Gare routière à l'arrêt durant la grève des transporteurs au Sénégal
La grève des transporteurs, qui dure depuis plus de dix jours, perturbe fortement la mobilité et freine le commerce. Dans les gares routières, les activités économiques sont en nette régression, plongeant restaurateurs et vendeurs dans une situation précaire en raison de l'absence de revenus. Les tarifs des trajets entre Matam et Dakar ont grimpé en flèche, atteignant désormais 25 000 francs, soit plus du double du prix habituel. Par ailleurs, certaines localités qui dépendent des marchés hebdomadaires constatent une baisse significative de l'approvisionnement alimentaire.
La grève des transporteurs routiers continue de paralyser la région, entraînant une série de désagréments qui affectent durement les populations. La mobilité étant gravement perturbée, plusieurs secteurs commerciaux connaissent des ralentissements, tout comme le transport des marchandises. À la gare routière de Wouro Sogui, véritable carrefour stratégique desservant les différentes localités de l'intérieur du pays, les activités sont au point mort. Lieu habituellement dynamique, cet espace est désormais plongé dans une atmosphère morose, symbole de l'arrêt quasi total des transports et des activités économiques qui gravitent autour de la gare.
Les principaux acteurs locaux, tels que les restaurateurs, les tenanciers de Tangana, de pousse-pousse, ainsi que les vendeurs de fruits, d'eau ou de jus en sachet, se retrouvent en grande difficulté sans revenus. La suspension du transport a également entraîné une réduction marquée de l'approvisionnement en produits alimentaires dans certaines localités qui dépendaient des « loumas » (marchés hebdomadaires). Avec des commerçants incapables de transporter leurs marchandises, ces espaces autrefois animés sont désormais abandonnés.
Dans plusieurs zones, les charrettes, motos Jakarta et véhicules clandestins (clandos) tentent de pallier cette crise, mais cela se fait au prix d'une flambée des coûts pour les usagers. Par exemple, pour parcourir les dix kilomètres entre la commune de Matam et celle de Wouro Sogui, il faut désormais débourser 500 francs pour une charrette, entre 1 500 et 2 000 francs pour une moto Jakarta, et entre 3 000 et 4 000 francs pour un clando dont la disponibilité reste incertaine.
Cette situation est particulièrement pénible pour les habitants, notamment pour les malades contraints de se rendre dans les structures de santé. La raréfaction des options de transport a également fait exploser les tarifs entre départements de la région. Se déplacer vers des villes comme Dakar, Saint-Louis, Touba ou Bakel, qui relève d'un parcours de combattant, est devenu un véritable défi financier. Les voyageurs doivent parfois s'en remettre à des rabatteurs opérant en toute discrétion, imposant des prix exorbitants : 25 000 francs pour Dakar, 20 000 francs pour Touba et jusqu'à 17 000 francs pour Saint-Louis.
Malgré les efforts déployés par l'État avec le renforcement du nombre de véhicules en circulation de la société nationale de transport, la demande reste bien supérieure à l'offre, rendant la situation critique pour une grande partie de la population.
Mactar Ndiaye
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