Pourquoi le cas Khadim Ba inquiète fortement l'ASCODEM et les investisseurs
Les responsables de l’Association sénégalaise des commerçants et Délégués de Marchés (ASCODEM) sont montés au créneau, ce mardi 7 juillet 2026, pour dénoncer la situation critique de l’économie nationale et formuler plusieurs recommandations urgentes visant à restaurer la confiance entre l'État et les acteurs du secteur privé.
Réunis en conférence de presse à leur siège de Colobane, les membres de l'association ont rappelé que la solidité d'une économie repose sur un secteur privé dynamique, un climat de confiance durable et une sécurité juridique garantissant les investissements. « Lorsque ces fondements sont fragilisés, c'est toute l'économie nationale qui en subit les conséquences », ont-ils alerté.
L’ASCODEM a largement évoqué le dossier de l'homme d'affaires Khadim Ba, qu’elle considère comme un enjeu qui dépasse de loin le cadre d'une simple affaire individuelle. Selon l’association, cette procédure soulève de lourdes interrogations relatives à la sécurité juridique, aux droits de la défense et à la confiance des investisseurs.
Tout en réaffirmant son respect absolu de l'indépendance de la justice et du principe de la présomption d'innocence, l'organisation a plaidé pour une issue conforme aux principes de l'état de droit et a exigé le respect de toutes les garanties d'un procès équitable.
Elle a, par ailleurs, invité le ministère des Finances et du Budget ainsi que la Direction générale des Douanes à prendre en considération les répercussions économiques et sociales de cette affaire, et à favoriser une solution négociée ou conforme aux principes de justice, d'équité et de sécurité juridique.
Face à ce qu'elle qualifie d'urgence nationale, l'ASCODEM a annoncé le lancement d'une vaste mobilisation réunissant les organisations professionnelles, les commerçants, les chambres consulaires, les fédérations et les représentants du secteur privé. L'objectif affiché est de construire une plateforme commune de propositions et de défendre les intérêts des acteurs économiques dans un esprit de dialogue républicain. L'association prévoit des actions citoyennes, pacifiques et conformes à la loi pour sensibiliser les autorités.
Autre point de réclamation majeur : la réforme du Code des douanes. Les responsables de l'association ont plaidé pour une révision en profondeur de ce texte. Selon eux, cette réforme permettrait d'assurer un meilleur équilibre entre les missions de contrôle de l'administration et la protection des droits des opérateurs économiques. Ils ont ainsi invité à plus de transparence, de prévisibilité, de proportionnalité des sanctions et au respect des standards internationaux.
Pour sortir de l'impasse, l'organisation soumet trois exigences financières immédiates à l'équipe gouvernementale. La première demande concerne le paiement progressif de la dette intérieure pour redonner de l'air aux entreprises locales. La deuxième porte sur l'allègement de la pression fiscale qui pèse lourdement sur la compétitivité des sociétés. Enfin, la troisième réclame l'amélioration du climat des affaires pour encourager l'investissement privé et stimuler la création d'emplois.
En conclusion, l’ASCODEM a appelé à la mise en place d’un véritable « pacte national de confiance » entre l'État et les acteurs économiques. Un pacte fondé sur le respect des engagements, la sécurité juridique et la relance de l'investissement, tout en réaffirmant son engagement à défendre les intérêts des entreprises sénégalaises par des moyens exclusivement républicains et pacifiques.
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