Emotion et consternation sont, depuis hier, les sentiments les mieux partagés à Ziguinchor.La capitale du sud vient de perdre son Imam Ratib. Chérif Alioune Aïdara est décédé, hier, à Dakar des suites d’une longue maladie.
(Correspondance) - La triste nouvelle est tombée très tôt ce jeudi matin. Chérif Alioune Aïdara n’est plus. L’Imam Ratib de Ziguinchor est décédé vers 5 heures du matin des suites d’une longue maladie. Une maladie contre laquelle le Khalife de Baghère se battait depuis des années. Ses rares apparitions publiques montraient d’ailleurs l’image d’un homme affaibli et rongé par la maladie, mais aussi d’un combattant qui refusait de capituler malgré la souffrance. A deux reprises, sa mort avait été annoncée, mais à chaque fois elle a été démentie. Hélas ce que les Ziguinchorois craignaient depuis quelque temps est arrivé avec le décès de Chérif Alioune Aïdara.
Ainsi, s’achève le combat de ce saint homme qui a consacré toute sa vie à l’lslam. Et pour assouvir ce désir de servir Le Tout-Puissant, le Prophète Mohamed et le Coran, Chérif Alioune Aïdara a parcouru le monde pour acquérir le savoir. Il quitta alors l’école française en classe de Cm2. Cette ‘odyssée’ qui a commencé dans son village natal, Baghère, dans l’actuel département de Goudomp, se poursuivra à Sokone, à Fatick, à Kayes et même en Egypte. C’est d’ailleurs dans ce lointain pays que Chérif Alioune Aïdara apprendra beaucoup de choses, au contact ‘des frères musulmans’ qui l’ont beaucoup influencé.
La tête pleine de savoir, le jeune Imam rentre dans son pays natal, le Sénégal. Parallèlement à l’enseignement coranique qu’il administre aux enfants et aux jeunes, Chérif Alioune Aïdara donne des cours d’arabe au lycée Djignabo de Ziguinchor. En 1981, Il est admis à faire valoir ses droits à la retraite. Cette date coïncidant avec la disparition de son oncle, Chérif Alioune Aïdara devient Imam Ratib de Ziguinchor. Et en 2000, il sera nommé Khalife de Baghère. Cette position, il la mettra à profit pour sensibiliser les fidèles sur les grands fléaux qui gangrènent la société comme le conflit casamançais ou le sida. Un combat qu’il a mené jusqu’à sa disparition, survenue ce jeudi à Dakar. Ainsi, s’achève la mission de cet homme de foi, tribun et polyglotte qui sera inhumé ce jour à Médina Chérif, près de son défunt père.
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