, de l’époque actuelle. Il reprend la célèbre formule d'Antonio Gramsci : « Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à naître… et dans cet entre-deux surgissent les monstres. » Pour lui, cette période de transition est historiquement dangereuse. Les précédents cycles montrent que ces moments débouchent souvent sur des conflits majeurs. L’ancien colonel pointe ainsi une contradiction fondamentale du système international.

Auteur: Yandé Diop
Publié le: Dimanche 05 Avril 2026

Commentaires (6)

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    Expert expert il y a 3 jours
    Franchement j’ai du mal à suivre. Je ne comprends rien à sa manière de raisonner ni même ce qu’il veut simplement dire. Avec la multiplication des médias tout le monde parle et se dit expert
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    Sokhna il y a 3 jours
    En tout cas je ne sais pas c'est l'âge qui a compromis son sens de discernement avec les pathologies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson), mais manifestement à l'écouter est facile de remarquer qu'il a perdu son sens du discernement et certaines de ses facultés intellectuelles
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    Pfff il y a 3 jours
    Il est colonnel d’armée donc expert en don domaine et ce qu'il dit dépasse les nuls comme toi
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    Anta Fall il y a 3 jours
    En évitant systématiquement de se faire contredire, comme il est de coutume dans la hiérarchie militaire à l'ordre donné on perd finalement la capacité d'analyser les points de vue opposés, et lorsqu'on se jette dans l'arène politique, il devient difficile de concrétiser ses idées à l'oreille des autres ; l'incohérence des déclarations faites laisse le public perplexe et incompréhensible.
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    Teck J il y a 3 jours
    Tu ne veux pas comprendre Parce que lim wax enrangéwoula...
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    Kane il y a 3 jours
    L'Armée Sénégalaise est très républicaine et seul le Président de la république est le chef supérieur des Armées. Il n'y a AUCUNE polémique sur ça. Il faut cesser de créer des polémiques qui n'existent pas.
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    guimzo il y a 3 jours
    Mon Colonel j'ai lu avec grand intérêt votre déclaration supra . Tout en vous félicitant pour votre raisonnement de militaire patriotique , j'avance une petite objection. En effet, vous affirmez qu'on ne peut pas servir DEUX MAITRES à la fois.. Objection Mon Colonel .. En servant PAPA ET MAMAN on sert DEUX MAITRES NON? Par ailleurs, toute proportion gardée nak, ALLAH Soubkhanahou Wataalla nous enjoint de toujours adjoindre ldans NOS DOUAS, le Nom du Prophète Salallaahou Alayhi Wassalam sous peine d'annulation, Cela ne ressemble-t'il pas à une Duplication solennelle. Pour dire simplement qu'il est FORT POSSIBLE DE SERVIR DEUX MAÎTRES.. CQFD...JAJEFFETTI
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    habs il y a 3 jours
    Par contre on peut servir quelqu'un pour tuer froidement 80 jeunes enfants. où etais-tu lorsque 80 banbins ont ete froidement excecuté, une balle dans le front.
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    Yaw nak il y a 3 jours
    Et toi ? Tu étais où ? Tu es parti avec ta famille affronter les forces de l’ordre pour libérer Sonko ? Lollll
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    Oumy il y a 3 jours
    Bonsoir en réponse à Sokhna.Cette étude analytique met en exergue un contraste saisissant entre une critique virulente, centrée sur la forme et la santé mentale, et le contenu effectif du discours du Colonel Babacar Diouf, lequel est structuré autour de concepts philosophiques et géopolitiques. Voici l'analyse croisée de ces deux perspectives : 1. La structure du raisonnement : Logique vs Incohérence La critique accuse le Colonel d'une « incapacité de relier une idée entamée à sa suivante » et d'un manque de « raisonnement logique ». • Analyse du discours : À l'inverse de ces accusations, le texte du Colonel Diouf suit une progression thématique classique et cohérente : o Le Micro (Social) : Le lien armée-nation et la symbolique du défilé. o Le Méso (Institutionnel) : L'importance de la justice et de la sécurité comme piliers de l'État. o Le Macro (Philosophique et Mondial) : La dualité humaine (Socrate/Stevenson) et la crise de l'ordre mondial (Gramsci). • Verdict : Loin d'être décousu, le propos utilise des références intellectuelles précises pour soutenir une thèse centrale : la stabilité d'une nation repose sur la solidité de ses institutions et de son lien social. 2. L'usage du pronom « On » : Identification vs Dépersonnalisation L'auteur de la critique voit dans l'usage du « on » une preuve de confusion identitaire ou un signe de pathologie. • Analyse du discours : Dans la culture militaire, le « on » n'est pas un signe d'effacement de soi, mais l'expression de l'esprit de corps et de la permanence de la fonction. Quand le Colonel dit « On est militaire un jour, on est toujours militaire », il exprime une identité collective et une éthique qui transcende l'individu. • Fonction sémantique : Le « on » ici a une valeur de vérité générale (gnomique). Il universalise le propos pour lui donner une portée philosophique plutôt que de le cantonner à une expérience purement narcissique. 3. Lucidité vs Instabilité Mentale Le critique suggère une consultation psychiatrique, remettant en cause la « lucidité » de l'intervenant. • Analyse des références : Le Colonel convoque des figures et des concepts complexes : o Dualité humaine : Le recours à Dr Jekyll et Mr Hyde montre une capacité d'abstraction pour expliquer le comportement social. o Géopolitique : La citation de Gramsci sur l'interrègne (« les monstres ») démontre une culture historique et une analyse fine des tensions mondiales actuelles. • Contradiction : Il est paradoxal de juger « incohérent » un homme qui articule sa pensée autour de la justice, de la discipline militaire et de la philosophie politique avec une telle clarté de synthèse. Conclusion L'étude analytique révèle un décalage profond entre la critique et les faits. La critique semble être une attaque ad hominem visant à décrédibiliser l'homme plutôt qu'à débattre de ses idées. Le discours du Colonel Diouf n'est pas celui d'un homme confus, mais celui d'un intellectuel militaire qui tente de réconcilier la rigueur de l'uniforme avec la complexité des sciences humaines. L'usage de métaphores et de références philosophiques peut paraître « complexe » ou « inhabituel » pour un public non averti, mais il demeure rigoureusement structuré autour de la survie de la Nation.
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    @Oumy il y a 3 jours
    Rien à ajouter, mais les "criticistes" ne vont pas s'arrêter pour autant, c'est la période historique de leur ascension.
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    Sokhna il y a 3 jours
    MA RÉPONSE À OUMY Je ne conteste pas le caractère martial de ce discours ; c'est une affirmation qui ne laisse aucune place à une autre idée alternative qui présente une vision opposée et contradictoire à celles débattues par le monsieur dans le débat politique. En démocratie, nous ne sommes pas dans un espace où, comme en temps de guerre, l'objectif est le triomphe de ses idées sans permettre de contre-propositions. De plus, le discours qui nous est présenté se caractérise par un ton ferme, voire résolument belliqueux, souvent employé dans d'autres situations et circonstances exceptionnelles pour galvaniser, démontrer sa détermination ou adopter une attitude combative, ce qui n'est absolument pas le cas ici. Pour dépasser la question individuelle et analyser le « nous » qu'il derrière le "ON" pour ne pas sembler exclure le reste des sénégalais, auquel il se réfère et auquel il s'associe, son erreur est d'établir des frontières et des limites à l'intégration des Forces armées sénégalaises (FDS) au sein du peuple sénégalais, qui représente une continuité des centaines de milliers d'individus de toutes les familles, vivant désormais dans la vie civile, ayant accompli leur service militaire et ayant été démobilisés son des réservistes potentiels et assurent le lien etvla continuité. C'est pourquoi cette tentative d'appropriation d'un pilier de nation dans son discours nous intrigue et nous amène à nous interroger sur l'équilibre de l'orateur.

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