Kédougou, entre mines et chômage : les jeunes à l’épreuve de l’attente, l’espoir tourné vers 2026
Dans l’extrême sud-est du Sénégal, la région de Kédougou referme l’année 2025 avec un sentiment mêlé de résilience et d’attente. Riche de son sous-sol aurifère, la région minière continue pourtant de faire face à un paradoxe tenace : l’abondance des ressources contraste avec la rareté des emplois pour une jeunesse nombreuse et dynamique.
Ici, l’or brille sous terre, mais peine encore à éclairer l’avenir de nombreux jeunes. À Kédougou, Sabodala, Khossanto ou encore Saraya, le chômage et la précarité demeurent des réalités quotidiennes. Beaucoup de jeunes diplômés ou non diplômés oscillent entre petits métiers, orpaillage artisanal à risques ou exode vers les centres urbains.
« Nous voyons les camions des sociétés minières passer tous les jours, mais très peu de jeunes du coin sont recrutés de façon durable », confie Ibrahima Sissoko , 27 ans, étudiant en géographie, rencontré au quartier Lawol Tamba de Kédougou. « On ne demande pas l’impossible, juste une chance de travailler dignement chez nous. »
Une jeunesse à bout, mais toujours debout
Dans les rues poussiéreuses de la capitale régionale, les discussions tournent souvent autour de l’emploi. Assis sous un arbre, Aminata Diallo, 24 ans, titulaire d’un BTS en gestion, raconte ses démarches restées sans suite :
« J’ai déposé des dossiers partout, dans les entreprises minières, les ONG, même dans les commerces. On nous dit souvent qu’il faut de l’expérience, mais comment avoir de l’expérience sans emploi ? »
Comme elle, beaucoup de jeunes femmes se sentent doublement pénalisées. « On parle peu de nous dans les projets miniers. Pourtant, nous pouvons travailler dans l’administration, la comptabilité, la transformation locale », insiste-t-elle.
Le discours présidentiel, un souffle d’espoir
Dans ce contexte difficile, le discours à la Nation du président Bassirou Diomaye Faye, annonçant 2026 comme une année dédiée à l’emploi et à l’économie solidaire, a résonné avec force à Kédougou. Pour de nombreux jeunes, ces paroles ont ravivé l’espoir d’un changement concret.
« Quand le Président a parlé de l’emploi des jeunes et de l’économie solidaire, j’ai senti qu’il pensait à des régions comme la nôtre », affirme Moussa Keiïta, 30 ans, ancien orpailleur reconverti dans l’agriculture. « Si l’État nous aide avec des formations, des financements et un meilleur encadrement, on peut créer de l’emploi ici, sans attendre les mines. »
Miser sur le local et la solidarité
À Kédougou, certains jeunes tentent déjà de tracer leur propre voie à travers des initiatives communautaires : coopératives agricoles, élevage, transformation de produits locaux ou artisanat. Mais tous pointent le manque d’accompagnement, d’accès au crédit et de marchés structurés.
« L’économie solidaire peut marcher ici, mais il faut un vrai soutien », explique Abdoulaye BA, 29 ans, membre d’un groupement de jeunes producteurs. « Nous attendons que 2026 ne soit pas seulement une promesse, mais une année d’actions visibles sur le terrain. »
À l’orée de la nouvelle année, la jeunesse de Kédougou retient son souffle. Entre attentes fortes et urgences sociales, elle espère que les annonces présidentielles se traduiront par des politiques publiques inclusives, capables de transformer la richesse minière et agricole de la région en opportunités réelles d’emploi.
« Nous aimons cette région et nous voulons y rester », résume Ibrahima Diallo . « Si 2026 est vraiment l’année de l’emploi, alors Kédougou doit en être une priorité. »
À Kédougou, plus qu’un vœu de fin d’année, l’emploi est devenu une exigence. Et pour toute une génération, 2026 est attendue comme l’année du tournant.
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