Protection des lanceurs d’alerte: l’Ofnac veut ancrer la culture de la dénonciation
Afin de bâtir un réseau opérationnel de lanceurs d’alerte et de mieux vulgariser la loi n° 2025-14 portant statut et protection des lanceurs d’alerte, l’Office national de lutte contre la Fraude et la Corruption (Ofnac) a organisé ce mercredi 10 juin 2026, à Dakar, un atelier de partage et de vulgarisation de la loi destiné aux journalistes et membres de la société civile.
Selon le président de l’Ofnac, Moustapha Kâ, il est essentiel les citoyens comprennent ce qu’est réellement un lanceur d’alerte. « N’importe qui n’est pas lanceur d’alerte », a-t-il rappelé. En effet, la loi réserve ce statut aux personnes dénonçant des faits de corruption dans le cadre de leur activité professionnelle, au sein d’une entreprise, d’une administration ou d’une institution. « Il existe des mécanismes de divulgation et de signalement qui permettent aux citoyens, dans le cadre de l’exercice de leurs activités professionnelles, lorsqu’ils ont connaissance de faits de corruption ou de pratiques assimilées, de les porter à la connaissance des autorités compétentes capables d’y donner suite » a affirmé le magistrat. L’Ofnac a par ailleurs l’obligation légale d’aider chaque structure à mettre en place ses propres mécanismes internes de signalement.
Au-delà du cadre juridique, cet atelier a pour objectif de faire connaître les protections opérationnelles disponibles. « Le lanceur d’alerte bénéficie d’une batterie de protections prévues par la loi. Il ne peut faire l’objet d’aucune sanction. S’il s’agit d’un employé, il ne peut être licencié, muté ou déplacé. De même, son intégrité physique doit être préservée. Il ne peut subir ni violences, ni représailles, ni menaces. Il appartient à l’Ofnac de prendre les dispositions opérationnelles nécessaires afin qu’il ne subisse pas les conséquences de sa dénonciation » a expliqué le président de l’Ofnac qui précise que si les autorités saisies ne donnent pas suite dans les délais impartis, le lanceur d’alerte est libre de rendre publiques les informations qu’il a transmises.
Par ailleurs, l’Ofnac invite les acteurs à s’approprier les mécanismes d’incitation financière prévus par la loi. Celle-ci accorde une récompense équivalente à 10 % des montants effectivement recouvrés à la suite d’une dénonciation. « Le défi majeur dans la lutte contre la corruption, c’est la disponibilité de l’information. Pour briser le pacte entre le corrupteur et le corrompu, il faut mettre un prix à la dénonciation », a insisté le président de l’OFNAC. En ce sens, des dispositions telles que l’exemption de poursuites en cas de dénonciation avant les faits ou la réduction de peine de moitié sont également prises pour les membres de réseaux criminels qui coopèrent.
En outre, afin de prévenir les dénonciations malveillantes, la loi punit spécifiquement les personnes qui, de mauvaise foi, formuleraient des déclarations sans fondement dans l’intention de nuire. Ces actes sont passibles de sanctions pénales.
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