Prévention des inondations : L'ONAS affiche 50 % d'avancement dans le curage des canaux à Dakar
À quelques semaines de l'hivernage, le Directeur général de l'Office National de l'Assainissement du Sénégal (ONAS), Séni Diène, a entamé lundi une tournée d'inspection des chantiers pré-hivernaux à Dakar. Les opérations de curage, lancées dès la mi-mars, affichent aujourd'hui des taux d'avancement proches de 50 % dans la capitale. Mais si les infrastructures se préparent, les comportements humains restent le maillon faible : dépôts sauvages dans les canaux, empiétements sur les ouvrages... autorités et élus locaux tirent la sonnette d'alarme et appellent les populations à prendre leur part dans la bataille contre les inondations.
Trois mois d'anticipation pour sécuriser la capitale
Lancées dès la deuxième quinzaine de mars, les Opérations Pré-Hivernales (OPH) de l'ONAS couvrent le curage systématique des canalisations et l'entretien approfondi des stations de pompage. La logique technique est claire : intervenir trop tôt fait courir le risque de voir les canaux se remplir de sédiments avant les premières pluies ; intervenir trop tard condamne à la gestion des urgences.
Le directeur général, en visite ce lundi 29 juin sur trois sites névralgiques — le canal de Ouakam, le bassin de la Zone de Captage et le canal de l'Arène nationale —, a affiché sa satisfaction tout en réaffirmant l'exigence d'anticipation fixée par les plus hautes autorités de l'État : « La lutte contre les inondations ne relève pas de la seule compétence de l'ONAS. Elle engage en premier lieu les collectivités territoriales, les acteurs communautaires, les autorités administratives », a lancé Séni Diène.
#Des ouvrages stratégiques sous haute pression
Le bassin de la Zone de Captage, dont la capacité a été portée à 250 000 m³ grâce à la construction d'un nouveau mur de soutènement, a permis aux riverains de Castors, Liberté 6, Derklé et des cités voisines de traverser les deux derniers hivernages sans débordements majeurs. Avec celui de Grand Yoff, il constitue l'épine dorsale de l'évacuation des eaux de plusieurs quartiers nord de Dakar.
De son côté, le canal de Ouakam draine les eaux pluviales des Almadies et de Ngor jusqu'à l'exutoire côtier. Situé dans une zone de forte pression foncière, il subit régulièrement des empiètements d'habitations et des rejets sauvages de déchets. Plus à l'est, le canal de l'Arène nationale joue un rôle écologique clé pour le département de Pikine, un secteur où la nappe phréatique remonte de manière critique lors des pluies intenses.
Le défi crucial des comportements citoyens
Sur le site de Pikine, l'adjointe au préfet du département a posé le problème sans détour : les canaux à ciel ouvert sont régulièrement utilisés comme des décharges sauvages, ce qui oblige les équipes techniques à nettoyer à nouveau des zones pourtant déjà curées. « Les travaux seuls ne suffiront pas », a-t-elle averti, en appelant à une prise de conscience collective des populations riveraines : « C'est l'adhésion et la responsabilité de toute la population qui conditionnent le succès durable de ces opérations. »
Le DG de l'ONAS a lui aussi lancé un appel pressant aux municipalités et aux acteurs communautaires, les invitant à devenir les véritables « gardiens des canalisations et des bassins de rétention ». Une responsabilité partagée que les instructions du président de la République Bassirou Diomaye Faye, du Premier ministre Al Aminou Lo et du ministre de l'Hydraulique et de l'Assainissement Dr. Cheikh Tidiane Dièye sont venues rappeler avec force à l'approche des premières grandes précipitations.
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