Affaire des 111 licences de pêche : les Cadres Jambaars exigent toute la vérité
La polémique autour des 111 licences de pêche accordées sous l’ancienne ministre de la Pêche, Fatou Diouf, continue de susciter des réactions. Dans un communiqué publié ce jeudi 11 juin, la Cellule stratégique des cadres Jambaars réclame des explications sur les conditions d’attribution de ces autorisations et appelle les organes de contrôle de l’État à se saisir du dossier.
Le mouvement dit exprimer sa « profonde indignation » face à une situation qu’il juge préoccupante, dans un contexte où les pêcheurs artisanaux font face à de nombreuses difficultés, tandis que les ressources halieutiques se raréfient et que les prix du poisson poursuivent leur hausse.
Pour les Cadres Jambaars, la publication de la liste des bénéficiaires ne suffit pas à dissiper les interrogations. « La publication d’une liste ne saurait constituer une absolution. La transparence ne se décrète pas après les faits ; elle s’apprécie à travers la légalité des actes posés, leur justification économique et leur impact sur les intérêts stratégiques du Sénégal », soutiennent-ils.
Face à ce qu’ils considèrent comme un enjeu touchant à la souveraineté économique et alimentaire du pays, les Cadres Jambaars demandent « l’annulation conservatoire immédiate des 111 licences de pêche » ainsi que « l’ouverture d’une enquête approfondie de l’Inspection générale d’État (IGE) ». Ils appellent également à « l’auto-saisine de l’OFNAC afin de rechercher l’existence éventuelle de faits de corruption, de trafic d’influence ou de conflits d’intérêts » et souhaitent que la Justice soit saisie afin de « situer toutes les responsabilités ».
Toujours dans leur communiqué, ils rappellent que « les ressources halieutiques constituent un patrimoine national stratégique » et estiment qu’elles ne peuvent faire l’objet de décisions susceptibles d’affaiblir davantage un secteur déjà sous pression.
« Chaque licence doit être auditée. Chaque bénéficiaire doit être identifié. Chaque décision doit être justifiée. Chaque responsabilité doit être assumée », martèlent les Cadres Jambaars, avant d’ajouter que « lorsqu’il s’agit de la souveraineté économique et alimentaire du Sénégal, aucune zone d’ombre ne peut être tolérée ».
L’organisation conclut en appelant à faire toute la lumière sur cette affaire, affirmant que « la mer appartient au peuple sénégalais, pas aux réseaux d’influence ». Une sortie qui relance le débat autour de la gestion des ressources halieutiques et des conditions d’attribution des licences de pêche au Sénégal.
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