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Grève de 72 heures à l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique : La jonction SAMES–SUTSAS hausse le ton

Auteur: Dialy Ibrahima Diébakhaté

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Grève de 72 heures à l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique : La jonction SAMES–SUTSAS hausse le ton

La tension sociale monte à l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP). La jonction des luttes regroupant la section SAMES et la sous-section SUTSAS a annoncé une grève de 72 heures, du mercredi 7 janvier au vendredi 9 janvier 2026, pour dénoncer ce qu’elle qualifie de dysfonctionnement grave, de mauvaise gouvernance persistante et l’absence d’actes concrets de la Direction générale de l'ARP.

Dans un communiqué de grève n°3 rendu public à l’issue de l’évaluation de son deuxième plan d’action la jonction se félicite d’une mobilisation en nette progression et salue l’engagement des travailleurs dans ce combat qu’elle estime légitime pour la justice, la transparence et la bonne gouvernance au sein de l’ARP.

Des accusations lourdes contre la gouvernance de l’ARP

Au cœur des revendications figurent de nombreuses irrégularités présumées. Les syndicats pointent notamment  des recrutements jugés clientélistes et partisans ; des mutations et affectations arbitraires, parfois perçues comme punitives ; des diminutions unilatérales de salaires et des inégalités salariales persistantes ;  une prise en charge insuffisante des agents dans les pôles régionaux ;  l’absence de communication sur les résultats de l’audit des ressources humaines ; l’octroi jugé anormal de certificats de bonnes pratiques de fabrication (BPF) et d’autorisations de stockage.

À ces griefs s’ajoutent des soupçons de trafic de médicaments impliquant des entités comme Avenir Pharma et Alliance médicale ainsi que le dossier Softcare, régulièrement évoqué dans les revendications syndicales.

Un risque pour la santé publique, selon les syndicats

Pour la jonction SAMES–SUTSAS, ces suspicions constituent une menace directe pour l’intégrité de l’ARP, la sécurité du circuit du médicament et, par ricochet, la santé publique. Elle rappelle que tout médicament n’ayant pas suivi le circuit légal est considéré comme un produit médical de qualité inférieure et falsifié (PQIF), représentant un risque sanitaire majeur pour les populations.

« La mission première de l’ARP est de garantir aux citoyens des médicaments efficaces et de qualité », souligne la jonction, qui estime que l’agence doit être un rempart contre le trafic de médicaments, et non un maillon faible du système.

Dialogue au point mort malgré une rencontre officielle

Les syndicats rappellent qu’une rencontre entre la Direction générale de l’ARP et la jonction, tenue le 29 décembre 2025 sous la présidence du président du Conseil de réglementation (PCR), avait permis de porter officiellement ces dysfonctionnements à la connaissance des autorités de l’agence.

Cependant, malgré les efforts du PCR, aucune réponse concrète n’aurait été apportée aux attentes exprimées, renforçant le sentiment de frustration et de méfiance chez les agents.

La jonction dénonce également le refus de la direction générale de mettre en place une commission d’enquête indépendante, alors même que certaines affaires impliqueraient des agents internes et affecteraient l’image et la crédibilité de l’institution.

Une mobilisation qui pourrait s’étendre

Face à ce qu’elle qualifie de gestion népotique et de climat social délétère, la jonction a décidé de maintenir la pression à travers ce troisième plan d’action comprenant une grève de 72 heures au siège de l’ARP ainsi que dans les pôles régionaux de Kaolack et de Saint-Louis. Une évaluation est prévue le 10 janvier 2026.

Les responsables syndicaux du Bureau exécutif national du SAMES et du SUTSAS préviennent que, face au mutisme des autorités, ils n’excluent pas une paralysie du système de santé, notamment à Dakar, voire sur l’ensemble du territoire national.

Une exigence claire : la transparence

Tout en saluant l’implication du Président du Conseil de réglementation et en réaffirmant leur disponibilité au dialogue, les syndicats exigent la mise en place immédiate d’une commission d’enquête indépendante pour faire toute la lumière sur les faits dénoncés, situer les responsabilités et appliquer des mesures correctives transparentes et dissuasives.

Pour la jonction SAMES–SUTSAS, il en va de la crédibilité de l’ARP appelée à jouer pleinement son rôle d’autorité de réglementation pharmaceutique fiable, respectée dans la sous-région, reconnue dans l’espace francophone et à l’échelle africaine et internationale.

Auteur: Dialy Ibrahima Diébakhaté
Publié le: Lundi 05 Janvier 2026

Commentaires (1)

  • image
    Augustin il y a 1 jour
    Mais qu'attendent les autorités pour régler la situation agonisante qui prévaut à l'ARP? Pourquoi font elles la sourde oreille? Tout le monde sait ce qui s'y passe et préfère détourner le regard pour ne pas gêner une poignée d'incompétents qui y ont semé un véritable bordel: mise à l'écart de personnel qualifié, gestion clanique et opaque, gouvernance hasardeuse, recrutements clientèlistes, intimidations, mutations et/ou affectations arbitraires...j'en passe.
    Jamais, le visage d'une agence de régulation n'a été aussi balafré et c'est dommage.

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