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25 % du tabac au Sénégal vient de la contrebande: les révélations chocs du commissaire Thierno Gueye !

Auteur: Yandé Diop

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25 % du tabac au Sénégal vient de la contrebande: les révélations chocs du commissaire Thierno Gueye !

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La lutte contre le commerce illicite du tabac reste un défi majeur pour les autorités sénégalaises. Entre contrebande, montée de la cigarette électronique et stratégies de contournement de l’industrie du tabac, les acteurs engagés dans la lutte antitabac appellent à un renforcement urgent des contrôles et du cadre réglementaire. Lors d’un atelier sur la fiscalité et la lutte contre le commerce illicite du tabac organisé par le Forum civil, Thierno Gueye, commissaire aux enquêtes économiques à la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs du ministère de l’Industrie et du Commerce, a rappelé que la protection des consommateurs constitue une mission régalienne de l’État. Selon lui, la contrebande représente aujourd’hui l’un des principaux freins à l’efficacité des politiques de lutte contre le tabagisme. « Le commerce du tabac n’est pas interdit au Sénégal, mais il est réglementé », a-t-il souligné.

Production, importation et commercialisation sont soumises à des procédures administratives précises, notamment des autorisations délivrées par les services compétents du commerce. Les mentions sanitaires obligatoires participent également à l’encadrement du secteur et à la lutte contre le commerce illicite. Le commissaire a aussi clarifié la question des prix du tabac. Contrairement à des produits comme le riz ou le carburant, les prix ne sont pas homologués par l’État. Les industriels restent libres de fixer leurs tarifs. Toutefois, l’État peut instaurer un prix plancher afin d’empêcher certaines entreprises de vendre à bas coût pour neutraliser les effets des hausses de taxes.

Pour Thierno Gueye, l’efficacité de la lutte antitabac dépend du renforcement des structures de contrôle, notamment les douanes, les forces de défense et de sécurité et l’administration du commerce. Il estime que ces services doivent disposer de moyens humains, logistiques et matériels suffisants, mais aussi de formations spécialisées. « Peu d’agents maîtrisent réellement les enjeux liés au commerce illicite du tabac », a-t-il regretté. Le commissaire a également alerté sur l’essor de la cigarette électronique. Plusieurs opérateurs sollicitent déjà des autorisations de commercialisation alors que le cadre réglementaire reste insuffisant. Les autorités tentent de s’appuyer sur les textes existants pour limiter l’introduction de certains produits, notamment les cigarettes électroniques aromatisées.

Coordonnateur du CFTK, Bamba Sagna a rappelé que les industriels conservent une totale liberté dans la fixation des prix, leur permettant de maintenir des produits accessibles malgré les augmentations de taxes. Il a expliqué que le Sénégal applique actuellement une taxation *ad valorem* basée sur le prix sortie d'usine, alors que l’OMS recommande plutôt une taxation fondée sur le prix payé par le consommateur. Selon lui, la contrebande ne s’explique pas uniquement par la fiscalité. La corruption, le manque de moyens des services de contrôle et la porosité des frontières favorisent également le commerce illicite. Il plaide ainsi pour un système efficace de traçabilité des produits du tabac.

Coordonnatrice du projet de plaidoyer pour la taxation du tabac, Penda Ndiaye a rappelé les avancées obtenues depuis 2023, notamment l’augmentation progressive de la taxe sur le tabac jusqu’à 100 % et la création d’un comité chargé du suivi et de la traçabilité des produits. Malgré ces progrès, elle estime que certaines industries maintiennent volontairement des prix bas pour préserver l’accessibilité des cigarettes. Elle appelle également à l’adoption de l’avant-projet de loi modifiant la législation de 2014 sur le tabac ainsi qu’à l’instauration d’une taxe parafiscale destinée à financer durablement la santé publique.

Même constat chez Fatou Banné Kamara du Programme national de lutte contre le tabac. Elle rappelle que plusieurs études ont révélé une forte présence de cigarettes de contrebande dans le sud du Sénégal, notamment des produits provenant de Gambie et de Guinée-Bissau. Une étude du GRÈS estime d’ailleurs que près de 25 % du marché du tabac au Sénégal relèverait du commerce illicite. Pour elle, la mise en place d’un système performant de traçabilité est devenue indispensable afin de permettre aux douanes de mieux contrôler les produits entrant sur le territoire national.

Auteur: Yandé Diop
Publié le: Jeudi 14 Mai 2026

Commentaires (1)

  • image
    Wakhdeug il y a 4 heures
    Avec la complicité de sénégalais. Euskey !

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