Guedj Martin : un village oublié entre manque d’électricité, d’eau et d’infrastructures
Situé dans la commune de Nguéniène, dans le département de Mbour, le village de Guedj vit dans une précarité persistante. Ici, l’électricité, l’eau potable et les infrastructures de base restent des promesses lointaines que les habitants disent n’entendre qu’à travers les discours officiels à la radio.
À une dizaine de kilomètres de Nguéniène (Mbour), Guedj est difficilement accessible. L’absence de route goudronnée isole davantage la localité, surtout en saison des pluies où les pistes deviennent impraticables. En saison sèche, le paysage est marqué par l’aridité, accentuant le sentiment d’abandon.
Avec une population estimée à 2 591 habitants en 2024, le village souffre d’un déficit criant en infrastructures sociales de base. Les habitants dénoncent une inégalité de traitement par rapport à d’autres localités de la commune, mieux loties.
"Certains villages sont électrifiés, sauf nous. Pourtant, l’électricité est à seulement deux kilomètres, jusqu’à Ndiémane. Nous ne sentons même pas la présence des autorités", déplore Thomas Faye, président du Mouvement révolutionnaire de Guedj (MRG), une initiative citoyenne née pour porter la voix des populations.
Le manque d’électricité impacte fortement le quotidien
"Ndiemane, village voisin qui n'est qu'à deux kilomètres de nous a été électrifié mais ensuite s'est opéré un contournement total de notre village, ce qui ressemble à un embargo. Sur l'axe croisement Mbine Seck-Nguéniène (la commune) tous les villages sont électrifiés sauf le nôtre. Il y a beaucoup d'amertumes à cause de cette affaire d'électricité. Le malaise est toujours perceptible au niveau de la population. Notre village a subi une injustice", insiste-t-il.
Les activités économiques sont limitées, les services de santé insuffisants et les conditions d’étude très difficiles. Le village ne dispose que d’une case de santé aux capacités réduites, incapable de répondre aux besoins des habitants.
Les femmes enceintes sont particulièrement exposées
"Lors des accouchements, elles rencontrent d’énormes difficultés. Elles sont souvent transportées en charrette vers des structures sanitaires plus adaptées", explique-t-il.
Sur le plan éducatif, la situation est tout aussi préoccupante. Faute d’infrastructures suffisantes, de nombreux élèves parcourent chaque jour environ deux kilomètres pour rejoindre l’école à Ndiémane. Un trajet éprouvant, surtout en période de forte chaleur.
"Nous sommes très fatigués. Nous faisons des allers-retours incessants. Nous voulons étudier, mais il faut des conditions adéquates", témoignent des élèves du village, qui lancent un appel aux autorités, notamment au président de la République et au ministre de l’Éducation.
Face à cette situation, les populations de Guedj réclament un accès équitable aux services essentiels ç savoir l’électrification, l’adduction d’eau, les infrastructures sanitaires et scolaires modernes. Leur mot d’ordre est clair, c’est de sortir de l’isolement et bénéficier, enfin, des mêmes opportunités que les autres localités.
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